Milieu des années 30 : Avant le déchaînement des tonnerres mécaniques, la furia des petites cylindrées sur 3 ou 4 roues
Entrons dans l'image (dessin réaliste de Thierry Dubois)...
Dans un village paisible du Centre Ouest de la France, ce passage de deux bolides roulant de front vient de surprendre l'homme et l'enfant qui ont juste eu le temps de se réfugier sur le bas côté herbu de la chaussée. Sans doute apeuré par les vrombissements de ces équipages mécaniques lancés à toute allure, un brave chien détale dare-dare pour se tenir à distance des dangers de la route. Dans ces contrées de la France rurale, on n'est encore pas habitué à ces comportements de conducteurs épris de vitesse qui, si habiles soient-ils, oublient bien trop facilement les règles du code de la route (créé le 27 Mai 1921) dont celles qui recommandent de réduire sensiblement leur vitesse à chaque traversée de bourgs et villages.
Ces deux conducteurs là, fous de vitesse, faisant la course, ont oublié toutes règles de prudence, mettant en danger les riverains. L'auto passion, fascine les esprits du moment... révélatrice de quelque virile puissance... Heureusement, l'automobile est encore chère à acquérir, ce n'est qu'une "élite friquée" qui peut se doter de tels véhicules mêmes basiques comme ces petites cylindrées du type cycle-car :
Avec ses 35 chevaux pour 1097 cm3, le moteur Ruby à soupapes culbutées, compact, a tout pour séduire nombre de petits constructeurs de modèles sportifs des années trente, tels BNC, Lambert, Sandford, Danvignes ou Georges Irat. Notre document évoque une confrontation "amicale" (mais pas rassurante pour le voisinage), entre deux modèles de conceptions très différentes, mais équipés de ce même moteur. A gauche, immatriculé en Vendée en 1932, un tricycle Sandford surbaissé, développé à partir des Morgan anglaises, affronte, à droite, une BNC (Bollack, Netter et Cie), Immatriculée dans le Maine et Loire courant 1931, ce dernier possède la caractéristique calandre inclinée chère à son constructeur. Ces deux engins sont déjà capables d'un bon 120 km/h...
20 ans plus tard, la physionomie, la conception et l'usage de l'automobile ont nettement évolué...
Au sommaire de cet Automobilia n° 38
Outre le dossier des Renault au concours d'élégance 1939 nous retiendrons ici l'article phare au sommaire de cet AUtOMOBILIA N° 38 nous présentant les Simca V8 produites de 1956 à 1961. En 1954, Simca a racheté la filiale française de Ford, Ford-SAF, qui reçut en échange 15 % du capital de Simca. Fiat a gardé sa participation majoritaire d'origine. Le siège social fut transféré dans l'usine moderne de Poissy. Avec ce rachat, Simca a récupéré la gamme des modèles "Vedette" dont la plus récente création prend l’appellation "Versailles"
Serait-ce un monument automobile à la française puisque toutes les déclinaisons de ce modèle emblématique vont prendre le nom de résidences royales ou princières ainsi désignées : Versailles - Trianon - Beaulieu - Chambord et Marly pour le break ?... En tous cas, à ce milieu des années 50, elle demeure et restera la seule voiture à moteur V8 construite en France.
Une vue de 3/4 arrière mettant en valeur le style très américanisé de la Chambord // Un écorché technique complet nous dévoile toute l'anatomie mécanique et les caractéristiques de ce modèle flamboyant // La version "Présidentielle" dont disposait le Général De Gaulle lors des grandes parades républicaines // Le robuste et légendaire moteur V8 d'origine Ford // Le break "Marly" d'origine, dispose d'une galerie de toit // Une large calandre chromée telle bouche profuse pour dévorer l'asphalte.
L'influence du style américain des années 50-60 a fortement imprégné le dessin de cette dernière mouture des Simca Vedette à l'esthétisme éludant les courbes, soutenu par des lignes tendues et acérées, des ailerons tranchants en poupe, et à l'ample calandre chromée, bouche béante, en proue, prête à dévorer l'asphalte... L'inspiratrice serait la Ford Fairlane de 1955.
Héritière dans cette lignée de voitures américaines de la marque Ford du milieu des années 50, La Vedette Ford française de 1955 qui deviendra Simca Versailles en 1956, apporte cette note de modernité qui, exceptée la DS de Citroën, fait vraiment défaut aux réalisations que proposent à cette même époque les constructeurs français, marquées par une certaine fadeur, une totale absence de fantaisie Certains trouveront cette Simca Versailles bien trop "tape-à-l'oeil" quand d'autres apprécieront sa rutilance stylistique tout a fait dans l'air du temps... Une auto très "in"...
Outre-Rhin, au seuil des années 60, l'américanisation du style de carrosserie des voitures allemandes, ne manque pas d'influencer, à son tour, le constructeur à l'étoile à 3 branches dont nous avons, ci-contre, l'exemple d'un flagrant air de famille" avec cette cette Mercedes 190 C
Classée "Grande routière" dans le contexte des années 60, la Simca Versailles construite à Poissy sera produite à 166 896 exemplaires au cours des années 1954 - 1961.
Vendue de 900 000 à 1700 000 anciens Francs, suivant les modèles (finitions et équipements divers), cette bourgeoise auto a séduit des automobilistes épris de faste et de confort, en France, en Europe mais aussi au Brésil où elle fut construite jusqu'en 1969.
En France, la carrière de cette dernière génération des Simca Vedette a été éphémère en raison du choix de nos constructeurs nationaux ayant opté pour la fabrication de voitures moins coûteuses à l'achat et plus économiques à l'usage ; des autos de petite et moyenne cylindrée, privilégiées par la clientèle dont le nombre grossissait sans cesse au cours de cette période de croissance, connue aujourd'hui comme celle des "Trente Glorieuses". Simca se rabattait alors sur la production de ses "Aronde" et surtout, dès 1961, sur le développement industriel de la toute nouvelle Simca 1000, une bombinette pratique et pétulante. Voilà qui, en France, sonna le glas des grandes routières à moteur V8.
Pages 34 et 35 de l'Automobilia N° 38, cette magnifique planche de Thierry Dubois nous présente l'ensemble des 203 Peugeot produites au cours de cette décennie féconde des années 50 à 60. Nous avons là un autre exemple de l'impact du style américain, ici nommé "Fast-back", en matière de carrosseries, cette fois, associé au "Fuseau Sochaux".
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