C'est vraiment fiction, déjà avec le contexte qui situe cette scène routière apparemment paisible dans ce qui fut réellement des années de guerre...
* En 1943, entre Châlon sur Saône et Mâcon sur la nouvelle autostrade reliant Lyon à la capitale, une Panhard modèle 1942 équipée du moteur culbuté à quatre cylindres de 2,5 litres passe devant le relais de Tournus où une nouvelle Peugeot 803 à moteur V8 de 3,2 litres et 18 CV fait le plein. Si la carrosserie de la première, à l'exception de l'avant est celle des berlines Cabourg 864, 680 et 686, celle de la seconde a fait l'objet d'une étude aérodynamique très poussée dans l'impressionnante soufflerie de Chalais-Meudon. Pour cela le constructeur de Sochaux a travaillé en collaboration avec la Safca ( Société anonyme française de construction aéronautique) et le professeur Legrand père du célèbre avion stratosphérique de records Stratonef H 22.*
Au sommaire de ce N°6, d'octobre 1996, je retiens...
Renault à la conquête de l'Ouest, 1956-1962.
Quelle audace ! C'est une sacrée ambition que d'aller ainsi se confronter, outre-Atlantique, aux géants de l'industrie automobiles ; non que Renault doit être considéré comme une petite entreprise en comparaison des super firmes comme General Motors ou Ford USA, mais la production d'automobiles à l'échelle européenne se conçoit à partir d'une vision très différente du concept auto dont les dimensions en taille et cylindrée, sont nettement inférieures à celles des imposantes et super puissantes voitures circulant dans les grandes villes et grands espace du pays de l'oncle Sam.
Que propose donc Renault à ce milieu des années 50 pour concurrencer les Buick, Chrysler, Dodge, Plymouth et autres spectaculaires et rutilantes Cadillac, dont les cotes extérieures font plus du double de celles d'une 4CV laquelle fait vraiment riquiqui à côté de ces paquebots de la route ?
Pour Renault, il s'agit de prendre part au rêve américain, à l'instar de la "Coccinelle" de Volkswagen qui a séduit une vaste clientèle dans les pays des deux parties du continent américain
- Les petites Renault arrivent: Quatre Dauphine et une 4 CV ont été chargées sur ce transporteur Ford F 700. La prédominance des Dauphine s'explique aisément. Sur le marché américain, la 4 CV est avant tout conçue comme un modèle d'appel, à faible marge bénéficiaire. Il est destiné à attirer l'acheteur, dans l'espoir que ce dernier se porte finalement acquéreur d'une Dauphine. L'exemplaire visible au premier plan est muni des pare-chocs tubulaires renforcés. Ceux-ci équipent toutes les Dauphine destinées au marché américain, afin que leur carrosserie ne souffre pas trop des contraintes de le circulation d'outre-Atlantique. Une fois arrivée à destination, les phares de norme américaine sont montés par le distributeur qui assure la vente.
- "La familiale fringante et économique" proclame cette page publicitaire de 1958. La Dauphine est parée de tous les accessoires propres aux modèles destinés à l'exportation. Nul doute que de l'autre côté de l'Atlantique, la combinaison des pare-chocs renforcés, de la baguette chromée soulignant la ligne de profil, des pneumatiques à flancs blancs et du toit ouvrant suscite l'envie de nombreux futurs propriétaires de Dauphine. Les origines françaises de la voiture sont suggérées par un photomontage qui fait apparaitre dans le ciel du cliché un Boeing 707 au couleurs d'Air France.
Suffisamment performante pour circuler avec agilité en ville et sur les motorway américaines limité à 60 miles à l'heure, toutes les conditions semblent remplies pour que la Dauphine accomplisse une honorable carrière au pays de l'oncle Sam... Elle ne bénéficiera hélas que d'un succès d'estime loin des espoirs de conquête de marché qu'envisageait la RNUR.
La Supertraction Rosengart 11 CV
L'une des premières Supertraction vendues, immatriculée au printemps 1939 ; elle est équipée de roues "artillerie" et sa capote se trouve en position mi-ouverte - dite à la Milord - très en vogue sur les décapotables de cette époque. Elle est ici photographiée devant le Royal Hôtel de Deauville // Privée de salon, la Supertraction du Printemps 1939 doit recourir, pour se faire connaître; aux manifestations d'élégance de Paris, organisé le 23 juin au Trocadéro par l'Intransigéant et Femina, des Supertraction obtiennent les 1er et 2e Grands Prix. Cette voiture se distingue par sa capote écossaise. // L'inspiratrice du dessin de la face avant de la Supertraction est bien la Lincoln Zephir perçue au salon de Paris 1938, Les stands des deux constructeurs étaient proches...
C'est une voiture magnifique, confortable et sûre .mais qui s'effondre à la première côte...
Lucien Rosengart, le grand spécialiste de la petite automobile bon marché, bouleverse radicalement son image de marque lorsqu'il décide de produire la Supertraction à moteur Citroën. Connu jusque-là pour ses fabrications étriquées, il devient subitement le constructeur d'une des plus jolies voitures françaises de l'immédiat avant-guerre.
Avant de devenir constructeur en 1928, Lucien Rosengart a déjà fait plusieurs incursions dans l'industrie automobile. Il a notamment été l'un des proches collaborateurs d'André Citroën lorsque ce dernier a lancé sa marque, puis il est entré chez Peugeot comme administrateur.
Ses brillants résultats industriels lui ont valu d'être pro- mu officier de la Légion d'Honneur dès 1925, à l'âge de 44 ans.
Lucien Rosengart est essentiellement connu pour ses voiturettes économiques 4/5 CV dérivées de l'Austin Seven anglaise. Cependant, à partir de 1932, il produit aussi un modèle 9 CV plus cossu à traction avant déri vé de l'Adler Trumpf allemande ; il baptise cette 9 CV "Supertraction >> bien avant que l'on ne parle de la «Traction » Citroën. Cette première Supertraction est remplacée par un nouveau modèle au Salon de Paris 1938; pour celui-ci, Lucien Rosengart a choisi la mécanique Citroën mais il n'est pas satisfait de sa carrosserie et, en moins de cinq mois, il fait redessiner avec bonheur la Supertraction définitive dont la carrière sera malheureusement brisée par la Seconde Guerre mondiale.
La Supertraction Rosengart 4 portes // La plateforme technique où l'on reconnait les composants d'origine Citroën // Le coach et son habitabilité // La planche de bord d'inspiration d'outre-Atlantique.
CARACTERISTIQUES DE LA SUPERTRACTION 1939 (TYPE LR 539)
- MOTEUR
Puissance fiscale: 11 CV
Quatre cylindres en ligne Cylindrée: 1911 cm3
Alésage, course: 78 x 100 mm
Taux de compression: 6.2 à 1
Puissance réelle : 46 ch sur le prototype et les premiers modèles: 56 ch à 3 800 tr/mn sur les versions munies du moteur Citroën Performance
Soupapes: en tête
Vilebrequin : à trois paliers
Carburateur : horizontal Solex sur prototype et modèles munis du moteur 46 ch; carburateur inversé sur modèles avec moteur Performance de 56 ch
Réservoir à essence: 60 litres
Allumage: par batterie, bobine et distributeur
Graissage: sous pression avec pompe à engrenages: Capacité du carter d'huile : 5 litres
Refroidissement: par eau avec radiateur, pompe et ventilateur; Capacité du circuit d'eau: 7,5 litres
Batterie: 6 volts, 50 A/h
Traction avant
-TRANSMISSION
Embrayage: monodisque sec
BOITE
Trois vitesses, avec 2 et 3" rapports synchronisés; levier de com- mande sur la planche de bord
FREINS
Hydrauliques Lockheed, avec tambours sur les quatre roues SUSPENSION
AV: à roues indépendantes, avec barres de torsion longitudinales AR: à roues indépendantes, avec ressorts à lames incorporés à un système à balanciers articulés sur des blocs en caoutchouc Amortisseurs hydrauliques : télescopiques à l'AV et Houdaille à bras réglables à l'ÁR
- DIRECTION
A crémaillère; volant à gauche
Diamètre de braquage: environ 13 m
Pneumatiques: 150 x 40 sur prototype, puis 165 x 400
- DIMENSIONS
Empattement: 309 cm
Voie : 134 cm
Longueur totale: 485 cm pour le prototype: 500 cm pour
les modèles de production
Largeur totale: 170 cm
Hauteur: 154 cm
Poids: 1 150/1 190 kg
Vitesse maximale: 115/120 km/h
Les Peugeot 404 Coupé et Cabriolet des années 60
Ces deux voitures figurent parmi les plus belles réussites du stylisme automobile de grande série française. Sans doute peut-on aller jusqu'à dire qu'il s'agit de la plus belle réussite esthétique de la marque au lion depuis l'après-guerre.
La dernière Mathis...
Le cliché (vue de face) appartient à une série réalisée le 4 octobre 1948. Achevé, le prototype 666 est prêt à partir pour le salon de Paris qui ouvre ses portes le 7 octobre. La Mathis 666 est garée à côté de la Cadillac personnelle d'Emile Mathis. La juxtaposition des deux voitures est fort intéressante. D'un encombrement inférieur à celui de la Cadillac, la 666 possède une surface vitrée et une largeur habitable nettement supérieures. De même, le capot incliné de la Mathis contraste avec la proue massive de la Cadillac, conforme aux canons stylistiques de l'époque // Le cliché (vue du côté gauche) issu de la même série, nous révèle la singularité du profil de la 666. La surface vitrée de la voiture est dépourvue de montants *Brevet Vutotal* (comme les DS Citroën, 8 ans plus tard).
Les difficultés économiques de l'après-guerre ne sont pas encore arrivées à leur terme et la société Mathis SA se débat avec d'importants problèmes financiers. Après la 333, elle se lance néanmoins dans l'étude de la 666. Par sa conception, cette voiture est assez révolutionnaire mais inadaptée aux moyens réduits que connaît l'entreprise strasbourgeoise à cette époque.
Pendant l'occupation allemande, Emile Mathis émigre aux USA et, en quelques mois, fonde à Long Island une nouvelle entreprise baptisée Matam Corporation. Cette société, employant 2 000 personnes, produit pendant la guerre plus de 220 millions d'obus de défense antiaérienne pour l'US Navy et les marines alliées. Posse au mois de juillet 1946, Emile Mathis assiste alors à la présentation de la Mathis 333, au salon de l'auto d'octobre 1946.
C'est en appliquant les principes énoncés avec la VEL 333 que les ingénieurs et techniciens de Mathis SA étudient en 1947 une voiture plus grande. Offrant 5 places, celle-ci reçoit un moteur à quatre cylindres à plat mais n'a toujours que 3 roues. La boîte de vitesse électromagnétique Cotal accouplée à un embrayage spécial ne donnant pas toutes les satisfactions espérées, cette étude n'aboutit pas et ses concepteurs reviennent à une solution classique à quatre roues, la 16 CV 666 (6 places, 6 cylindres, 6 vitesses). C'est ainsi que naît le concept du moteur de grosse cylindrée sur une petite voiture, formule américaine adaptée à l'Europe permettant de faire des centaines de kilomètres sans révision.
Confort, Habitabilité, Performance, Economie, constituent la quadrature du cercle vertueux en matière de construction et utilisation d'automobiles prenant irrévocablement son essor à ce milieu du XXe siècle, 70 ans après leur apparition.
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