Samedi 14 février, jour de la Saint Valentin, 22 h 45, nous venons de regarder le téléfilm du soir. Ayant éteint la télé, nous allons nous coucher. Annie a du mal à se lever de son fauteuil releveur puis à entamer la marche jusqu'aux toilettes. Elle n'a plus le ressenti de sa jambe droite affectée depuis 24 ans par l'hémiplégie résultant d'un AVC. Depuis une quinzaine de jours, les transferts sont de plus en plus difficiles à réaliser pour elle et pour nous les aidants. Avec notre fille Amélie, nous la soutenions pour qu'elle puisse passer de son fauteuil de salon à son fauteuil roulant mais elle se laissait tomber. La maintenant de chaque côté, nous avons ralenti sa chute sur le derrière pour qu'elle se pose en douceur sur le carrelage. Le hic, c'est qu'elle s'est posée sur son pied droit qu'elle "roule" involontairement à l'intérieur, au niveau de la cheville. Elle a dû peser de tout son poids à cet endroit fragile, si bien qu'elle s'est fait une plaie ouverte de 5 cm de long sur le haut du pied. Cela saignait abondamment. Nous avons aussitôt contacté le SAMU. Les urgentistes sont arrivés une demi-heure plus tard. Nous avions posé un tampon composé de serviettes de toilette pour endiguer l'hémorragie en attendant l'arrivée des secouristes lesquels on pris le relai pour bien panser la plaie. La plaçant délicatement et la sanglant sur une civière, il l'ont transporté aux urgences de l'hôpital de Loudun où elle a été prise en charge dès son arrivée à minuit et demi.
Le lendemain, en début d'après-midi, nous la retrouvions à ce service des urgences nantie d'un attelle "botte" posée après avoir suturé et repansé la plaie ouverte. La médecin de permanence nous a expliqué qu'elle s'était fracturé les petits os au niveau de la malléole, qu'elle devrait porter cette attelle pendant au moins 45 jours avant de reposer le pied droit à terre, ce qu'il faut dès lors, impérativement éviter. Après trois jours d'hospitalisation, Annie a pu revenir à la maison en ambulance.
D'invalide à 80%, voilà notre Annie incapable de marcher ne pouvant se déplacer qu'en fauteuil roulant et être transférée d'un endroit à l'autre qu'à l'aide du lève-personne dont nous disposons déjà puisqu'il sert chaque matin. aux aides-soignantes pour la lever après sa toilette faite en partie au lit, ainsi qu'à l'heure du coucher.
Nous avons du revoir les équipements techniques et ergonomiques dont elle dispose, à commencer par le fauteuil roulant standard, maintenant inapte pour un séjour prolongé. Notre médecin traitant a donc fait une ordonnance pour obtenir un fauteuil roulant à l'assise plus confortable et mieux adapté pour le maintien en position allongée de sa jambe droite. Nous nous sommes aussi équipés d'une "adapte-table" du type hôpital, plus pratique au moment des repas et des activités : lectures, écritures, dessins, pouvant se glisser, face à elle, sous les porte-jambes.
Outre l'aide-soignante présente chaque matin, viennent aussi les infirmières pour les soins et injections cutanées et, deux fois par semaine la kinésithérapeute.
Notre fille ainée Amélie est aussi une aidante précieuse auprès de moi pour tous les gestes du quotidien et pour changer les protections indispensables.
Toutes ces interventions sont plus lourdes, mais le coeur y est et nous comptons bien sur la vitalité et la pugnacité d'Annie pour passer ce cap et retrouver, espérons le, un peu plus d'autonomie. Il faudra certainement plusieurs semaines, voire mois, pour qu'elle puisse reposer à terre son pied droit. ainsi que de nombreuses séances de rééducation pour remarcher un petit peu.
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