C’est au cours de ces années de tensions internationales que les constructeurs en viennent à s’intéresser plus particulièrement à l’aérodynamisme. Mieux vivre avec son auto, devient une priorité et des solutions de confort à bord, apparaissent aussi à cette époque. Egalement on devient « fou » de performances … Les constructeurs se jettent dans des compétitions d’endurance sur piste et sur route. Les records pleuvent … On découvre l’auto plaisir…
Elle, l’auto, gage de réussite, devient l’égérie de nombreux concours d’élégance… L’auto fait rêver… L’auto parcourant des routes de liberté n’est, hélas pas, à la portée de toutes les bourses… Si, à la fin des années « 30 », les grandes villes retentissaient déjà du tintamarre automobile, la guerre puis l’occupation en ont, fort sensiblement, atténué les échos… A la fin de ce terrible conflit mondial, la situation économique et politique ( Plan Marshal…) n’étaient guère favorable à une reprise de l’industrie automobile dont bon nombre d’usines avait été endommagées par la guerre. De nombreux constructeurs avaient mis définitivement la clef sous la porte … Il faut attendre l’aube des années « 50 » pour entrevoir la fin de cette mauvaise passe. L’éclosion du marché automobile se fera à partir du milieu de cette décennie… Dans la société d’après-guerre, d’un monde axé sur des besoins accrus de communications, l’auto se révèle indispensable et cette fois, elle devient un bien d’équipement pour tous … Pour cela les constructeurs, s’étant adapté au contexte, rivalisent d’ingéniosité pour mettre au point et fabriquer des autos moins coûteuses, économiques, fiables, facile d’entretien. Ce fut le cas pour Renault avec sa « 4 CV » et pour Citroën avec sa « 2CV » Peugeot plus traditionaliste, pendant 8 ans, maintient la production d’un seul modèle : la « 203 » prolongement « fuselé » de la « 202 » conservée au catalogue de production jusqu’en 1948…
Historique : Le 20 Avril 1955 la nouvelle Peugeot est présentée aux concessionnaires de la marque au Trocadéro … Point de surprise, la nouvelle sochalienne est un pur produit maison qui va épauler la vieillissante « 203 » quelques années encore. Dans une logique propre à ce constructeur traditionaliste et prudent, pour fidéliser sa clientèle, Peugeot l’a faite passer successivement de la « 202 » – 6CV à la « 203 » – 7CV et lui propose maintenant la « 403 » – 8CV pour une montée en gamme très graduelle.
Après Simca, avec l’Aronde, Renault, avec la Frégate, Panhard avec sa Dyna Z, Peugeot, à son tour, adopte la carrosserie type « Ponton » à 3 volumes monoblocs, c'est-à-dire que le compartiment moteur, l’habitacle et le coffre constituent, d’un seul tenant, la carrosserie. Si chez les trois premiers constructeurs cités, les lignes sont encore inspirées par les courbes et les rondeurs, par contre, chez la sochalienne, les lignes de la « 403 » sont plus tendues et les masses plus cubiques. Le résultat est à la fois moderne et austère. Cette silhouette bien campée est née du premier partenariat de Peugeot avec Pinin-Farina. Avec ce nouveau modèle de la catégorie des 1500 cm3, Peugeot comble le vide existant dans la production française face à la production étrangère… Berline moyenne, classique, de présentation sobre, robuste, pourvue d’éléments mécaniques fiables, la 403 va séduire une vaste clientèle. Celle, déjà drainée par les possesseurs de « 203 » complétée de celle qui, venant de la concurrence, aspire à posséder une voiture moderne et sûre. Dans un premier temps la « 403 » s’adresse à une classe bourgeoise. Cadres moyens, commerçants, fonctionnaires titrés, médecins.
Vingt ans après la « 402 », la « 403 » ne vient pas, comme sa devancière, surprendre mais prendre une clientèle qui découvre la « nécessité automobile ». De ce fait, la Peugeot familiale de 1955, n’a pas la silhouette fuselée de son aïeul mais un aspect plus trapu, plus en phase avec les impératifs d’une société de consommation naissante. Les masses et les volumes répondent à la tendance rationnelle qui veut qu’une auto jugée moderne, à cette époque, comporte : un compartiment mécanique facile d’accès, un habitacle vaste et lumineux, un coffre logeable. Dans ce monde d’après guerre qui bouge de plus on plus, les gens de déplacent, eux aussi, de plus en plus souvent. Il faut être mobile et pratique, L’auto est outil mais aussi instrument de loisir. A son bord, on effectue les déplacement obligés du quotidien, mais aussi les escapades en fin de semaine et des voyages au long cours, au moment des vacances … La « 403 » fait essentiellement partie des voitures conçues à ces fins… Et c’est ce qui a fait son succès … En 11 ans de production il a été vendu presque 1 200 000 de « 403 » toutes versions confondues : Berlines, cabriolets, break familial ou commercial et camionnettes…
Ce modèle dans sa version cabriolet passe à la postérité grâce à la célèbre série policère américaine à travers les enquêtes du très débonnaire et perspicace lieutenant Colombo qui se singularise avec son imperméable, son basset Hound et sa « vieille 403 cabriolet éternellement capotée». Au-delà d’une publicité coûteuse, Peugeot peut remercier l’étonnant acteur Peter Falk d’avoir, par son choix automobile, immortalisé cette vénérable « 403 »
Moteur essence 8CV : 4 cyl. en ligne de 1468 cm3 développant 58 ch. Din à 4900 tr/mn. Taux de compression : 7 à 7,4 selon modèle – Vilebrequin à 3 paliers – Distribution par soupapes en tête – Alimentation par carburateur Solex de 32 – Graissage sous pression. Contenance du carter d’huile 4L. – Refroidissement par eau Capacité du circuit 9 L.
Historique : Peugeot pour « habiller » sa nouveauté a de nouveau fait appel au carrossier turinois Pinin-Farina qui a prélevé dans ses cartons les dessins déjà appliqués à l’Austin «A 55 » l’année précédente . Quand Peugeot dévoile à la presse la nouvelle « 404 » , il ne provoque pas la surprise comme Citroën l’avait fait avec sa « DS », 5 ans plus tôt. Le style de la nouvelle venue est moderne mais reste classique. Adieu les rondeurs d’antan, on fait dans les lignes tendues et acérées suivant les tendances du moment, copiant heureusement, avec beaucoup de modération, les modèles d’outre atlantique qui arborent, sans retenue, la mode des ailerons fuyants, les calandres béantes et rutilantes, ciselées dans une débauche de chromes… A Sochaux, on est et on demeure modéré. Ainsi la nouvelle taillée à « coups de serpes » francs et bien appliqués, conserve, sous ses lignes tendues, l’homogénéité, du style et des volumes. Un habitacle lumineux, bien réparti entre compartiments moteur et coffre de taille mesurée, confère à l’ensemble une silhouette aux proportions soignées, relevée par juste ce qu’il faut de fantaisie latine…
La « 404 » va plaire aux vieux comme aux jeunes. Bourgeoise, cossue sans ostentation, c’est un modèle passe-partout mais aussi en phase avec le dynamisme des jeunes cadres (ou « jeunes loups » comme dans la Chanson de Jean-Jacques Anoux) issus des générations pro informaticiennes montantes et qui s’affrontent dans les nouvelles sociétés fleurissant sur l’hexagone… De bonne présentation, et nantie d’une mécanique éprouvée et performante, facturée à un prix raisonnable, la « 404 » se taille une bonne part de marché parmi les berlines de la classe moyenne supérieure du moment. Chez Citroën, l’ID dérivé de la « DS » est encore une 11CV … Avec l’apparition de la « vignette » ( Taxe fiscale annuelle dont le bénéfice devait revenir aux « vieux » … Tu parles Charles !...) des assurances obligatoires, s’ajoutant à la consommation en carburant, la puissance fiscale d’une auto, commence à être déterminante au moment de l’achat. La « 404 » vole donc des parts de marché à la Citroën … Sa grande rivale arrivera plus tard, en 1965, produite par la Régie Renault, la R16 une 8CV au gabarit à peu près identique mais dont le style de carrosserie innove avec
la configuration bicorps flanqué, à l’arrière, d’une 5ième porte…Les Simca 1300 - 1500 apparues en 1963 n’entameront pas la carrière de la sochalienne qui s’est très vite fait, à l’égale de son aînée, la « 403 », une réputation de voiture confortable et fiable mécaniquement… C’est au niveau de sa motorisation que la « 404 » sera vraiment innovante par l’adoption de l’injection qui augmente la puissance, la souplesse du véhicule, tout en s’avérant plus économique en carburant … La tenue de route est jugée bonne pour une propulsion. Le seul défaut constaté parmi les premières séries, tient au freinage qui se révèle peu endurant à l’échauffement surtout en montagne. Peugeot remédie à ce problème en 1962 avec un système thermostatique assisté puis, en 1966, en adoptant des freins à disques à l’avant.
Une Version diesel est proposé dès 1964. Elle viendra, presque aussitôt après sa sortie, rajeunir la flotte de la compagnie G7 des taxis parisiens. Ce nouveau « XD 88 » entraîne la berline à 130 Km/h ce qui est considéré comme une performance honorable pour une berline de tourisme de cette époque, roulant au Gas-oil… En 1965, sur l’anneau de vitesse de Montlhéry, un prototype barquette équipé de ce moteur diesel remportera la palme d’endurance sur 24H à la moyenne de 161 km/h.
Contemporaine du début de la 5ième république, la « 404 » traversera les mandats de 3 présidents de la république et sera bien présente dans les rues, lors des événements de Mai 68… En fin de carrière, le 1er choc pétrolier lui vaudra de revoir sensiblement à la baisse la puissance de sa motorisation essence …
Moteur : 4cyl. En ligne de 1618 cm3 – 9CV – Puissance : 72 ch. A 5400 tr/mn – Taux de compression de 7,4 – Vilebrequin à 3 paliers – Distribution par soupapes en tête commandées par tiges et culbuteurs à partir d’un arbre à cames latéral. Alimentation par carburateur Solex de 32. – Graissage par pression. Capacité en huile du carter : 4 L. – Refroidissement par eau avec thermostat et ventilateur débrayable. Capacité du circuit d’eau : 7,8 L.
Moteur injection ( Modèle 1962 ) : 9CV – Même bloc de 1618 cm3 que modèle précédent mais puissance portée à 85 ch ; à 5500 tr/mn. Taux de compression de 8,8 – Alimentation par injection d’essence « Kugelfischer »PL17
* : Voir, ci-dessus, l'article précédent : La "401" et le "402"
Photos scannées à partir de :
- "Automobilia" N° 29 - N° 36.- Edition "Histoire & Collections"
- "Toutes les Peugeot" de "René Bellu" - Edition "Jean-Pierre Delville"
- "La Caravane du Tour de France" - Edition "Atlas"
- "Voitures Françaises de collection " Edition "Hachette"
- "Peugeot Collection" - Edition "Hachette"
A suivre : 405 - 406 - 407...
/idata%2F0231562%2Ffile0175.jpg)
Les Peugeot du niveau "400" - 3ième partie : générations "Lionnes"... - Le Mirebalais Indépendant
Nous abordons maintenant la présentation des 3 derniers modèles de cette gamme " 4 ", modèles, qu'actuellement, nous rencontrons, chaque jour, sur nos routes... Avec les années " 70 " un monde ...