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Le Mirebalais Indépendant

La Vie d'ici et d'ailleurs - Patrimoine : d'hier à aujourd'hui, un monde riche de son passé, a forcément un Avenir ...

Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les clins d'oeil du Farfadet

…un hymne à la vie qui commence à l’école…

File1377.jpgChristian Signol est un auteur de roman que j’apprécie particulièrement pour la sobriété du style d’écriture s’adaptant à merveille aux récits d’existences qui, mieux que biographies, nous distillent l’essentiel d’une vie de passion pour le quotidien, vouée au labeur, au métier, et aussi à l’amour de son prochain. 

Ses romans ont souvent pour cadre ces régions pittoresques de la France profonde, rurale, au cœur de contrées où le caractère sauvage des reliefs côtoie la beauté majestueuse des panoramas créant des paysages d’une puissante profondeur. La rusticité paysanne y prend vie. Dans ces villages de « bout du monde » demeurent des âmes fortes et humbles, pétries de courage, de ténacité et de générosité.

Souvenez-vous, au cours du mois de Juillet dernier, je vous avais déjà cité cet auteur à propos de « Ils rêvaient des dimanches »… une saga rurale dans laquelle les personnages évoluent au rythme des heures d’inlassables journées où la sueur versée constitue le véritable pain béni… une nourriture au service du travail que l’on veut toujours faire bien, faire mieux…  justement, parce que le travail s’adresse aux autres qui en reçoivent le fruit …

Avec « Une si belle école » Christian Signol nous entraîne au cœur du siècle précédent, dans les pas d’une jeune institutrice dont la carrière débute en 1954 à l’âge d’or de cette école de la République. Une école qui exhale ces odeurs d’antan où se mêlent celle, âcre, de la poussière de craie, celle, amère, de l’encre violette, celle persistante, du bois qui chauffe ou de celui du pupitre lustré par les manches de tant de blouses grises, celle, doucement épicée, des livres et cahiers qu’on protégeait de papier kraft brun ou bleu foncé…   


File1382.jpg
 

Comment ne pas être enchanté par cette plongée dans un passé qui ne m’est nullement étranger l’ayant vécu aussi intensément à cette même époque… A la rentrée d’Octobre 1954, quand Ornella Perrugi ouvre sa première classe à Ségallières, un village haut perché du Lot, j’avais 10 ans et demi et j’étais élève en classe de CM2 à l’école communale de Marigny-Brizay (Vienne) …

Ambiance ambiance… cette fois-ci, non sans avoir au passage, une pensée émue à mon instituteur du moment, Monsieur M., auquel je vouais une profonde admiration, c’est la jeune Mlle Perrugi que maintenant je suis, dans son périple scolaire, non pas celui du potache mais celui de la pédagogue, qui vient juste d’être nommée institutrice à sa sortie de l’Ecole Normale … 

Je ne vous raconterai pas, ici, les péripéties de ce parcours, à plus d’un titre, exemplaire, il vaut mieux les découvrir en lisant cet ouvrage passionnant ; ce que je vous invite à faire sans tarder …

File1379Plus qu’une vocation, c’est l’amour des enfants et surtout de ce que permet de réaliser l’instruction à partir de l’enseignement des justes rudiments du savoir qui anime cette institutrice. Elle devra assimiler et intégrer à ses pratiques pédagogiques les mesures et les  préceptes découlant des réformes successives qui ont ponctué le cours de sa carrière.  Parfois très opposée à ces nouvelles manières d’enseigner, elle saura toujours en dégager ce qui est positif pour permettre à ses élèves de progresser.

Ayant fait ses premières expériences professionnelles dans une école où pour avoir l’eau, il fallait la tirer au seau, du fond d’un puits et, pour chauffer la classe, allumer chaque matin un poêle à bois, ayant eu, en outre, à  subir l’hostilité des parents, souvent des campagnards rustres qui n’avaient que faire de l’apprentissage scolaire quand seul, comptait pour eux le travail de la terre, et ce, bien que l’école fut obligatoire, mais ayant pour résolution primordiale, celle de transmettre les rudiments du savoir scolaire à des enfants, qu’en dépit de leurs difficultés pour apprendre, elle ressentait très friands de cette instruction, on comprend aisément que ce merveilleux métier était chevillé à l’âme de cette pugnace maitresse d’école.

Les larmes vous viennent, tellement l’émotion est grande. Ces rencontres entre institutrice et ses élèves sont toutes chargées de ce désir, de cette volonté d’assister, d’emmener plus loin  et en conséquence de faire progresser l’enfant qui, le jour venu, pourra alors se construire une existence meilleure sur les bases de ce savoir intégré à l’école de la République…

L’amour avec un  grand « A », n’est jamais loin et toujours intimement lié à celui du métier.

On ressort de là merveilleusement bouleversé et convaincu que l’art d’enseigner ne tient pas qu’à la seule transmission orale ou écrite de ce qui ressort des matières scolaires mais surtout du cœur et de la volonté pétrie d’amour du pédagogue qui les dispense à des enfants qu’il veut voir Grandir …

- Eloge à cette école par un instituteur poète dont le nom est cité dans le roman de Christian Signol

Odeur des pluies de mon enfance,
Derniers soleils de la saison !
À sept anFile1383.jpgs, comme il faisait bon,
Après  d'ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison !
 
 
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été !


Ô temps charmants des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau !

René Guy Cadou (1920-1951)

 

 

File1384

 

Photos scannées à partir des ouvrages suivants :

- "Les doigts dans l'encre"  Doinneau/Cavanna

-"Vive la récré!.." François Bertin - Pascal Courault

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É
Tu as écrit ton article le 2 sept et on est le 7. J'espère que tu n'es pas fatigué ou malade..... où est passé le Farfadet et ses articles presque quotidiens, son humour et sa "joie de vivre" ?
Si tu es à court d'idée, tu peux rendre hommage à Belmondo, le plus grand acteur de notre génération, à la filmographie impressionnante, aux dialogues à la Audiard, qui a tourné avec les plus grands comme Rochefort Bourvil Blier Marielle, qui ne s'est jamais fait doubler dans ses cascades, qui était bourré d'humour et toujours souriant.......
C'est un beau sujet d'article pour un blog, Non ?
C'est quand même pas les sujets qui manquent !
Loin de la télévision et de son cortège d'infos déprimantes.......................
On n'est pas obligés de sombrer dans la morosité...........................................................................................................................................................................................................................................................
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F
Bonjour Éliane,
Désolé de ne pas répondre immédiatement mais comme d'habitude, je cours après le temps et il s'avère que de cela, j'en ai ras le bol.... Ce que je faisais hier, je me dis que je ne suis tenu en rien de le poursuivre à la même cadence aujourd’hui et donc ne m'obsèdent plus les impératifs et autres obligations tenant au blog. J'ai, à côté d'autres contraintes qui me prennent du temps (qui passe bien trop vite) et aussi un peu d'énergie ... L'inspiration, j'en conviens, elle est en nette baisse et je ne me torture pas l'esprit à cause de cela.
Jean-Paul Belmondo, oui cet artiste roi de l'écran, cascadeur intrépide, au sourire décapant , je pense faire un billet à son sujet ; encore une fois, pour moi, ce sera une question de temps et pour l'heure on va laisser le temps plier comme disait Jecques de Molay
Amitiés.
É
Ca sent la craie et le cartable tout neuf, cette ode à l'école d'autrefois ! Mon grand-père était directeur d'école. La blouse grise et le crayon sur l'oreille. Il était adorable et très respecté de ses élèves. Lorsque, toute petite, j'entrais dans sa classe, les élèves se mettaient debout, presqu'au garde à vous (hi hi ) et mon grand-père disait de sa voix grave : "asseyez-vous, c'est ma petite-fille". Il était Résistant, pendant la guerre, avec ma grand-mère ; ils ne s'en sont jamais vantés. J'ai toujours eu une affection pour les crayons, les gommes, les cahiers, et... la discipline. A l'époque, les enseignants étaient respectés et aimés. Mes premiers pas, mes premiers dessins, se sont fait dans la cour de cette école d'une époque révolue dont l'atmosphère peut se retrouver dans les musées de l'école d'autrefois (il y en a dans presque tous les départements), avec les vieux pupitres en bois, le poil au milieu de la classe et la cloche qui sonne la récré. Nostalgie, rétro, bons souvenirs !
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C
et les temps ont changé, les profs ont toujours ce feu sacré de la transmission, les enfants toujours ce plaisir d'apprendre, mais les envies des premiers ne correspondent plus toujours aux désirs des enfants ... l'évolution des besoins va trop vite pour les uns et les autres, trop nuit au nécessaire ...
amitié .
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S
Magnifique !!!
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R
Je crois qu'il est un peu temps de me mettre à Signol. J'en ai rassemblé pas mal pour la bibli du village ! Si nous n'avons pas celui-là, nous en avons beaucoup d'autres et je n'ai que l'embarras du choix ! Tu vois 70 ans après, c'est notre jeune frère qui est inspecteur de l'EN là-bas !
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D
J'aime beaucoup les livres de Signol. Et merci de m'avoir remis en mémoire ce poème appris à l'école primaire et qui m'est revenu instantanément en mémoire dès le 1er vers !
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F
si c'est signé Signol, c'est un bon signe. Il me semble dans le passé l'avoir lu au moins une fois
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D
l'art d'enseigner c'est toujours d'actualité, tu en parles bien !
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M
L'époque où on apprenait encore quelque chose à l'école...
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M
Voilà un article parfait pour la rentrée, je n'ai pas lu ce titre de Christian Signol :) Je connais par contre le livre "les doigts dans l'encre". Belle journée
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Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités à Mirebeau* (Vienne), depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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