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Une belle éloge à la sororité, cela peut s'interpréter ainsi, mais pas seulement car c'est aussi toute la sensibilité féminine qui transparait là. Cette délicatesse aussi sentimentale que tactile... on effleure du bout des doigts mais aussi à partir des petits élans du cœur, son cadre de vie environnementale et celui de sa vie intime pour ne rien abimer, ne rien blesser.
Parvenu au milieu de sa vie , avoir son lieu bien à soi, la liberté de poser son regard sur ce que l'on apprécie et choisit sans avoir à rendre de compte à personne sans se sentir jugée dépréciée, Ines a posé son bagage dans la demeure d'Anna sise au bord de la mer, dans ce pays sauvage où des langues de terre sont battues par les flots...
- la maison lui parle ... elle a une âme celle d'Anna... même les fissures ont leurs mots à dire et la bibliothèque, pour qui la sonde d'un regard tout intérieur, comporte bien des secrets. La grande véranda qui fait entrer la lumière dans la pièce de vie vous projette aussi à l'extérieur tout en vous gardant à l'abri.
Devant la maison, un grand jardin arboré vous invite à sortir... il a besoin d'entretien... dans le garage jouxtant l'habitation, la maman d'Ines y trouvera tout l'outillage de culture ; mère et filles ensembles, vont planter des centaines de rosiers.
Mais avant cela , il convient d'effectuer les réparations dans la demeure : boucher les fissures et repeindre murs et cloisons ternies par le temps, certains rongés par l'humidité..
Trouvant là, sérénité et salut, Ines s'y attèle assidument mais si cela lui fait du bien psychiquement, physiquement son corps lui rappelle qu'à 50 ans les courbatures apparaissent vite quand on n'a pas l'habitude d'accomplir des tâches engageant des efforts physiques
Dans son voisinage, en premier, elle va se lier à Sacha qui viendra l'aider dans sa restauration de maison.
- Eh bien moi, je lève mon verre, enfin ma tasse, à cette petite fille qui me disait déjà à huit ans : "Moi, Maman, quand je serai grande, j'aurai une maison aux volets bleus, au bord de la mer, en Bretagne, et j'aurai un grand jardin. Et toi, Maman, tu seras ma jardinière !" Tu l'as voulu cette maison, Ines. Tu en as tellement rêvée, de ta cabane à toi. Et aujourd'hui, tu l'as.
Mais pourquoi : la fugue ?
Les femmes ne sont pas fragiles mais sensibles ce qui est très différent et cette sensibilité, serait-elle alors leur faiblesse ou, au contraire, leur force ?... Les propos blessent parfois bien plus profondément que les coups, au-delà des reproches, ils sont humiliants, rabaissent et cela devient insoutenable. Alors oui, un jour, n'y tenant plus, on boucle ses bagages, on quitte ce quotidien fastidieux, les enfants sont devenus adultes, il n'y a plus rien qui vous retienne, la liberté vous aspire d'abord pour, ensuite, vous inspirer afin de mener la vie qui vous convient. Cap à l'Ouest... Ines est arrivée en Bretagne, là où les horizons s'élargissent et vous entraînent toujours plus loin.
Après Sacha, Ines se fera de nouvelles amies : Servanne, Alicia, Morgane, de véritables âmes sœurs qu'elle a appris à connaître au rythme des saisons... Ce sont toutes des femmes libres qui mènent non pas une vie rêvée, mais celle qu'elles ont conçue, choisie et réalisent maintenant en s'épanouissant.
Une nouvelle année commence, et je vais vivre ma vie ainsi, avec flamboyance. Avec mes amis aussi.
Si j'ai compris une. chose cette année, c'est qu'il ne faut pas continuer sa vie, il faut la recommencer.
J'ai adoré cette lecture qui élargit notre compréhension du "mystère" féminin, qui apporte cet éclairage sur le besoin de liberté des femmes de notre temps, d'être en mesure de se révéler à elles-mêmes, qui n'ont pas à se sentir inférieures et, par là, soumises à leurs époux ou compagnons. Elles veulent dépendre que d'elles-mêmes, entreprendre, gérer, faire évoluer ce qu'elles ont librement choisi de faire de leur existence. La cinquantaine ne tient pas qu'à l'apparition de la ménopause, c'est surtout l'occasion de fuir ce qui est redondant, improductif et sans perspective. Il est temps de réviser son projet existentiel.