Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Mirebalais Indépendant

La Vie d'ici et d'ailleurs - Patrimoine : d'hier à aujourd'hui, un monde riche de son passé, a forcément un Avenir ...

Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Patrimoine

Quand nous habitions dans le Vexin normand, nous n'étions qu'à une quarantaine de kilomètres de Beauvais, préfecture de l'Oise. Une citée accueillante que nous avons visité de nombreuses fois. Dès que nous arrivions, nous garant aux abords pour gagner le centre ville, nous passions immanquablement devant l'imposante Cathédrale Saint-Pierre. Cette curieuse église tronquée m'a toujours intrigué autant par son aspect extérieur très ramassé que par son élévation intérieur avec son envolée de voûtes...  

La cathédrale de Beauvais aurait dû être la plus vaste et la plus haute parmi toutes celles qui furent édifiées dans le Nord et l'Est de la France au tournant des XIIe et XIIIe siècles. En l'absense de nef, on entre dans la cathédrale que par la porte Sud du transept.

La cathédrale de Beauvais aurait dû être la plus vaste et la plus haute parmi toutes celles qui furent édifiées dans le Nord et l'Est de la France au tournant des XIIe et XIIIe siècles. En l'absense de nef, on entre dans la cathédrale que par la porte Sud du transept.

Apothéose du gigantisme...

Portail de la façade Sud

Au XIIIe siècle, outre celles qui s'effectuaient à destination de l'Orient, il y eut une aussi fervente croisade menée par les bâtisseurs de cathédrales. Une compétition qui ne dit pas son nom mais correspond à cet engouement du bâtir toujours plus grand et ériger toujours plus haut, des édifices religieux affichant la richesse et la grandeur de chaque cité où s'élevaient ces églises monumentales.

Splendeur architecturale faisant écho à la beauté céleste, elle nous attirent ver le Haut ...  Dans chacune de ces localités, ces défis lancés aux cieux, tiennent-ils à la pompe et à la puissance ecclésiastique de cette époque ou à la ferveur de ses serviteurs et paroissiens ?...

Michelet a dit que la Cathédrale était la maison du peuple. C'est vrai dans le sens où il l'entendait : outre un lieu d'enseignement et de prière, l'église était un lieu de délibérations, de réunions civiles, mais aussi un lieu de fête populaire ; les individus  y bénéficiaient également du droit d'asile, grâce auquel, leur liberté  et leur vie  furent fréquemment sauvegardées.

Selon Auguste Rodin, le propos de Michelet  s’approfondit d'un autre sens . L'église chrétienne appartenait au peuple en ce qu'elle lui était destinée, qu'elle avait été construite pour le contenir  et l'abriter, à la différence des temples polythéistes où il n'y avait de place que pour le dieu et ses officiants. Le dieu, d'autre part, n'était que dans son temple, il l'habitait, en justifiait par sa présence l'édification et n'avait pas littéralement le droit d'en sortir. Quant aux rites, ils s'accomplissaient  presque toujours extérieurement  au temple proprement dit. Le Dieu de l’Évangile est  aussi dans son église. Comment n'y serait-il pas, puisqu'il est partout ? Il y est même d'une façon particulière et sensible, sous les formes et attributs consacrés ; mais il y est surtout  pour la foule des fidèles , pour y habiter avec eux...

Nous plaçant dans l'esprit de cette époque du Moyen-Âge central, toujours plus éclairé par ses grands instructeurs, comme Thomas d'Aquin ou Alain de Lisle on peut saisir l'origine de ce mouvement bâtisseur qui enthousiasme autant les paroissiens que les prêtres. Bien avant la date, nous sommes déjà dans des siècles de lumières... 

Cela se traduit par cette puissante aspiration à construire de monumentales églises, lieux de culte et de rassemblement populaire, des édifices ouverts à la lumière dont les flèches les coiffant nous paraissent toucher la voûte céleste...

Avec une clé de voute se situant à 48 m du sol, le choeur de la cathédrale de Beauvais est un puits de Lumière tourné vers  les cieux...

Avec une clé de voute se situant à 48 m du sol, le choeur de la cathédrale de Beauvais est un puits de Lumière tourné vers les cieux...

Résumé historique de la cathédrale de Beauvais ...

La construction grandiose d'un édifice rendu fragile par ses proportions imposantes et des ajouts trop élevés...

*En 1225, après un énième incendie, le chœur de l'ancienne église cathédrale fut complètement détruit. L'évêque-comte Milon de Nanteuil (1217-1234) choisit alors d'entreprendre la construction d'un nouvel édifice un peu plus à l'est. 

Sur des fondations parfois profondes de plus de dix mètres pour reposer sur de la roche dure, l'édifice s'éleva lentement. La pierre utilisée est la craie, extraite des carrières de Beauvais et Saint-Martin-le-Nœud. Vers 1240, la base du chœur et tout ce qui est au-dessous de la claire-voie était achevé. Les travaux se poursuivirent du nord au sud et d'ouest en est, sous l'épiscopat de Guillaume de Grez (1249-1267). La construction s'éleva sans doute un peu plus haut que ce qui était prévu à l'origine. Vers 1260, le chœur était achevé et on y célébra les offices. Le 3 octobre 1272, les vêpres étaient chantées dans le nouveau chœur. La cathédrale, très haute, dépasse la hauteur du plateau picard voisin et offre une forte prise au vent. 

C'est probablement une tempête qui a provoqué, un vendredi de novembre 1284 une catastrophe : une partie des voûtes s'effondre sur les travées droites du fait d'une faiblesse au niveau de la deuxième pile séparant les bas-côtés, provoquant la rupture de l'arc-boutant supérieur. L'abside, renforcée par sa structure en arc, n'a pas beaucoup souffert.

Tour lanterne dessin du XVIe siècle

En 1550, le chapitre de la cathédrale décida de faire construire une tour-lanterne et non pas la nef (sans doute pour que la cathédrale, comme ses voisines, se voît de loin). Les travaux commencèrent en avril 1563 sous la direction de Jean Vast. Achevée en 1569, cette tour-lanterne fut surmontée d'une flèche en bois dont la croix sommitale culminait à 153 m au-dessus du sol, ce qui fit de Saint-Pierre de Beauvais l'édifice le plus haut de la chrétienté. Néanmoins, la fragilité de l'ensemble apparut à tous. L’absence de la nef, surtout, priva le côté occidental du contrebutement nécessaire pour le soutien de ces piliers.

le 30 avril 1573 est un jour noir dans l'histoire de la cathédrale : alors que les fidèles sortent de la célébration de l'Ascension, la flèche et les trois étages du clocher s'effondrent. Les coûts de la reconstruction des voûtes du transept furent tels qu'ils ne permirent pas de reconstruire la tour-lanterne et privèrent définitivement la cathédrale des fonds nécessaires à l'édification de la nef.*

*....* : source Wikipédia

 

Un élan vertigineux où la pierre si dense, se fait aérienne et s'illumine des feux de la ville. Gigantesque vestige d'un défit lancé aux cieux.
Un élan vertigineux où la pierre si dense, se fait aérienne et s'illumine des feux de la ville. Gigantesque vestige d'un défit lancé aux cieux.

Un élan vertigineux où la pierre si dense, se fait aérienne et s'illumine des feux de la ville. Gigantesque vestige d'un défit lancé aux cieux.

Les chantiers des plus importantes cathédrales gothiques de France

Ville

Dates

Hauteur
flèche/nef

Longueur

Chartres
Cathédrale Notre-Dame de Chartres

1020-1194-1225
romane et gothique

115 m/37 m

130 m

Autun
Cathédrale Saint-Lazare d'Autun

1120-1146
romane et gothique

   

Sens
Cathédrale Saint-Étienne de Sens

1135-1517

78 m/24 m

113 m

Saint-Denis
Basilique Saint-Denis

1135-1281

   

Le Mans
Cathédrale Saint-Julien du Mans

1138-1430

64 m/34 m

134 m

Noyon
Cathédrale Notre-Dame de Noyon

1145-1235

66 m/22 m

103 m

Rouen
Cathédrale Notre-Dame de Rouen

1145-1506

151 m/28 m

144 m

Angers
Cathédrale Saint-Maurice d'Angers

1148-1523

75 m/24 m

90 m

Cambrai
Ancienne cathédrale de Cambrai

1148-1230
détruite 1794-1809

114 m/27 m

 

Laon
Cathédrale Notre-Dame de Laon

1155-1235

60 m/24 m

110 m

Paris
Cathédrale Notre-Dame de Paris

1163-1345

96 m/33 m

127 m

Saint-Quentin
Basilique Saint-Quentin

1170-1487

/34 m

123 m

Strasbourg
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

1176-1439

142 m/31 m

111 m

Bourges
Cathédrale Saint-Étienne de Bourges

1195-1230

65 m/37 m

125 m

Troyes
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes

1199-1634

62 m/29 m

114 m

Reims
Cathédrale Notre-Dame de Reims

1211-1275

87 m/38 m

149 m

Amiens
Cathédrale Notre-Dame d'Amiens

1220-1269

112 m/43 m

145 m

Metz
Cathédrale Saint-Étienne de Metz

1220-1552

93 m/46 m

136 m

Beauvais
Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais

1225-1569

67 m/48 m

72 m
chœur et transept

Albi
Cathédrale Sainte-Cécile

1282-1480

78 m/40 m

114 m

L'horloge astronomique a été construite entre 1865 et 1868 à la demande de l'évêque de Beauvais Joseph-Armand Gignoux par Auguste-Lucien Vérité, célèbre maître horloger de Beauvais. Elle fut d'abord présentée au palais de l'Industrie en 1869 avant d'être placée dans la chapelle du Saint-Sacrement, située dans le bras nord du transept de la cathédrale de Beauvais en 1876.

L'horloge astronomique a été construite entre 1865 et 1868 à la demande de l'évêque de Beauvais Joseph-Armand Gignoux par Auguste-Lucien Vérité, célèbre maître horloger de Beauvais. Elle fut d'abord présentée au palais de l'Industrie en 1869 avant d'être placée dans la chapelle du Saint-Sacrement, située dans le bras nord du transept de la cathédrale de Beauvais en 1876.

Commenter cet article
M
J'aimerais la visiter un jour car elle est vraiment magnifique mais quelle histoire que ce clocher qui semble aller toucher le ciel. Cela a du être impressionnant de le voir s'effondrer ainsi que la voûte...Les hommes ont toujours voulu faire mieux que leurs voisins, et parfois ce n'est pas très glorieux pour eux. Mais c'est ainsi ! J'aime beaucoup cette impression d'espace quand on est à l'intérieur et l'horloge astronomique est magnifique...que de merveilles dans notre patrimoine, on n'aura pas assez d'une vie pour tout visiter. Amitiés à tous les deux
Répondre
F
Bonjour Manou. <br /> Oui, dans le chœur de cette cathédrale on est comme aspiré vers le haut sous ces ogives qui s'entrecroisent à 48 mètres au-dessus du sol. En dimension au sol,, justement, c'est sa voisine picarde, la cathédrale d'Amiens, qui est la plus vaste de toutes ces cathédrales gothiques de France, avec 7 700 m2. voir à ce lien : 7 700 m2 : <br /> https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_d%27Amiens<br /> <br /> Il est vrai que visiter toutes les cathédrales et églises de France impliquerait un temps de visite certainement supérieur à la durée d'une existence humaine. Le spirituel prend sa place entre le temporel et l'éternité...<br /> <br /> Amitiés.
C
tout comme Babel, à cette époque les cathédrales s'érigeaient au plus sophistiqué ...<br /> amitié .
Répondre
F
Bonjour Marie-Claude,<br /> <br /> Bien sûr, dans la démesure se retrouve l'orgueil des humains y compris dans l'édification d'une "Maison de Dieu" ... Doit paraître ce qui est le plus grandiose et fastueux au nom du Créateur dont s'inspirent commanditaires et architectes.<br /> Faste et pompe ecclésiastique...<br /> Je me souviens qu'à l'un de nos passages devant cette Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, il y avait foule sur le parvis. c'était une journée spéciale d'ordinations de plusieurs prêtres.<br /> Les évêques de Beauvais ont forte réputation dans l'Histoire ; évêques-comtes, puissants et influents autant dans la vie politique que dans la vie religieuse.<br /> <br /> Amitiés.
D
très intéressant, bon we !
Répondre
F
Bonjour Dominique,<br /> <br /> Mon intérêt pour les cathédrales remonte à ma vingtaine d'années quand parvenu au Centre Saint-Martin à Etrépagny (Eure), j'assistais chaque Lundi après-midi au cours de l'art que dispensait le directeur de l'institution aux résidents. A grand renfort de diapositives, il avait présenté dans le moindre détail ce qui constitue les merveilles de la cathédrale de Chartres qu'un jour de congé, je suis allé visiter... Ce fut un éblouissement et donc là, un point de départ pour découvrir d(autres grandioses édifices.<br /> <br /> Amitiés.

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités à Mirebeau* (Vienne), depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

Archives

langues

 

Hébergé par Overblog