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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les clins d'oeil du Farfadet

Réédition d'un article initialement publié : 30/08/2016 à 12:13

Pour les puristes amoureux du roman courtois et honorifique des XIe et XIIe siècles, ce genre de publication comme la série télévisée "Kaamelott" peuvent paraître de méprisables insanités, qui traînent dans un flot de boue les personnages valeureux s'étant investi dans la Quête du Graal, faisant aussi partie de cette élite désignée comme Chevaliers de la Table Ronde.

Sacrilège ! On ne respecte rien et surtout pas ce qui se rattache à une quête louable chevaleresque et chrétienne. Comment oser écrire et réaliser des séquences filmés, tournant en ridicule les personnages émérites par leur vaillance et leur auguste légende ?

Sans chercher à me soustraire aux respectables et judicieuses critiques, je réponds à ceux et celles qui s'offusquent de telles indignes créations, reprenez le livre de Chrétien de Troyes : « Perceval et le Conte du Graal ». En le parcourant, qu'apprenez-vous des personnages principaux que l'on retrouve également dans ces parodies irrespectueuses ?

 

Commençons par le héros, Perceval. C'est bien un parfait innocent, un naïf quasi niais qui ne connaît rien à la vie et aux usages de son temps... Sa mère Herzeloïde a tout fait pour le protéger des influences guerrières portées par la chevalerie. Un jour il vient à rencontrer des chevaliers qu'il trouve « beaux comme des anges »... à partir de cet instant, il n'aura d'autre envie que celle de devenir chevalier. Au grand dam de sa mère, il quitte ce nid douillet de l'enfance en la « Gaste forêt », pour quérir des armes et devenir chevalier. Toutes les péripéties qui émaillent son parcours jusqu'à son arrivée au château du roi Arthur ne sont que maladresses et bévues inspirées par les recommandations de sa mère qu'il applique bêtement à la lettre. Il peut ainsi, le plus innocemment du monde, commettre l'irréparable. Perceval est un grand sot, un niais bienheureux et c'est dans cet « accoutrement » du nigaud obstiné, qu'il se présente en la cour d'Arthur.

Il exige d'être, sur le champ, fait chevalier...

Keu, le sénéchal cynique et caustique l'invite, en ironisant, à aller quérir ses armes en affrontant le chevalier Vermeil lequel, vient de substituer la coupe du roi après en avoir versé le contenu sur la robe de la reine et qui, au bas de la tour, attend un héraut pour venger cette offense.

Perceval ne se le fait pas dire deux fois et descend aussitôt pour provoquer Vermeil en combat. D'abord amusé le félon veut lui éviter ce duel mais Perceval humilié, s'emporte et tue le chevalier Vermeil...

C'est à la suite de cet événement que j’enchaîne avec Perc(H)eval... lequel est bien nanti de toute cette ahurissante bêtise et, celle-ci, ne saurait constituer meilleur équipage... Perceval le Gallois est devenu Perc(H)eval le Gave Roi...

 

S'agissant du roi Arthur

Dans l’œuvre de Chrétien de Troyes, il est déjà un roi débonnaire, rêveur, idéaliste et surtout humaniste, contrairement à son sénéchal (frère de lait) qui est arrogant, moqueur, intolérant et emporté, mais aussi un personnage à la vive intelligence ayant un sens aigu des opportunités.

Quand Perceval arrive à cheval à la cour d'Arthur, à Carduel, vêtu de ses frusques de valet Gallois, il ne sait qui est le roi, c'est Yvonnet qui, aimablement, lui indique. Arthur est songeur, comme absent au moment ou Perceval vient le saluer. Trop pris par ses pensées, le roi ne fait pas attention à lui. C'est en faisant maladroitement tomber son chapeau que le jeune valet le sort de sa rêverie et de ses tourments. Le roi le salue à son tour et lui conte dans le détail les raisons de sa contrariété, ce dont le jeune valet n'a cure, demandant au roi les armures du chevalier Vermeil puis de le faire aussitôt chevalier. Arthur lui explique très patiemment qu'il faut un peu de temps pour cela mais lui promet de l'adouber s'il reste quelques jours en sa cour. Perceval ne veut pas patienter et tel l'enfant capricieux, veut immédiatement prendre possession des armes et de l'armure du chevalier Vermeil.

C'est alors que Keu agacé, l'invite à les quérir lui-même ne manquant pas de lui dire qu'il a assez perdu de temps en venant jusqu'en la cour du roi.

Ainsi avec le Perc(H)val, nous ne sommes pas loin du récit initial, par le côté burlesque alors amplifié de certains aspects humoristiques du conte écrit par Chrétien de Troyes.

 

Dans ce roman courtois, suit un passage très intéressant tenant à cette anecdote : Perceval qui n'écoute pas les explications d'Arthur, à un moment, va au-devant d'une pucelle qui rit en l'apercevant puis dit aussi au jeune valet qu'il est destiné à en être le plus grand et le plus noble de tous les chevaliers. Cela irrite Keu qui n'a que mépris pour ce jeune étourdi. Le Sénéchal, gifle alors la pucelle qui avait ri - c'était la première fois depuis 6 ans...

A cet instant Perceval - lequel ne connaît toujours pas son nom - et qui, jusqu'à là, n'avait aucune attention pour le sort de quiconque lui racontait ses déconvenues ou misères, est outré par le geste indigne du Sénéchal. Après le combat dont il sort vainqueur, contre le chevalier Vermeil, il fera savoir que la pucelle giflée sera, par lui, un jour, vengée.

Ceci constitue le point de départ d'une prise de conscience d'autrui et de soi-même vis-à-vis d'autrui.

Dans le Perc(h)eval c'est la dérision qui oriente dans ce même sens car, à la fin de cette « bouffonnerie » le roi Arthur semble avoir glissé dans une autre dimension spatio-temporel... et c'est de conduite qu'il est question... d'auto-conduite...

 

Alors, si vous n'avez encore pas lu « Le Roman de Perceval ou le conte du Graal » de Chrétien de Troyes, je vous invite ici à le lire ainsi que les autres œuvres s'en inspirant à la suite. Vous constaterez, qu'au-delà des éclats de rire, beaucoup de Sagesse s'insinue dans cette extraordinaire épopée, générant une fresque grandiose sur la chevalerie courtoise, épique et surtout initiatique.

De Perc(H)eval... à Perceval...

Commenter cet article

Claude Lepenseur 12/03/2020 08:37

Il ne faut pas se faire d'illusion, la série Camelot n'a fait que forcer le trait de ses personnages, j'avoue que j'aime bien cette façon de nous faire revivre toutes ces aventures, tout comme la série "la petite histoire de France" avec ces trois couple qui représentent chacun une période de notre histoire, c'est irrévérentieux, mais on en redemande
Amicalement
Claude

Farfadet 86 12/03/2020 11:51

Bonjour Claude, Bien sûr littérature et histoire ne doivent se départir de l'humour lequel est aussi un canal royal pour apprendre joyeusement. C'est aussi dans cet esprit que je me suis permis cette farce façon farfadet débridé... et quand on ne tient pas bien sa bride, amis cavaliers et cavalières tout peu s'emballer et de ce fait il n'y a pas que le cheval qui rit ...... val qui rit... Walkyries... mais qu'est-ce que ça vient faire là ... lol

Mo 11/03/2020 20:08

Non, je ne les pas encore lus. Il y a du retard... ;-)

Farfadet 86 12/03/2020 11:52

Bonjour Mo,
Ce n'est pas grave... en tous cas tu as lu ma version , t'as pas tout perdu ... lol ...

manou 11/03/2020 18:06

Je les ai relu quand mes fils étaient ados et qu'ils ont du les étudier en classe de 5° et là je passe mon tour, je les relirai quand mes petits-enfants me le demanderont pour en discuter avec eux :) J'ai encore deux ans devant moi pour ça !! belle fin de journée

Farfadet 86 12/03/2020 11:56

Bonjour Manou,
Je comprends faut pas se saturer la "pensarde" avec cela... entre deux on peut faire un retour joyeux sur Rabelais autre chanter de l'inconvenable mais si bien venu ... ça permettra peut-être aux auteurs des romans époques de compose rou d'écrire de nouvelles aventures hilarantes et tapageuses.
Amitiés.

Maryline 01/03/2018 11:23

C'est vrai que vu sous cet angle, Perceval est bien mal parti pour la quête du Graal ;-)

Farfadet 86 01/03/2018 11:48

Eh oui Maryline, mais les simple d'esprit ont grandeur d'âme bien souvent... et âme innocente peut entamer une quête puis trouver la sagesse sur les routes qu'elle emprunte... Le Graal est peut-être au bout du chemin.
Merci de votre visite.

Marie-Claude Leloire 30/08/2016 22:05

tu nous donnes bien envie de le lire !

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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