Depuis quelques jours, avec l’événement cinématographique « la Môme » dont le film est sorti et a été présenté dans les salles de cinéma, mercredi dernier, nous sommes plongés dans cette ambiance des années « 50 » « 60 »
Aujourd'hui, le salon « Rétro mobile » s’ouvre Porte de Versailles, alors l’occasion est trop belle pour en revenir à mes vieux démons automobiles… Il y a peu, j’ai rédigé un article sur la « Traction Avant » qui était encore très en vogue au début des années « 50 » ; je vais donc poursuivre dans ce sens et faire remonter un article rédigé au début de la mise en route de ce blog, article appartenant à la série « auto saga » : Les voitures de mon père … Il s’agit de la Mercedes 170D laquelle est contemporaine de la Traction et, qui, sous certains aspects extérieurs lui ressemble un peu, question style en rapport avec la tendance des lignes du moment …
825 DF 86 Ce devait être pour les vacances de Pâques. Je revenais en car (STAO) du collège Saint-Louis de Saumur où j’étais en pension … Normalement je changeais de car à Loudun prenant la orrespondance pour Mirebeau… Ce soir là, je n’ai pas eu à le faire car mes parents m’attendaient à la halte de Loudun… Embrassades joyeuses …
« Nous avons changé de voiture » lança mon père sur le ton de la surprise « devines laquelle est-ce ? »… Je balayais du regard l’esplanade Place du Chaussée et, parmi les quelques autos stationnées là, tentais de trouver laquelle pouvait bien être la nouvelle voiture familiale… Je n’ai pas longtemps hésité … c’était la Mercedes noire garée un peu plus loin à côté d’une vénérable "203"… Mercedes reconnaissable à sa calandre chromée haute noble et austère. Ce n’était pas une voiture récente … Il s’agissait d’un modèle 170D, de 1952, précisa mon père. Une ligne dans le style des Tractions mais en bien moins élancée. L’allure de la belle est nettement plus ramassée que celle des célèbres Citroën.

Et c’est parti pour une promenade de 26 kilomètres afin de rentrer au bercail… Bruit mat des portières massives, siège de velours beige, (recouverts de housses en skaïe rouge sur la photo), grand volant avec cerclo chromé , compteurs ronds ourlés de chrome, radio d’origine avec haut parleur avant et arrière… A l’époque c’était le pied quoi ! Ca démarre au premier coup de démarreur mais après le temps de préchauffage indispensable. Moteur qui, au ralenti fait un curieux bruit de casse-noisettes et qui, à l’accélération, ne s’emballe que très progressivement. Les voitures particulières diesels sont peu nombreuses à cette époque… Nous voilà sur la RN 147 et on prend de la vitesse… le « 90 » atteint, on s’y maintient, c’est en fait la vitesse de croisière de cette allemande là… Extraordinaire car elle garde cette même vitesse dans les côtes. Celle de Dandésigny sera avalée à cette allure et en haut de celle de Chouppes, juste avant Mirebeau, l’aiguille du compteur central indique "85 ". Certes la voiture n’est pas un foudre de guerre pour ses accélérations mais une fois lancée, c’est une vraie locomotive. Aujourd’hui on pourrait très bien rouler à bord de cette antique Mercedes en se maintenant dans le flot de circulation, bien en phase avec les limitations de vitesse imposées par le code de la route sur nos nationales et départementales… A l’intérieur le bruit du diesel n’est pas assourdissant preuve en est que je comprends bien les paroles de la chanson de Juliette Gréco : "La cuisine" - « Et puis y en a qui font florès en vison sport et Mercedes …» - Souvenir d’une première promenade dans la Mercedes de papa maman … Mon père avait trouvé cette occasion en allant à Paris pour acheter une "Frégate" afin de remplacer notre vieillissante « 2 CV » Dans un des garages visités, cette Mercedes rentrait pour la vente, mon père n’a pas bégayé pour l’en sortir... Mieux que la Frégate !… peut-être pas aussi esthétique mais, question matériel, c’était du solide et qui plus est, la voiture roulant au gas-oil était bien plus économique en coût de carburant surtout à cette époque où le litre de gas-oil valait à peu près la moitié du prix de celui de l’essence ordinaire… L’année suivante mon père achetait une caravane "Tesserault" de 1300Kg que la Mercedes tractait assez facilement en maintenant un bon « 75 » Une vraie locomotive cette auto ! Vacances, liberté, jamais de panne, mon père a gardé cette voiture jusqu’en 1962 pour la remplacer par une autre Mercedes : la « 180D ».


Historique : La genèse des Mercedes 170 remonte avant guerre. C’est en 1936 qu’est produite la première 170 d’abord en version cabriolet puis déclinée en berline. Ce sera l’unique modèle produit dans l’immédiat après guerre. De la série des 170, le modèle 170V servira surtout comme taxi berlinois, permettant à la firme de Stuttgart fort éprouvée par les dommages de guerre, de renaître de ses cendres…
-Moteur Diesel 4 cylindres en ligne totalisant 1697cm3 et développant une puissance de 38 CV à 3200 tr/min. Couple : 9,8 m/kg à 2000 tr/min. 

Comparées ces deux voitures du point de vue style appartiennent bien à la même époque mais, la Française,à gauche, a des lignes bien plus élancées que l'allemande, à droite, elle, plus ramassée ...
