Le Mirebalais Indépendant

Un tramway nommé Désir …

Il remontait du sol de confuses fragrances,
Ces moiteurs de l’Eté, à l’heure crépusculaire,
Mélange des parfums des Dames de l’Intendance,
Et d’effluves de ville, en moult exemplaires…

Georgin attendait dans la lumière du soir,
Candélabres et lumignons à l’éclat ambré,
Diffusant leur or sur l’aire des trottoirs,
A ces instants où plus rien n’est encombré…

Silencieux, glissant sur ses rails,
Un tram au métal luisant s’avançait …
A l’arrêt retentit sa frêle sonnaille,
Et les ouvrants, comme son cœur, palpitaient…

Les quelques passagers qui descendent
Georgin, en vain, a suivi du regard,
N’y reconnaissant sa belle Escalande,
Elle, qui jamais, n’arrive en retard…

Moins cinq, s’affichait au cadran de sa montre,
Elle lui avait dit au plus tard à Neuf heures…
Ce n’était pas leur première rencontre,
Ni la première fois, que tremblait son bonheur …

Force lui fut de prolonger l’attente…
Le tram suivant est à encore dix minutes…
De quoi ressasser les doutes qui le hantent
Affres d’une passion qui tant, le persécute

Il ne voyait plus rien de ce qui l’entoure,
Hormis ces rails qu’il fixe obstinément,
Semblables aux deux bras de l’Amour,
Une voie sacrée qui unit les amants …

Aussi  raide que l’acier dans la chaussée,
Georgin se figeait dans le temps et l’espace,
Là, planté, et sur ses pointes, rehaussé …
Des deux virgules de fer, il ne perdait la trace …

Arrivait alors une nouvelle rame,
Le même carillon, en ouvrit les portes
Mais ci fait, s’intensifia le drame,
Pour qu’aucune Escalande ne sorte …

Par tranches de dix minutes, sa vie chavirait
Chaque nouveau passage était une torture…
Jamais de cet endroit il ne repartirait,
Jamais, sans Elle, il n’aurait de futur …

Il était là, perdu dans son profond désarroi,
Le regard humide, les jambes en albâtre…
Quand sur sa joue, elle tendit son joli minois,
Jamais si fort, il n’avait senti leurs cœurs battre …

Farfadet


  photo : galerie-membre,photos-de-nuit,tram-de-nuit-bordelaise.jpg
Sam 19 jui 2008 8 commentaires

Ah ! qui n'a jamais connu l'angoisse absolue de l'attente... le moment où tout pourrait chavirer ...
Bonne soirée, nadine

Nadine - le 20/07/2008 à 19h41
je te souhaite une bonne semaine ami du poitou
Michka dit Le Pirate - le 20/07/2008 à 20h34

lumineux :)

chriscraft_ - le 20/07/2008 à 21h30
J'aime ton texte Farfadet... Il traduit vraiment très bien les affres de l'attente...

Attendre sans savoir si l'autre va venir...

Merci.
Quichottine - le 21/07/2008 à 00h17
Je vois qu'on est revenu en pleine forme Farfadet! Quelle inspiration mon cher!
...ce soir très bon film sur ARTE à 21h!
Excellente journée!
Marie-Eve - le 21/07/2008 à 12h04
Aïe! aïe!!! qu'il est beau ce texte!
Je n'ai jamais de montre et pourtant je suis toujours en train d'attendre quelque chose ou quelqu'un.
Quand j'attends l'arrivée d'un train je suis toujours fascinée par ces rails qui semblent s'en aller à l'infini et bizarrement il me semble toujours qu'ils s'en vont mais jamais "qu'ils arrivent vers moi"
Bonne journée
Amitiés
Viviane - le 22/07/2008 à 15h11

Coucou Farfadet, je pars dès demain vers les terres de tes ancêtres celtiques et je te dis donc à très bientôt.
Merci pour ton commentaire génial pour mon article sur l'EPO.
Gros bisous à vous deux et très bonne soirée,

Muad' Dib - le 25/07/2008 à 17h44
Coucou  Farfadet.......Mais tu es venu à Bordeaux.....!!!!!!!!!!!!!!!!!

Quelle belle photo....Un petit  mot.....

Bravo !
yo - le 03/08/2008 à 21h28