Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #La pensée du jour, #Les mots choisis du Farfadet

Réédition d'un article initialement publié le 18/02/2014 à 15:37

Face au tableau - s'instruire - puis sortir de l'école pour affronter la vie actrive...  est-il vraiment une égalité des chances ?...Face au tableau - s'instruire - puis sortir de l'école pour affronter la vie actrive...  est-il vraiment une égalité des chances ?...Face au tableau - s'instruire - puis sortir de l'école pour affronter la vie actrive...  est-il vraiment une égalité des chances ?...

Face au tableau - s'instruire - puis sortir de l'école pour affronter la vie actrive... est-il vraiment une égalité des chances ?...

Au cours de mon enfance j’ai souvent entendu cette expression  dans la bouche des grands : « Oh lui, c’est bien un insignifiant !… »

Insignifiant : qui ne signifie donc pas grand-chose, qui n’a pas vraiment de sens, ce serait alors, s’agissant d’une personne, celle qui n’a que peu d’importance et qui, sans doute, ne produit rien de bien et dont on n’a rien à espérer…

Insignifiant, un terme qu’on lâche vite lorsque l’on rate un travail ou lorsque l’on échoue à un examen, ou bien encore, lorsque dans ses entreprises on obtient des résultats insuffisants voire médiocres, quand aussi, on occupe la place au plus bas de la hiérarchie, quand on est simple exécutant inapte à la décision, quand on n’a ni audace, ni ambition et pour résumer, quand on grossit les rangs du «tout-venant » humain, de la plèbe, voué à une constante infériorité …

 

Une grand part de mon existence m’a permis de côtoyer les plus déshérités de la vie,  des personnes  handicapées mentales dont l’apparence physique était souvent stigmatisée par les « tares » dont le destin les avait affublés dès le début de leur existence… Des « débiles » ne manquaient-on pas de les qualifier encore ouvertement dans les années « 60 »  débiles qui pouvaient se décliner, suivant leur degré d’infortune, en légers, moyens, et profonds…  

 

Si je m’en réfère à la fin de ma scolarité et des difficultés que j’avais pour apprendre, ce que par ailleurs j’évoque dans les articles précédents et ceux à suivre, mon appartenance aux insignifiants ne fait aucun doute et, tout bien considéré, cela est allé jusqu’à me dire que pour s’occuper d’êtres dit "débiles", il fallait certainement être quelque peu débile soi-même…

 

Alors, sans en faire l’éloge, mais soucieux d’attirer l’attention sur ceux qui sont légions,  j’ai composé ce poème (sans doute insignifiant lui aussi…) histoire d’accorder un peu de reconnaissance à toute cette grande part de l’humanité qui n’est pas douée pour briller par son savoir-faire et par ses connaissances, à tous ceux qui ne laisseront aucune trace dans l’Histoire mais qui, à leur petit niveau, participent au devenir de notre humanité et donc à ce que l’on nomme l’Evolution …   

 

 

Les insignifiants,

 

Les sentez-vous passer comme dans un courant d'air ?

Ils passent effectivement, mais vous ne les voyez pas,

Pour cela, sans doute, devez être trop fier,

Car les insignifiants, pour vous, ne comptent pas...

 

Ils sont pourtant légions aux portes du Salut

En rangs serrés, le front bas, en grande soumission

A un destin sans gloire, lourd de déconvenues,

Au comptoir des succès, attendent leur admission...

 

Millions en errance parmi les opportunités

Qu'ils ne saisissent pas, quand d'autres s'en repaissent,

Les insignifiants ne demandent pas la charité,

Et souffrent en silence, des joies qui les délaissent

 

Les insignifiants souvent pris pour débiles,

Sont ceux dont on dit qu’ils sont bons à rien,

Tous discours avec eux, demeurent stériles,

Quand insignifiant se fait graine de vaurien…

 

Les insignifiants, ignorant les prouesses,

Ne se parent pas de l’étoffe des champions,

Leurs piètres performances, en dérision les laisse,

A toutes loteries, tirent les mauvais pions…

 

Ils affrontent la vie sur des chemins tortueux,

Au gré des événements arrivent aux carrefours...

Qu'ils soient ardents, pugnaces, toujours vertueux,

Tous prioritaires, à leurs appels, restent sourds...

 

Qu'auraient-ils donc à faire de leur infortune,

Les nantis, les gradés qui  ruissellent de lumière ?

L'existence des humbles est tellement commune,

Qu'il ne reste pour eux, que tâches secondaires...

 

Leur avenir se joue déjà à l'heure scolaire,

Face au tableau noir, soudain leur front se plisse...

Pour tirer de mémoire, la règle de grammaire,

Sur l'estrade du savoir, l'élève est au supplice !... 

 

Pour d'abord comprendre puis, retenir la leçon,

Tous ne sont pas égaux et, pour la restituer,

Si les uns ont l'air, d'autres, qui n'ont pas la façon,

Aux notes les plus basses, devront s'habituer.

 

Le sort en est jeté, sitôt sortis du système,

Les insignifiants, déjà mis sur la touche,

Doivent renoncer aux carrières suprêmes,

Et de la société, rejoindre les basses couches.

 

Élite travailleuse, sublimes Lauréats,

Vous qui avez réussi à tant de concours,

Qui n'avez subi le moindre revers ou aléa,

Voyez ceux qui jamais, n'entreront dans vos cours !

 

Nous ne sommes pas égaux au départ de la vie,

Car ce qui circonstancie la naissance :

Ancêtres, parents, fortune, santé, pays,

Rien de tout cela, n’égalise les chances.

 

Arrêtons de nourrir ces vaines utopies,

De gober toutes alléchantes promesses,

Quand aux uns, on déploie les rouges tapis,

Aux autres, dans la rue, on bâtit la détresse…

 

Toutes les existences sont sources d’épreuves,

Pauvres ou riches, désuétude ou confort,

Pour écrire sa vie, ouvrir une page neuve,

La réussite vient aussi du prix de l’effort…

 

Alors sur ce chemin, chacun a son histoire,

Insignifiants ! Qu’importe leurs origines,

Qu’importe d’atteindre un jour, des heurs de gloire,

Face à leur sort, voyez tout ce qu’ils imaginent !...

 

Farfadet

Commenter cet article

Claude Lepenseur 13/03/2020 09:17

Nul n'est plus insignifiant que celui qui se croit supérieur aux autres, il est comme le coq qui se croit le meilleur perché sur son tas de fumier. J'ai souvent eu mal au cœur lorsque je voyais un camarade se faire bousculer par l'instituteur parce qu'il avait mal compris la leçon.
Je te souhaite une belle journée
Amicalement
Claude

Farfadet 86 13/03/2020 10:27

Bonjour Claude,
"les hussards de la République" n'étaient pas toujours des tendres... Il fallait que les rudiments du savoir rentre en force dans les "caboches"... et certaines étaient rétives... pédagogie et discipline exigent un habile dosage, c'est tout l'art de l'éducation ...
Amitiés.

manou 13/03/2020 08:23

Heureusement je n'ai jamais entendu cette expression durant mon enfance, mon père ayant conscience de n'être pas loin d'en faire partie, mes parents m'ont élevé différemment...que te dire sinon que chacun d'entre nous a sa propre richesse et devrait avoir sa chance dans notre monde. Hélas quand on vit dans un monde où seul le profit, la rentabilité, l'argent comptent...on est bien impuissant ! belle journée à toi et merci pour tes mots

Farfadet 86 13/03/2020 10:34

Bonjour Manou,
l'élitisme est induit par l'argent et les élites nantis d'un bon bagage universitaire ou sorti des grandes écoles, quelquesoients leurs origines sociales, à leur tour le sont...
Cela a aussi inspiré un autre pamphlet du farfadet à remonter prochainement ...
Amitiés et merci de ta visite.

claudeleloire 13/03/2020 05:26

que dire d'autre que je n'ai déjà dit ... te saluer au passage !
amitié .

Farfadet 86 13/03/2020 10:36

Ce que je ne manque pas de faire également en toute amitié, ceci étant loin d'être isignifiant...

claudeleloire 13/03/2020 05:26

que dire d'autre que je n'ai déjà dit ... te saluer au passage !
amitié .

Mo 12/03/2020 14:20

Beau texte! Pour ces insignifiants dont on dit à présent qu'ils ne sont rien et qu'ils n'auraient qu'à traverser la rue pour faire fortune?
Bonne journée à toi, Patrice,
Monique

Farfadet 86 13/03/2020 11:06

Bonjour Mo,
Fortune et infortune ... un mariage impossible à moins d'un coup du sort...
A ceux qui se contentent de leur humble condition d'autres disent qu'ils manquent d'ambition...
Ceux qui au contraire en ont et on la niaque, gravissant les échelons sociaux, on dit d’eux que ce sont des parvenus prétentieux et arrogants.
Alors ou trouver et faire sa place ?
Dans la plèbe ou chez les élites ?
On ne fait pas souvent le choix, m^me en dépit de ses efforts.
Le bonheur, si il existe, c'est de faire, entreprendre, avoir des projets, le malheur, c'est de ne plus en avoir...
Profitons alors de ce que la vie nous accorde chaque jour, pour avancer et, comme l'a écrit Marie-Claude dans son premier commentaire, tendons la main à ceux qui attendent notre aide ...
Amitiés.

domi 07/04/2019 11:53

un beau discours humaniste l'ami ! d'autant plus que les signifiants ne méritent pas forcément l'attention qu'on leur accorde...suivez mon regard

Danièle Berry 21/07/2017 13:36

Moi aussi j'ai travaillé avec des jeunes déficients intellectuels pendant 21 ans. J'étais institutrice et mon projet était de leur permettre de développer leur intelligence par l'intermédiaire de la Gestion Mentale d'Antoine de La Garanderie et cela marchait ! Seul souci, si leur QI augmentait effectivement, car ils prenaient conscience du comment réussir suivant leurs profils pédagogiques, l'équipe de l'IME ne voyait pas cela d'un bon œil, à croire qu'il lui était indispensable de les entretenir dans leur problématique, pour que l’établissement puisse survivre. J'ai même écrit un mémoire pour l'obtention de mon label de formatrice en GM et ai reçu les félicitations du jury et de Antoine de La Garanderie, ce qui a augmenté encore plus ma mise à l'écart dans "l'équipe". Bref, je comprends votre texte à 100% mais moi je sais qu'il y a des moyens pour leur permettre de se développer, ainsi que pour tous les élèves qui rencontrent des soucis d'apprentissage, mais notre société est-elle prête pour cela ? Moi je ne pense pas, puisque cette pédagogie de l'être n'est pas connue ... malgré tous les efforts de son créateur et de tous ceux qui le suivent et dont je fais partie. J'ai écrit beaucoup de textes sur la différence et vais les mettre sur mon blog, de ce fait vous pourrez les lire et les commenter à votre guise. Bien amicalement. Danièle Berry

Farfadet 86 21/07/2017 18:36

Merci de votre commentaire.
Je veux bien croire que l’application des méthodes d'Antoine de la Garanderie ont pour effet une amélioration des capacités cognitives d'enfants ou jeunes en difficulté d'apprentissage des rudiments scolaires en les impliquant dans la quête des moyens de l'apprendre les aidant à se forger cet "outil" mais pour des personnes profondément handicapées mentales, il faut un accompagnement plus adaptée sans doute réviser les projets pédagogiques nettement à la baisse quant au savoir spécifiquement intellectuel.

Vous trouverez ici, sur ce blog, moult articles traitant de cette problématique dans la rubrique : "Les cahiers du Martiniste"

De mon côté, je ne manquerai pas d'aller lire vos articles

En effet, il y aura matière à commenter...

Bien amicalement.

Patrice Lucquiaud

bruno 01/03/2014 11:47


L'insignifiance ne serait-elle pas plutôt le privilège de ces gens, nés "normaux" qui se régalent de consternantes télé-réalité plutôt que de ceux qui n'ayant pas été favorisés par la vie n'en
sont pas moins des êtres sensibles à part entière ?

Farfadet 86 04/04/2014 11:29

Pour répondre à la question que vous me posez, s’agissant des personnes dont la culture s'enracine dans le tout-venant médiatique corsé par les consternantes banalités du télé-réalisme, je pense que cela est un peu le lot de tous et même de ceux qui s'en distancie, car nous sommes à l'époque de l'info à profusion, en directe et donc accessible à tous instants ... la question est alors : qu'en fait-on ? ... Et puis, est-ce bien utile d' ajouter notre grain de sel à chaque événement qui, déjà, fait le buzz ?...
Un insignifiant lambda ...

bob 19/02/2014 18:55


je me retrouve dans ce beau texte . à cause d' un accident ou j'ai frôlé la mort à l'age de 5 an ce qui eu pour éffet de retarder à l'école par la suite , et ce , malgré les efforts presque sur
humain pour un enfant ; retard qui encore aujourd' hui me hante lorsque je dois écrire , me souvenir etc . oui , je suis un insignifiant , un attardé mais je peux me regarder dans une glace et je
pourrais quitter ce monde la main sur le coeur la conscience en paix  .


merci farfadet pour ce bel hommage rendu aux gens symples qui ont du coeur . 

marie-claude 18/02/2014 18:28


Debout, les damnés de la terre ... nous ne sommes rien ? soyons TOUT !


quelques paroles vieilles d'un autre temps qui pourtant déjà tenaient compte de tous les déshérités  ...


Ces mots là tout comme les tiens me motivent à toujours tendre la main ...


amitié .

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

Archives

langues

 

Hébergé par Overblog