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Un carrosse avec des grandes ailes …

A l’aube des années 30, la crise économique résultant du crash boursier
de Wall Street, si elle a entamé le moral de bien des personnes et l’élan productif de nombreuses entreprises, ne semble pas avoir altéré la dimension créatrice de certains constructeurs d’auto
car, chez Bugatti, en dépit du contexte, l’heure n’est pas à la réduction de la longueur des capots moteurs de ses modèles fastueux, bien au contraire …
Ce constructeur d’origine italienne, installé en Alsace depuis
1909*, produit des autos de grand sport dont la renommée s’est établie au sein de
la pléthore des plus grande marques de cette époque autant que sur les pistes poudreuses où se déroulaient les grands prix de course automobiles de ce temps là…
Au cours d’un dîner chic, en 1913, Ettore Bugatti s’entend dire par une lady qui lui tient la conversation, que ses modèles n’ont pas la classe de meilleures réalisations de l’industrie
automobile anglaise… Piqué au vif dans sa dignité de constructeur sérieux, l’ingénieux mécanicien de Molsheim, décide de créer sur le champ une automobile qui soit la plus belle, la plus
confortable et la plus puissante d’entre toutes…
Cela pourrait constituer un début de fable mais il est réel que dès cette époque, à la veille de la première grande guerre, l’impétueux constructeur s’est donné pour objectif de construire la
Voiture au superlatif dont on ne pourrait faire que des éloges …
C’est ainsi qu’il produira la Royale, une auto élaborée sur un châssis gigantesque, aux proportions plus qu’imposantes et nantie d’un mécanique qu’on peut qualifier de dantesque si l’on en juge
par la puissance développé par son énorme moteur …
Au total, six Royales furent construites… c’est dire que ces rares exemplaires, modèles d’exception, furent réservés à une clientèle fortunée, ne pouvant se trouver que parmi les têtes couronnées
de cette époque… Royale est donc l’appellation qui convient parfaitement à cette automobile habillée par les plus grands d’entre les plus talentueux carrossiers du moment.
Dans une revue automobile de 1927, un chroniqueur ne se prive pas de dire que la Royale est sans conteste l’automobile la plus aboutie de son temps dont le confort est de loin
supérieur à celui d’un wagon sleeping des plus prestigieux chemins de fer …
Le compliment pour flatteur qu’il soit, n’en correspond pas moins à la réalité, car la Royale est l’Auto sublime qui a fait du carrosse d’antan un véhicule autonome plus que parfait en
matière de roulage et d’élégance… le véhicule vraiment jubilatoire par l’excellence ! …

Dans ce panel très restreint des Royales, Ettore Bugatti, lui-même
disposait de la sienne, carrossée par Weymann : Une Royale à l’empattement géant de 4.50 m. Un jour qu’il se rendait vers la capitale, s’étant endormi au volant, sa voiture percuta un
arbre. S’il se sortit quasiment indemne de cet accident, sa Royale, par contre, fut bien endommagée. Pour la remplacer, Ettore a choisi un autre châssis dont il confia l’habillage à son fils
Jean.
C’est ainsi qu’en 1930 est construite cette voiture unique au monde désignée comme coupé Napoléon. Du rang de la monarchie on gravit le degré supérieur pour atteindre le sommet … la voiture
impériale est née …
Quand vous voyez l’allure de l’engin il ne fait aucun doute que les maîtres de Molsheim ont décliné de la façon la plus parfaite le carrosse hippomobile d’antan pour en faire une somptueuse
automobile à moteur thermique … Un chef d’œuvre du genre …
Faites le tour du propriétaire …
Stupéfiant ! Etonnant ! Sublime !
Extraordinaire ! Grandissime ! Fantastique !
Légendaire ! Incomparable ! Inouïe ! Merveilleux !
Du dessin des ailes, la divine courbure et la ligne de fuite vers l’arrière soulignent avec une grâce inouïe, l’élan qu’imprime vers l’avant, le long capot moteur lequel prolonge l’habitacle en
deux parties : poste de conduite à ciel ouvert et compartiment passagers jouissant d’un raffinement extrême qu’illumine une verrière de pavillon en quatre parties.
On est dans la transcendance du concept qui donne au carrosse des grands seigneurs d’antan un tel dynamisme que celui-ci peut caracoler sans peine et sans faillir à des vitesses que les
meilleures locomotives à vapeur qui lui sont contemporaines, n’atteignent même pas, en frisant les 170 Km/h. Une vitesse extraordinaire à cette époque, obtenue grâce à la montée en régime, toute
en souplesse, d’une cavalerie dont la puissance monstrueuse propulse, ce véhicule exceptionnel dépassant les 3,5 T…

En 1930, posséder une voiture, même de petite cylindrée vous classait
parmi les riches mais pour posséder un coupé de ville aussi flamboyant il fallait faire partie du gotha de l’aristocratie du moment. Alors ceux qui marchaient à pied à cette époque n’enviaient
même pas ces augustes propriétaires, non ils restaient béat d’admiration devant ce déferlement d’ingéniosité mécanique. Aujourd’hui encore, même si nous sommes des centaines de milliers de fois
plus nombreux à rouler motorisés, nous restons cois devant cette merveille que vous pouvez toujours admirer au musée de l’automobile de Mulhouse ex musée Schlumpf, trônant parmi d’autres raretés
de très grandes classes, des trésors de mécaniques automobiles magistralement carrossées…
NB : Les photos en couleurs de l'auteur de cet article, présentent sous divers angles, le modèle réduit au 1/24ème de la
Bugatti 41 Coupé Napoléon produite par
Franklin Mint Précision
* Bugatti fête ses 100 ans cette année ...
tu as raison, il y a de quoi rester coit devant une telle merveille
A seattle, je restais en admiration devant les voitures anciennes restaurées avec amour par une bande de passionné, et hier devant ma mairie, il y avait une reunion de voitures anciennes tres tres belles, mais voila il y avait aussi une manif contre le maire, alors du coup j'ai pas pu faire de photos
un vent de fronde souffle sur la ville
grosses bises Patrice