Samedi 13 mars 2010
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Il chantait : « Je voudrais mourir debout »* et il est mort en tombant de son lit à
l’hôpital…
Oui, ce soir, je pleure cet homme, un parmi des milliards, un qui n’a d’exceptionnel que d’avoir loué la Vie, ses Beautés et l’Amour avec un enthousiasme indéfectible et des sonorités si
mélodieuses et douces à entendre.
Une voix d’homme, chaude, puissante et nuancée, une voix qui sonnait toujours de façon harmonieuse, une voix pour chanter la vie de tous les jours dont chacun attend le bonheur simple de pouvoir,
une fois de plus goûter à la tomme de chèvre, d’avoir auprès de son cœur une môme qui n’est pas une starlette, l’ombre ambrée d’une montagne resplendissante de ses automnes vermeils et des ses
hivers étincelants de blancheur, une France magnifique à force d’être écartelée par la diversité de ses idées et de ses sites… Oh que c’est beau la vie ! Lui la chantait si bien …
Résumé biographique.
Jean Tenenbaum (dit : Ferrat) est né à Vaucresson le 26 décembre 1930.
Fis d’un jouailler et d’une fleuriste, il aura à souffrir de la disparition de son père déporté sous l’occupation. Ce sont sa mère, sa sœur et sa tante qui contribueront alors à parfaire son
éducation.
Pour ne pas pénaliser les siens en restant à leur charge et désireux de leur venir en aide, c’est à 16 ans qu’il quitte le Lycée et commence à travailler comme aide chimiste dans un
laboratoire.
A cette époque, juste dans l’après guerre, il participe au cours d’un théâtre amateur et accompagne un orchestre de jazz en jouant de la guitare …
Au début des années « 50 » il chante du Prévert et du Montand dans les cabarets parisiens. On peut l’entendre à « La Rose Rouge », à « L’Echelle de Jacob » et aux
« Trois Baudets » C’est aussi à cette époque qu’il compose
ses premières mélodies.
Bénéficiant d’un contrat, il aura l’occasion d’effectuer un séjour de trois mois en Belgique qui lui permet de se lancer à corps perdu dans la chanson.
En 1956, André Claveau à la voix onctueuse et chaude, chanteur de renom à cette époque l’encourage et lui permet d’enregistrer sa toute première mélodie « les Yeux d’Elsa » d’après un poème
d’Aragon, sous le nom de Ferrat (un pseudo emprunté à « Saint-Jean-Cap-Ferrat » un lieu où a séjourné le jeune chanteur) …
En 1958, n’emportant guère plus de succès, sort son premier « 45 tours » avec 4 titres (Fredo la nature – L’homme sandwich - Les mercenaires – Ma Vie mais qu’est-ce que c’est ?)
En 1960, le suivant, qui comporte la chanson écrite par Pierre Frachet « Ma Môme » lui permet de sortir de l’ombre en passant plusieurs fois sur les ondes mais le disque, comme les
précédents, se vend peu…
Le jeune compositeur auteur de ses mélodies passe toujours dans les cabarets de la rive gauche …
En 1961, il sort son premier « 33 tours » qui sera primé par l’académie du disque et la Sacem. C’est avec la chanson « Deux Enfants au soleil » écrite pour Isabelle Aubret que Jean Ferrat connaît
ses premiers succès.
Zizi Jeanmaire lui emprunte quelques morceaux de choix qu’elle joint à son répertoire, ceci va favoriser son passage à l’Alhambra, en première partie du spectacle de la chanteuse- danseuse, reine
du music-hall à cette époque.
La consécration vient avec « Nuit et brouillard » en 1963 un vibrant hommage aux déportés, entièrement écrit et composé de sa main …
En 1965, « La Montagne » , au sommet de sa carrière lui vaut la consécration comme auteur compositeur interprète. Un chef-d’œuvre tout en mots simples et vrais qui vient en prélude au mouvement
écologique lequel commence à poindre à ce moment où par vagues entières les jeunes générations du moment, désertent la campagne pour aller vivre la ville et ses artifices…
Le poète chanteur avec le concours de sa voix chaude et persuasive, s’engage dans ses textes dénonçant les abus, et les écarts d’une société s’embourgeoisant. Il lutte aussi contre le racisme
(Quatre Cents Enfants Noirs) mais peut aussi être d’une extrême tendresse (Que serai-je sans toi - 1964)
"Potemkine", en 1966 lui vaut la censure et l’interdiction de certains plateaux de télévision …
Humaniste, avide d’équité et de justice, combattant toutes les formes du pouvoir lié à l’argent, Jean-Ferrat, par son idéal, se sent très proche du courant communiste mais n’adhérera jamais au
parti. Sans pour autant "tourner sa veste", il condamnera les aberrations et les dérives du stalinisme.
En 1967, au cours d’un voyage à Cuba, il est très touché par la gentillesse de la population. Enthousiasmé par le romantisme révolutionnaire de ces habitants, il écrit un hymne aux Guérilléros.
Son séjour cubain lui fait découvrir une musique plus colorée et plus rythmique dont les accents inspireront ses productions à venir. A son retour de Cuba, Jean Ferrat se laisse pousser la
moustache qu'il conservera jusqu'à la fin de sa vie.
En 1970, Jean Ferrat rencontre son public qui lui fait un triomphe pendant 6 jours au Palais des Sports où seul, jusqu’à présent, s’était risque Johnny Halliday. A cette occasion le
romantique et passionné Jean Ferrat interprète avec sa femme Christine Sèvres (disparue en 1981) « La Matinée »
En 1971, il publie 10 textes d’Aragon dont les magnifiques « Malheur d’Aimer » et « Heureux celui qui meurt d’Aimer »
Viendrons des années plus tumultueuses où l’artiste doit se confronter avec ses idées au conventionnalisme étatique et aux pouvoirs en place et aura encore à subir les foudres de la censure
suite à « Un air de liberté » (1975) où il dénonce l’absurdité de la guerre au Vietnam. Il est, une fois de plus, écarté des émissions de télé. En contrepartie, la radio popularise « La
femme est l’avenir de l’homme » un succès qui entraine un fort tirage dans l’édition de disques de la chanson française.
C’est à partir du milieu de cette décennie que Jean Ferrat quitte définitivement la scène et se retire à Entraigues, un village de l’Ardèche où il vivra tout le reste de son existence
entouré de gens simples qui deviendront très vite ses amis.
Il mène alors une carrière à part, loin des paillettes et des feux de la rampe, n’accordant de prix qu’aux chansons à textes qui clament les beautés la vie, les grandeurs et les misères des
hommes, glorifiant aussi leurs combats, exaltant leurs amours. Parfois goguenard, d’un clin d’œil amusé, Jean Ferrat, avec malice, peint leurs frasques gentillettes «La bourrée des trois
célibataires »
Tous les cinq ans, il publie un album riche de cette culture humaniste, doté d’airs souvent enjoués et teintés d’humour qui enchantent ceux et celles épris de ces « peintures » sans concession
pour les dérapages du monde de notre temps. Il ne manque pas non plus de faire un retour sur ses attachements à certains idéaux politiques, révisant sa copie « le Bilan »
Néanmoins, il ne reniera rien de ses engagements et accomplira un cheminement social favorable aux humbles et aux gens simples. Humaniste, chaleureux et convivial, il plait à Jean Ferrat de
vivre à Entraigues où il s’engage également pendant plusieurs années comme conseiller municipal…
Un poète aux champs et aux chants a pris l’essentiel de son inspiration à vivre parmi les hommes vrais du terroir …
Jean, le moustachu au crin blanc de l’Ardèche, tu nous manques déjà !…
Bon Dieu ! comme tu as su si bien le dire à ta belle aux « grappes éparses de jonquilles » ce « je vous aime aiaiaiaimmmmmme , je vous aime aiaiaiaimmmmme !… »
Ah oui, ils peuvent venir à ton école de l’Amour tous ces boutonneux qui pianotent sur leur sclaviers en "phase bouc" où « aimer » y sert rien d’autre que mots vains …
Jean Ferrat au service de notre belle langue, Jean Ferrat, porte voix des chantres, des poètes et du grand Aragon, ce jour, a quitté le monde. Il laisse à la postérité un enseignement essentiel
ainsi déclamé : Que c’est beau la vie !... et comme il l'Aime ... à en perdre la raison ! ... Nous, nous ne perdrons jamais le souvenir de son timbre merveilleux sonnant de
son trop plein d'Amour ...
* "Je voudrais mourir debout" paroles de la chanson ayant pour titre : "Mourir au Soleil
"...
quel bel hommage rendu à ce grand poète pour ne pas dire d' exception , si , je le dit il était , est et restera pour toujours un homme d' exception , talentueux , simple et respectueux de lui , des autres et de sa famille sans oublier ses racines ...
merci Farfadet !
Merci Farfadet
" un jour viendra couleur d'orange "
Maintenant il ne reste plus personne.
Merci pour ce bel hommage bien mérité
Les poètes ne meurent pas, ils sont la pensée des hommes ...
amitié .
quelle voix et qu'est ce que c'etait beau et emouvant ce qu'il chantait
bisous
Merci pour ce magnifique hommage !
Passe une belle soirée.
Merci Farfadet pour cet article. Boisette