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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Auto Saga

Ce week-end va être donné, pour la 80ème fois, le départ de ce célèbre grand prix d'endurance en matière de course automobile dont la première édition eut lieu les 26 et 27 Mai 1923... 80 années d'existence à célébrer pour ces fameuses 24 heures du Mans. Une date anniversaire qui nous ramène, à un an près, quatre-vingt dix ans en arrière...

Emile Coquille, fabriquant en France des célèbres roues fil « Rudges-Whitworth » à l’occasion du salon de 1922 a lancé l’idée d’une grande course d’endurance, sur parcours routier, pour voiture de tourisme. L’idée sera retenue par les personnalités les plus influentes du sport automobile de cette époque…

 

Affiche-le-Mans1923

 

C'est donc grâce à Charles Faroux, l’incontournable ingénieur journaliste de ces années là, et au dynamique Georges Durand, infatigable animateur de l'Automobile Club de l'Ouest, association fondée en 1906, que l'on doit la création d'une telle compétition de sport automobile dont le but, au-delà du spectacle, était de mettre à l'épreuve, gage de fiabilité, les mécaniques d'automobiles de production courante qui, déjà, à cette époque, se faisaient toujours plus performantes et s’imposaient en nombre sans cesse croissant, dans nos paysages. L'auto dans ces années « 20 » a déjà bien modifié les habitudes de déplacements de ceux qui avaient le bonheur d’en posséder une et permettait à ceux, tellement plus nombreux qui n’en possédaient pas, de rêver qu'un jour, à leur tour, ils connaîtront cette merveilleuse ivresse de tenir un volant en main.

Oui, il s'agissait bel et bien de montrer que ces voitures pétaradantes, fumantes, qui cahotaient sur les routes mal carrossées et les chemins tantôt poussiéreux, tantôt boueux de ce temps là, était capable de tenir la distance dans l'espace et dans le temps, ce dernier imposant de tenir des cadences infernales sans casse majeure, pendant 24 heures consécutives...

plan-Le-Mans-1923.gifVoilà qui soumettrait ces nouveaux bolides et surtout leurs conducteurs à l'épreuve de ce racing-car dont le challenge imposait qu'au moins 78 tours de ce circuit de 17,262 km soient effectués dans les 24 heures… Une épreuve, hors normes, sur route ordinaire pour des autos de séries du type sport et sport prototype ...

Un autre raison, à elle seule, justifiait ce challenge imposant une telle durée d’épreuve, en effet, Il devenait impératif de tester la fiabilité des éclairages électriques de ces autos, ce pourquoi une partie de la course se déroulait de nuit. A cette époque encore, les pannes d’éclairage des automobiles, sont monnaies courantes…   

S’ajoute une classification des voitures concourant en fonction de leur cylindrée, de leur type de châssis et du rapport poids/puissance. Etaient tolérés deux types de carrosserie sport : découverte ou carénée-capotée, l’une ou l’autre, avec ou sans pare-brise, voire avec pare-brise rabattable…

 

Mais, venons-en maintenant à évoquer la marque s’étant illustrée lors de cette première édition des 24 Heures du Mans : Chenard & Walker

File1493.gif

Un ouvrage de référence pour les amateurs de voitures anciennes.

Edition : "Histoire & Collections"

 

b.gifC’est le 19 janvier 1899 que se concrétise officiellement l’association entre Ernest Chenard et Henri Walker. Le premier ayant appris sur le tas, est fabriquant de cycles puis de quadricycles à Asnières, le second est ingénieur, fraîchement diplômé des Mines. Cette alliance va étendre la gamme de production des véhicules maison, des plus légers au bien plus lourds, de la voiturette à l’automobile de classe. En vingt ans, DSCN6237a.gifl’entreprise progresse sans cesse et se range parmi les constructeurs les plus prestigieux du moment. Les Chenard & Walker acquièrent une solide réputation comme étant des voitures bien construites, fiables, performantes et confortables. Les usines établies à Gennevilliers prospéreront jusqu’au déclin de la marque, à la veille de la deuxième guerre mondiale.  Ci-dessus, 2 Vues de la 3 litres Sport Tourisme d'usine :  tableau de bord et moteur à double arbre en tête et latéral...

C’est à partir des années « 20 » que Chenard & Walker s’engage dans la compétition automobile et cela va lui réussir au point de se forger un palmarès prestigieux en se hissant aux premières places parmi les grands noms des constructeurs les plus en pointe à cette époque.

 

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Avant le départ, la Chenard & Walker de l'équipage Lagache-Léonard

 

Ce 26 Mai 1923 ce sont trois voitures de la marque à l’aigle, d’une cylindrée de  2978cm3 qui, après pesage où furent déclassés les Voisins N°3 et 4, prennent place sur la ligne de départ de la course qui rassemble 33 concurrents parmi lesquels des adversaires de renom comme les deux Excelsior belges de 5,3 litres, la plus grosse cylindrée admise, trois Lorraine-Dietrich, les favorites et, pour leur première apparition, les redoutables Bentley dont la N° 8 de 3 litres…

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La Chenard & Walker N°9 en course ... ses projecteurs malmenés par les secousses...

Deux Chenard &Walker, la N°9 d’André Lagache et René Léonard et la N°10 de Raoul Bachmann et Christian Dauvergne sont identiques. Ce sont des modèles du type U3 possédant un moteur de 79,5 x 150 mm dont l’arbre à cames en têtes commande des soupapes inclinées sur une seule rangée. Le double allumage  est assuré  par une magnéto à avance variable. La puissance est estimée à 90CV. Le châssis de cadre classique est équipé d’un pont à trompettes en lieu et place d’une solution chère à la marque du système dédoublé, constitué par essieu porteur et moteur. Le freinage est assuré par des tambours de 380mm sur les roues avant et 330mm sur la transmission. A l’occasion de cette épreuve les freins arrière sont conservés, le tout assisté d’un servo Hallot. La suspension classique comporte des amortisseurs à friction. Les réservoirs d’essence et d’huile sont en charge. Ces deux voitures sont carrossées à l’identique, c'est-à-dire, en torpédo sport ponté à quatre places, signés Lagache & Glaszmann. La roue de secours se trouve à droite sur l’aile avant. Le pare-brise est rabattable et un phare de recherche à acétylène est placé à droite du pilote.

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La Chenard & Walker N°10 en course... son phare d'appoint mis à mal par les projections...

La troisième Chenard & Walker, la N° 11, attribuée  à Fernand Bachmann et Raymond  Glaszmann, construite sur le même cadre de châssis est conforme à la 15 CV de tourisme sport court, distribuée par la marque. Le moteur de 3 litres qui l’anime est à soupapes en tête commandées par arbre latéral. Moins rapide que ses deux aînées, elle bénéficie néanmoins d’une expérience confirmée en compétition. La caisse est semblable aux deux autres, seule la calandre est moins haute.

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La Chenard & Walker 15CV de tourisme de l'équipage Bachmann-Glaszmann

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C’est sous une pluie d’orage et de grêles que le départ est donné…

La course, en grande partie, se déroule sous la pluie qui a tôt fait de rendre la route boueuse et parsemée d’ornières… Malgré les projections de pierres, ce sont 30 sur 33 concurrents qui franchiront la ligne d’arrivée après 24 heures de rondes infernales sous les trombes d’eau… Des rivales de la marque à l’aigle, seule, la Bentley joue le rôle de challenger, elle termine cinquième, après avoir effectué le meilleur tour du circuit à la moyenne de 108 km/h !... mais, les grandes vainqueurs de l’épreuve, ce sont les Chenard & Walker N° 9 et N°10 qui ont parcouru la plus grande distance en 24 heures avec respectivement 2209 km effectués par l’équipage Lagache-Leonard, établissant alors le record du monde à 92,604 km/h de moyenne  et  2140 km  effectués par l’équipage Bachmann-Dauvergne arrivé second. La troisième Chenard & Walker  la N° 11 de l’équipage Bachmann-Glaszmann n’a pas démérité en arrivant à la 7ème place.

Comme prévu, la course de nuit a joué un rôle important, les voitures ayant à souffrir de nombreuses pannes d’éclairage électrique, les projecteurs étant exposé aux projections et vibrations dévastatrices… Les Chenard & Walker n’ont pas été épargnées avec les fixations des phares gauches, défaillantes sur les trois voitures…

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Les 3 Chenard & Walker  à l'arrivée , à gauche, la N° 9 victorieuse.

 

Ce succès va servir de tremplin à la Marque à l’aigle qui remportera 3 années consécutives, la très convoitée Coupe Boillot…

En 1925, elle gagnera également les 24 heures de Spa en Belgique.

 

La Marque à l’aigle reviendra encore trois autres fois au Mans mais hélas, sans pouvoir renouveler avec la victoire de la première édition, un succès qui fera date !…   

Pour en savoir plus sur l'histoire des 24Heures du Mans : link

et sur la Marque Chenard & Walker un site intéressant :  link  

Découverte du circuit des 24H du Mans en 1956...

Commenter cet article

eg 16/06/2012 08:03


Bonjour! On s'est connu il y a longtemps avec mon blog de Fugen.
Je viens vers vous  aujourd'hui pour vous demander si vous pourriez nous aider à communiquer sur notre appel à soutien pour le film "le printemps de Hanamiyama" Je vous laisse lire sur mon
blog l'article que je lui ai dédié, et vous remercie pour l'éventuel intérêt que vous pourriez lui trouver. Très bon week end à vous!!

oursonne libre 15/06/2012 21:54


merci pour cet article, je viens d'apprendre grace a toi qu'il allait feter ses 80 ans


un tres bel article


je regarde si je peux le partager sur facebook


bisous a vous deux Patrice

bob 15/06/2012 17:35


merci de retracer cet exploit ! ou hommes et machines souffraient l' enfer !


 


salutations .


bob 

marie-claude 15/06/2012 16:43


on ne te changera pas, la voiture est vraiment ta passion ... sous tous les angles, tu nous la fais vibrer ! Quelle science que la tienne !


amitié aux farfadets .

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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