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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Patrimoine

Réédition d'un article initialement publié le : 08/05/2019 à 10:20

Mains jointes de la prière - l'élan ogival...Mains jointes de la prière - l'élan ogival...

Mains jointes de la prière - l'élan ogival...

L’Ogive Geste sublime de l'Architecture …

Deux mains qui se rapprochent, les doigts s’inclinent les uns vers les autres, puis, leurs extrémités viennent à se toucher... se préparant à un instant de prière... une élévation dans le plan... l'ogive est née et va tout changer...

L'arc en plein cintre vient d'être brisé, scindé en deux parties égales... on étire chacune pour moins les sous-tendre, on les associe aux piles verticales pour constituer une nouvelle armature à la voûte. Puis on va croiser ces ogives, l'élan est donné !... Plus haut !... Toujours plus haut, plus fin, plus lumineux !... L'église close et sombre va s'ouvrir et laisser un passage de plus en plus grand à la lumière, elle, venue de la voûte céleste...

La cathédrale gothique, dans cette seconde moitié du XIIe siècle, s'élève comme une sublime prière pour sacrer la Lumière, elle est ce nouveau temple de l'Esprit qui rassemble officiants et fidèles épris des dimensions divines qui ont épousé la Verticalité...

Nef de la cathédrale de Reims : foisonnement d'ogives ...  déclinées dans  toutesles directions du plan d'élévation...Nef de la cathédrale de Reims : foisonnement d'ogives ...  déclinées dans  toutesles directions du plan d'élévation...

Nef de la cathédrale de Reims : foisonnement d'ogives ... déclinées dans toutesles directions du plan d'élévation...

Il est venu le temps des cathédrales… de ces immenses édifices que bien plus tard (au XVIIIe siècle) on qualifiera de gothiques. L'origine de ce terme remonte toutefois à la Renaissance et revêtait une connotation « barbare » car on pensait à tort, que cet art architectural provenait des Goths qui vécurent en Allemagne au cours du Moyen Âge.

 

L'ogive se décline dans les 3 dimensions de l'espace associant triangles carrés et cercles, on la retrouver dans les plans au sol et en élévation. On la trouve partout à l'extérieur mais c'est à l'intérieur qu'elle se fait encore plus saisissante.

Quand on franchit le portail d'entrée d'une cathédrale, pénétrant dans la nef centrale, on est d'abord attiré par la perspective, cette immensité de la profondeur de champ, avant d'être soudain aspiré par les hauteurs.

Contrairement à ce que nous pourrions penser, nous ne nous sentons pas écrasés par ces dimensions impressionnantes, ces lignes de fuite de la colossale construction de pierres, nous ne nous sentons pas tout petit sous ces voûtes soutenues par le faisceaux des colonnettes dressées autour des fûts porteurs et qui, à leur sommet, se courbent en nervures vertigineuses ; la voûte ogivale assemble les fontanelles du ciel de l'église... Comme le chérubin se tient devant Dieu on se sent temple dans le temple, l'espace nous appartient, le temps, fragment d'éternité, nous a fui... c'est cela entrer en contemplation !...

Croisées d'ogives  dans les travées du choeur de la cathédrale d'Amiens. Le clé de voutes se situe à 43 mètres du sol !... Nefs et colatéraux  :  des fûts à colonnettes  jaillissent les courbes ogivales !...        Croisées d'ogives  dans les travées du choeur de la cathédrale d'Amiens. Le clé de voutes se situe à 43 mètres du sol !... Nefs et colatéraux  :  des fûts à colonnettes  jaillissent les courbes ogivales !...

Croisées d'ogives dans les travées du choeur de la cathédrale d'Amiens. Le clé de voutes se situe à 43 mètres du sol !... Nefs et colatéraux : des fûts à colonnettes jaillissent les courbes ogivales !...

Qu'est-ce donc cette sublime illumination qui a inspiré les maîtres d’œuvres à ce milieu du XIIe siècle, d'où provient-elle ?

En architecture, tout résulte des champs de forces se manifestant en pressions (compressions et poussées) et tensions (étirements) Les forces telluriques ou d’attractions terrestres se traduisent en pesanteurs avec lesquelles le bâtisseur doit composer.

Ainsi toutes projections dans leurs tracés, d'abord rectilignes en flux tendus, s'achèvent par une courbe, et ce, aussi bien, dans le plan horizontal que vertical. Ainsi naît la ligne parabolique ou parabole.

En soi, la courbure est forme originelle comme tout ce qui est de nature ovoïde, elle est aux antipodes de la ligne droite marquant l'horizontale et la verticale absolus (l'horizon terrestre est courbe...) la courbe, brisant l'élan de la fuite en avant, implique un changement de direction permet un retour sur soi. Avec elle tout ne reste plus plat, l'esthétisme naît avec la courbe, pour celui qu'elle inspire elle exige présence d'esprit ou maîtrise... Extraite de la sphère, elle devient dôme puis arc en plein cintre et arc brisé. Structurellement, nous obtenons donc la demi part d'une ogive ou cet autre élément caractéristique du style gothique en architecture : l'arc-boutant.

A l'intérieur de la cathédrale pour les parties hautes couvrantes, l'ogive impose sa forme à l'ensemble des nefs (vaisseaux inversés)

De la colonne rectiligne, jaillit la courbe qui, rejoindra le sommet d'une autre colonne,... sur quatre ou six piles repose la voûte... Quand la forme devient mouvement, apparaît le geste et ce dernier, pur expression de l'âme, constitue à la fois le fondement de l'éthique et de l'esthétisme ce qui en architecture se traduira par Équilibre et Harmonie.

Dans cette œuvre de résonance, l'architecte a saisi la musique des sphères pour disposer et accoler les unes aux autres chaque pierre taillée. Ordre grandiose qui n'est pas que le fruit d'une vaste imagination mais celui d'une intuition créatrice identique à celle manifesté aux Origines.

Vous voyez bien, on ne peut pas entrer dans de tels édifices sans être à ce point émerveillé, alors entraîné hors du champ physique matérialiste pour pénétrer l'espace spiritualisé par le génie des grands bâtisseurs...

Blason écu des Rois de France - mandorle avec Christ en Gloire... Blason écu des Rois de France - mandorle avec Christ en Gloire...

Blason écu des Rois de France - mandorle avec Christ en Gloire...

Il est intéressant d'observer que l'écu cœur du blason revêt aussi cette forme ogivale mais cette fois inversé

L'ogive se retrouve aussi dans la mandorle comme aura de pierres mettant en relief un Saint personnage ou une scène sacrée. Sa forme en amande n'est pas sans rappeler celle des yeux telle qu'ils apparaissent sur le visage... l’œil serait alors un organe créé par la lumière (vibrations)... considérez aussi la forme de la bouche d'où sort la parole, la disposition des lèvres modulant les sons, cette forme en amande se retrouve également dans le larynx (coupe transversale) autres résonances. Enfin, hors tous aspects obscènes ou toutes allusions licencieuses, cette forme en amande aux extrémités ogivales, est aussi celle de la vulve, organe sexuel de la femme (autre "amande" honorable wink) qui constitue le seuil de ce sanctuaire corporel d'où émane la Vie devenant terrestre* au moment de la Naissance. (*selon l'expression : mettre au monde...)

Sagrada Familia - Goetheanum Sagrada Familia - Goetheanum

Sagrada Familia - Goetheanum

En anatomie et physiologie, dans la construction organique, on peut aussi parler d'architecture, une architecture n'échappant alors pas à un sublime plan divin. Cette architecture, nous la retrouvons dans les autres règnes : animal, végétal, minéral, inspirant architectes et bâtisseurs à partir de la construction géométrique jusqu'à la création d'une architecture organique très apparente dans la Sagrada Familia de Gaudi à Barcelone (Ogive étirée, fuselée) et le Goetheanum de Rudolf Steiner érigée à Dornach en Suisse (Ogive en larges pans sculptés, en cascades d'aplombs superposés).

Façade Ouest de la cathédrale d'Amiens.

Tout ceci confère à l'ogive un sens particulièrement élevé pour ne pas dire sacré dont la destination primordiale entre dans l'édification des sanctuaires de style gothique, constituant, sous voutes, les divines courbures du ciel des cathédrales.

Commenter cet article

manou 22/04/2020 08:30

Merci pour cette petite leçon d'architecture religieuse. Comme toi j'admire le travail effectué et les inventions qui ne cessent de nous étonner...J'apprécie davantage l'art roman mais tu le sais je montre aussi sur mon blog de nombreux édifices gothiques...Merci pour ce bel article que je ne connaissais pas encore. Belle journée

domi 21/04/2020 16:50

déjà commenté, bonne journée l'ami, porte toi bien

Mo 21/04/2020 16:24

En fait on n'a utilisé les ogives que pour les églises et les cathédrales? Corrige-moi si je me trompe.
Bonne soirée à toi,
Mo

domi 08/05/2019 23:46

je suis revenu sur ton blog pour mieux apprécier ton bel article et c'est là que j'ai constaté que tes photos sont tronquées et qu'il faut cliquer dessus pour les voir entières ; pour corriger ce problème, va dans la fenêtre de téléchargement des images et choisis la première formule proposée... en toute amitié

Farfadet 86 09/05/2019 09:49

Bonjour Dominique,
Merci pour ton passage et la bonne appréciation que tu manifestes à propos de mon article.
Quant aux photos et illustrations c'est mon choix de prendre l'option 'vignettes" les regroupant dans un m^me ensemble de 2 jusqu'à 10 photos . C'est pour éviter le trop de place prise à l'écran quand elles restent en taille originelle standardisée par OB, Elles s'affichent avec trop d'importance au détriment du texte et obligent à défiler. quand j'ai beaucoup de photos ou image pour illustrer mes écrits, je préfère cette option les tronquant. Dans des articles précédents je mettais un encart avertissant l e lecteur : "recommandations" (en caractère blanc sur fond noir ou orange) sous les premières illustrations rangées à gauche. Pensant que mes lecteurs habituels connaissaient cette option cliquant sur chaque vue, je n'ai plus mis cet encart. Suite à ta remarque, je l'ai donc remis en haut de mon article sous les deux premières illustrations.
Encore merci pour l'intérêt que tu portes à mes articles.
Amitiés des farfadets du Poitou.

lemenuisiart 08/05/2019 18:39

C'est bien dit, mais alors, que c'est impressionnant que l'on est petit devant.

eliane roi 08/05/2019 18:27

Même en étant athée, on peut admirer ce genre d'édifice. Moi je suis béate d'admiration devant les cathédrales, immenses, majestueuses, belles sous tous les angles. Le gothique est aussi beau que le roman et même en les visitant chaque jour sous toutes les coutures, on trouverait toujours un détail qui nous a échappé. Depuis que je dessine les détails de l'Hermione, je n'arrête pas de photographier les détails de l'architecture des monuments historiques, de les dessiner, de les apprécier. Merci pour tes explications ; la transmission de pensée existe, je suis en train de créer des fichiers de dessins industriels de monuments historiques, bâtiments, perspectives, etc. Sous le pont suspendu de Tonnay-Charente, on a l'impression d'être sous une cathédrale. Je n'avais jamais vu ça. Je te mettrai une photo dans mon blog. Grosses bises à toi, ami Farfadet !

domi 08/05/2019 13:15

un bel éclairage que j'apprécie

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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