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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les clins d'oeil du Farfadet

De Lucius Fadet du Poitou aux Lulus de la bande (dessinée), évoluant à la même époque, le lien se fait naturellement : le premier, en 1913, surprenant des garnements de 13 ans au bord de la Clouère,  les seconds pris dans la tourmente de la première grande guerre...

Les quatre albums des Lulus en 1914 - 1915 - 1916 - 1917...

Les quatre albums des Lulus en 1914 - 1915 - 1916 - 1917...

Mes enfants savent que j'apprécie la lecture... c'est ainsi qu'au Noël de l'année 2016, j'ai reçu, entre autres appréciables cadeaux, de quoi satisfaire mon envie de lire. Parmi ces bouquins, une série de quatre BD. « La Guerre des Lulus » en 4 albums.

La bande dessinée n'est pas le genre de lecture que j'affectionne le plus mais je conviens qu'elle a l'agrément d'unir le graphisme à une histoire ou une aventure qui peuvent être digne d'intérêt. Et quand les deux sont de qualité, on passe du bon temps à parcourir ces albums.

Avec « La guerre des Lulus », j'ai effectivement pris beaucoup de plaisir à lire et à contempler ces planches au graphisme réussi, et au scénario probant, réaliste, ne manquant pas de suspens et encore moins d'humour. L'aventure est bien au-rendez-vous dans le contexte de la première guerre mondiale non vécue sur le front mais en deçà, sans pour autant éluder les retombées contraignantes et les risques à se déplacer puis à évoluer en temps de guerre, sur des terres occupées par l'ennemi.

C'est un régal grâce aux dialogues bien sentis, correspondant tout à fait à la nature même des personnages. Candeur, naïveté, curiosité, turpitudes propre à l'enfance et à l'adolescence à la fois rebelle et enthousiaste... On partage intensément l'aventure de ces intrépides garnements là. Le graphisme est tout à fait à la hauteur des exigences du scénario. L'émotion est au rendez-vous nourrie par les rapports entre enfants et adultes au gré des rencontres, entre les enfants eux-mêmes, en proie à leurs envies de découvrir ce qu'est le monde des grands, toujours attractif, mais aussi, loin d'être parfait ou idéal mais toujours prégnant, se révélant parfois, fort enthousiasmant.

Entre peurs et espérances, entre entreprises à risques et jubilations en défiant les gens et les événements, nos quatre boys, prénommés Lucien, Luigui, Ludwig et Lucas, orphelins égarés dans la nature au cours des 4 terribles années de la première Grande guerre, vont avoir à endurer la rigueur des hivers, souffrir de la faim, du manque d’hygiène, de la rusticité de leurs hébergements successifs. Mais la débrouillardise, l'esprit de créativité et le sens de l'opportunité, et le réalisme dans l'action font partie des « talents » qu'ils se partagent en dépit de leurs défauts récurrents. On s'attache à leurs bouilles sympathiques autant qu'à leurs frasques et leurs réparties tout à fait dans le ton de cette période de la vie qui précède l'âge adulte où la fraîcheur, la naïveté, les interrogations, les doutes autant que les espoirs propre à l'enfance, ne sont jamais loin.

Et puis nos quatre Lulus ne sont pas les seuls héros de cette aventure, une charmante Luce rencontrée au début de leurs pérégrinations se joint à eux et va partager leurs tourments, leurs émotions et leurs joies éphémères. Les quatre ont compris qu'ils devaient la protéger mais, sans elle, auraient-il toujours pris les bonnes décisions ?

Voilà qui nous ramène aux dialogues bien ficelés, drôles, émouvants, percutants de vérités. Ils reflètent parfaitement les caractères juvéniles et adolescents de chaque individu autant qu'ils correspondent aux préoccupations tenant à leur jeunesse. Autour, les grands, ces adultes montrent leur sérénité sans les écraser de leurs savoirs, et savoir-faire souvent respectueux de leur soif d'apprendre et surtout se montrant protecteurs.

Beaucoup d'humanisme transpire dans ce récit en bulles et en images. Même les soldats allemands antagonistes, souvent présents dans leurs escapades, se posent des questions en rapport avec l'absurdité et l'horreur de cette guerre.

Lucien est le plus âgé, il a 15 ans au début de cette histoire. Entreprenant, téméraire, il a l'étoffe du chef et demeure suffisamment influent sur le groupe malgré les contestations.

Luigi, 14 ans, à la fois irritable et flegmatique est le plus revendicateur et profiteur du groupe. Mais il fait montre d'un esprit de solidarité qui cimente les liens de leur sympathique petite troupe.

Ludwig 13 ans, est l'intellectuel de la bande, pragmatique il a la réparti infaillible au moment de prendre les décisions.

Lucas, avec ses 11 ans, est le plus jeune. Curieux, intrépide mais aussi candide il se montre pugnace lorsqu'on veut le tenir à l'écart des raids les plus périlleux.

Luce la seule fille a 13 ans. Pondérée, sa sérénité, sa témérité aussi lui valent le respect des quatre garçons. Sa maturité influe sur le groupe et elle ne manque pas de les rappeler à l'ordre lorsque les querelles pour des futilités opposent les gars. Tous sont subjugués par sa sensibilité et sa beauté.

D'autres personnages parfois hauts-en-couleurs viennent pimenter cette aventure, sorte de road-movie par-delà les bruits de bottes et les détonations d'une guerre terrifiante.

Un ensemble d'excellentes BD qui nous plonge dans ces pans de l'Histoire douloureuse tout en nous préservant des horreurs du champ de bataille...

L'émotion est au rendez-vous...

Et puis, Les Lulus, vous pensez bien ma fille cadette a opportunément saisi la proximité de la consonance de notre nom de famille : Lucquiaud, voilà un rapprochement judicieux, d'autant que mon grand père paternel que, hélas, je n'ai jamais connu, se prénommait Lucien, a fait et est mort à cette guerre.

Merci à vous Charlotte et Alexandre, de m'avoir enchanté avec cette lecture qui m'a amusé, autant qu'ému.

Me reste à lire le cinquième volume relatant la suite de cette folle aventure des Lulus, se déroulant alors au cours de l'année 1918...

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Marie-Rose 26/01/2019 15:57

La bonne BD nous emmène à travers la réalité d'une époque, comme avec la peinture nous découvrons ce qu'avaient été les paysages, les personnages d'une époque. En fait BD et peinture peuvent s'apparenter, c'est de l'art qui explose nos émotions en mille sentiments merveilleux ou tristes ou autres. Régale toi Patrice avec le cinquième.

domi 26/01/2019 11:21

quand la bd est de qualité, c'est un art à part entière, je devrais en lire plus souvent...

eliane roi 26/01/2019 11:18

Cette saga littéraire dont la trame se passe en plein conflit 14/18 démontre que même en temps de guerre, la vie continue. Les gens continuent à faire l'amour, à danser. Lorsque je dis qu'à Gaza les enfants jouent sous les bombes, je me fais engueuler, mais c'est pourtant vrai. Même dans les camps de déportation, les enfants arrivaient à "jouer" en se créant des mondes imaginaires. Le voyage, l'imaginaire, est dans la tête, quelles que soient les conditions, si terribles soient-elles. Arriver à maintenir son esprit dans un état d'espoir, penser aux belles choses positives, est une forme de résistance face à l'ennemi. Le jeu des enfants confrontés à un "état de guerre", c'est ce qu'on voit en ce moment, notamment en France, avec les violences des gilets jaunes et celles des policiers : dans les cours d'école, pendant la récréation, les enfants jouent "au gilets jaunes" et à la bagarre. La prochaine fois que je ferai une pétanque, j'aurai une petite pensée pour ces hommes et ces femmes, masqués jusqu'aux cheveux, qui ont cru qu'en cassant tout et en s'en prenant à des boutiques ou à des oeuvres d'art on pourrait changer le monde............................

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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