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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #D'Hier - d'Ici et d'Ailleurs ..., #La pensée du jour
Foire d'antan à Mirebeau - autos-scooters dans les années 60 - un manège "Montagne russe"...Foire d'antan à Mirebeau - autos-scooters dans les années 60 - un manège "Montagne russe"...Foire d'antan à Mirebeau - autos-scooters dans les années 60 - un manège "Montagne russe"...

Foire d'antan à Mirebeau - autos-scooters dans les années 60 - un manège "Montagne russe"...

Cela remonte à pas mal d'années... je me souviens de très grosses foires qui se tenaient à Mirebeau ce dernier jour du mois de Novembre. Marchands, camelots disposaient leurs étals dans les plus grandes rues du bourg et sur la place de la République. Place du Mail devant la gendarmerie, les forains montaient leurs manèges et leur stands, il y en avait même sur le foirail où se tenait les marché aux ânes de la Saint-Louis en Août.
Toute la journée jusqu'au soir tard, une foule importante grouillait dans les rues très animées par les vendeurs de toutes sortes de denrées et d'objets. Il y avait les incontournables casseurs d'assiettes, des bagouleurs de première qui n'économisaient pas leurs gestes pour vous démontrer l’efficacité (provisoire) de leurs gadgets, tous ces appareils et instruments rendant les tâches domestiques moins âpres pour la ménagère, de l'épluche légume révolutionnaire à l'aspirateur gros dévoreur de moutons en passant par le chiffon qui  en un seul passage peut vous fait briller une paire de bottes en caoutchouc Hutchinson ou Aigle...  marchands de rêves et de produits de jouvence, en outre, y figuraient des attractions foraines plus ou moins fantaisistes et grivoises comme celle destinée aux curieux et mateurs de circonstance, avec la femme qui vous montre tout de son anatomie dans l'intimité de sa  roulotte...  à l'entrée, l'affiche montrant la belle et aguichante Miranda en petite tenue très sexy, vous assure que vous en verrez aussi le trou du bas (sic)... libidineuses émotions ou attrape-nigauds ?... pour le savoir, il convient d'y mettre le prix. Nous les minots, on était priés vertement de sortir du rang des messieurs intéressés par cette expérience ô combien académique... "Le trou du bas"... pensez donc, un tant soit peu, avant de voir mes jolis messieurs !... Qu'importe, nous les mômes, on allait vivre d'autres sensations encore plus fortes, en faisant quelques tours très percutants d'autos-tamponneuses et en se précipitant dans les nacelles de la véloce chenille des montagnes russes, on s'arrêterait ensuite à quelques stands de tir pour tenter de gagner une grosse peluche ou bien un harmonica au son crissant. Le confiseur, dans son rutilant semi-remorque expo-labo-vente, avait, lui aussi, énormément de succès, surtout avec la barbe à papa et ses fameux berlingots qu'il confectionnait devant tant de paires d'yeux brillants et gourmands ...
Ah c'était une sacrée belle journée de fête et de sortie pour tous les habitants de la campagne environnante ! À cette foire de la Saint-André, réputée dans toute la région on venait parfois de très loin, des contrées de Saint-Maixent, de Parthenay, de Thouars, de Saumur et de Chinon. Cela déplaçait du monde. Une foire fixée à une date fort bien choisie, à cette période du 1er Avent, et donc favorable pour faire ses achats en prévision de Noël à seulement 24 jours de l'événement...
Au calendrier, cette foire de fin d'automne avait son pendant en mars, à la Mi-Carême où se tenait une autre grande assemblée tout aussi importante, celle-ci se tenant alors au seuil du Printemps... Beaucoup de gens se déplaçaient pour y participer...  

Hélas, aujourd'hui, c'en est fini de ces super foires qui rassemblaient le bon peuple de la région... ne se maintient à Mirebeau, hors les marchés hebdomadaires, que la fête foraine de la Mi-Carême où, Place du Mail s'installent deux trois manèges et quelques stands... l'esprit de  belle fête rurale s'est bel et bien perdu au fil des années où les changements d'habitudes, les goûts de loisirs et les motifs de sorties, sont induis par les progrès techniques et de la communication High-tech, lesquels, à contrario de leurs destinations premières, ne rassemblent pas forcément les gens, devenus sans doute plus individualistes et casaniers…
Ce jour de la Saint-André, ce sont les Gilets jaunes qui ont investi le rond-point au carrefour des axes routiers Poitiers-Angers (D347) et Chateauroux-Bressuire, (D725)... une autre animation qui se veut à la fois festive et revendicatrice contre la politique du moment, fortement désavouée à cause des restrictions qu'elle impose à ceux qui ont peu de ressources et des revenus, par trop, modestes pour faire face à la surenchère des taxes qui grèvent les budgets et assèchent les porte-monnaies. Dès lors, les feux de palettes ont remplacé les illuminations de la foire...

Saint André ! Comment ne pas avoir une pour mon beau-père, le père de mon épouse Annie.

 

André Hervouet avant la guerre - Josette et Annie - Chaleureuse convivialité - André dans les années 90.André Hervouet avant la guerre - Josette et Annie - Chaleureuse convivialité - André dans les années 90.
André Hervouet avant la guerre - Josette et Annie - Chaleureuse convivialité - André dans les années 90.André Hervouet avant la guerre - Josette et Annie - Chaleureuse convivialité - André dans les années 90.

André Hervouet avant la guerre - Josette et Annie - Chaleureuse convivialité - André dans les années 90.

André Hervouet,  est né le 10 Juillet 1910 à Bonnes /Vienne (86) . Il est le deuxième d’une famille de 5 enfants  ayant 3 frères, René, Fernand, Henri et une sœur Georgette.
Ses origines parentales nous entrainent en Vendée puis en Bretagne …
Comme beaucoup d’enfants à ce début du XXe siècle, après une scolarité sommaire, il rentre en apprentissage à l’âge de 14 ans,  comme commis boucher-charcutier. Ses premiers emplois il les trouve à Châtellerault.
Travailleur, rigoureux mais aussi casse-cou, jeune, André aime la moto… Avec ses premières économies, il s’achète une « Terrot »  avec laquelle il s’aventure sur toutes routes et chemins ne redoutant pas les cascades …
Se mariant à Marie Antoinette Sicaud en 1934, à Saint-Savin/Gartempe, (86)  il entre comme ouvrier Charcutier chez "P." où il travaillera autant au « laboratoire » qu’à la vente en tournées  qu’il assure avec une vieille « Fordasse »*.
Leur premier enfant, Josette, nait en Août 1936.
Comme beaucoup d’hommes, encore jeunes et valides, il est mobilisé en septembre 1939. Démobilisé en Juin 40, il reviendra du front Est avec son « vélo de guerre »*.
Leur deuxième fille Annie, mon épouse, nait en Mai 1945.
Quelques années encore André travaille comme Charcutier chez "P." mais un conflit larvé avec sa patronne intransigeante, le décide à quitter l’entreprise… c’est alors qu’il se fait embaucher à la laiterie de Saint-Savin où, employé au débarcadère, lui est confié la réception du lait destiné à faire du beurre.
Souvent, après le travail, pour arrondir les revenus de son foyer, André ne craint pas d’aller en campagne pour, dans une ferme ou l’autre, aller tuer et le cochon et préparer la charcuterie. Dès 17 heure, il partait en  mobylette pour ne rentrer que tard à la maison, ramenant pour les siens quelques bons monceaux  et un supplément de salaire non négligeable.
Ce travail très physique aura raison de sa santé et, en 1968, il subit une première « attaque » qui lui vaut d’être arrêté pendant plusieurs semaines.
André fait de l’hypertension à un niveau élevé et surtout constant ; en conséquence il sera suivi médicalement  tout le restant de son existence.
En 1973, une seconde attaque entrainant une nouvelle hospitalisation fait qu’il doit cesser définitivement tout travail physique intense … Il sera difficile, pour les siens autour, de lui faire entendre raison.
André, de bonne constitution est une véritable force de la nature, en outre il est très adroit de ses mains. Ayant aussi, un esprit inventif il passe beaucoup de son temps dans son cabanon atelier à confectionner des tas d’ustensiles servant le plus souvent au jardinage. Arroseurs tourniquets, outils pour retourner la terre et autres accessoires de plomberie. Il ne redoute pas non plus de démonter moteur de motos et de mobylettes pour les refaire à neuf.
Socialement André est très avenant, ouvert et simple, il parle à tout le monde si bien qu’il est très apprécié de ses voisins et amis, et jouit de l’estime de nombreuses personnes dans son village.

S’il n’a pas connu une ascension sociale fulgurante, André ne démérite pas pour autant, ayant privilégié d’accorder aux siens une vie honorable où rien ne manque sur la table et pour répondre à tous les besoins du ménage, et ce, en élevant ses enfants dans le respect et la dignité.
Dans cette famille, pas de clinquant, l’essentiel est là, dans la chaude présence humaine.
C’est au lendemain du mariage de Frédéric, son petit fils, le 3 Août 1992, après un ultime long séjour hospitalier, qu’André émet son dernier souffle, laissant de lui un souvenir impérissable dans le cœur de ceux qui l’ont entouré et aimé.
Un homme d’une grande simplicité, ni fier ni envieux, qui aimait la convivialité et toutes ces choses de la vraie vie telle qu’elle s’offre aux regards des yeux, du cœur et des mains, au fin fond de nos campagnes .
Bonne fête à toi André et à tous les André(e) !

NB : * Fordasse, vélo de guerre, des expressions bien familières de mon cher Beau-Père

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Domi 30/11/2018 18:22

Bonne chronique d antan avec une touche actuelle et bel hommage

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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