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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les facéties du Farfadet
L'auto en déclinaison... en inclination...L'auto en déclinaison... en inclination...L'auto en déclinaison... en inclination...
L'auto en déclinaison... en inclination...L'auto en déclinaison... en inclination...

L'auto en déclinaison... en inclination...

Déjà très jeune enfant, tout juste débarrassé des couches je manifestais vivement mon intérêt pour tout ce qui roule pour ce qui est : "auto...mobile"...  C'était à un tel point que, pour me faire manger ma bouillie, moi le bambin bien calé dans ma chaise haute, mes parents vivement sollicités devaient me dessiner une auto ou en découper dans des journaux et revues afin que je daigne prendre le contenu de la cuillère que l'on me présentait... Chantage bien puéril révélateur d'une passion naissante... Ce n'était qu'un début....  Mes jouets préférés étaient les petites voitures et, la récompense ultime quand les résultats scolaires étaient bons, c'était de m'offrir une nouvelle petite voiture (à l'époque en fer blanc) pour ajouter à ma collection...

 

En 1959, mon père avait acheté sa deuxième Mercedes d’occasion, une 170D qu’il remplaça deux ans plus tard par une 180D, je m’étais pris de passion pour la marque à l’étoile … une véritable folie…  tout était prétexte à dessiner des Mercedes, en fait, je ne dessinais que des Mercedes, des modèles existants ou ayant existé puis des modèles produits par mon imagination… j’étais devenu un fou furieux du « Caran d’Ache » pour une "Benz mania" s’affichant en technicolor… Cette frénésie auto picturale m’a accaparé l’esprit pendant presque 7 années, s’étant amorcée au Lycée et s’estompant au cours de ma deuxième année de présence au Centre Saint-Martin,  et donc, au cours d’une période, s’étendant de 1960 à 1967…

Alors potache, pendant les cours de Math de Physique, ou d’Histoire, dès que je n’étais plus dans la ligne de mire du prof, hop ! Je croquais une Mercedes et que je te passais ensuite mes « crobars » aux copains !… Le paroxysme fut atteint pendant mon temps d’armée où les soirée libres passées à la caserne, je les occupais à dessiner des prototypes de Mercedes. Cela m’a conduit, un jour, à acheter une super planche à dessin réglable… Un vrai fada !…

Je passe sur cette vilaine habitude qui me faisait dessiner des planches avec vues sur plusieurs plans comportant aussi des "écorchés techniques"  de voitures de rêve imaginées, ceci pendant les fastidieux cours de math en seconde... Bref, ça m'a suivi jusqu'à la maturité. Au retour de mon service militaire, après 9 mois de prospection commerciale en campagne pour vendre des produits destinés au bétail, au grand désarroi de mon père, j'ai quitté la maison et cette mise à l'étrier dans la profession de VRP pour gagner Paris et tenter ma chance en vue de faire carrière comme styliste designer dans l'industrie automobile... Aller au bout de mes rêves !... mais aussi me confronter à la réalité... En fait, un concours de circonstances et sans doute un destin autre se préparant, il en fut tout autrement.

Il s'avère que je ne suis jamais devenu designer et n'ai exercé aucune profession en rapport avec  l'automobile... Ainsi va le cours de l'existence contre son bon gré…

Centre Saint Martin - "Le château" ...

Centre Saint Martin - "Le château" ...

Cela va faire 53 ans que j’arrivais au Centre Saint Martin… C’était un samedi, le 31 Octobre 1965… A cette époque on ne fêtait pas encore Halloween… et je ne savais pas que j’allais passer  presque 40 ans de ma vie dans cet établissement… Le destin m’avait conduit là, à mes vingt-et-un ans …

Pouvant se chanter sur l’air bien connu d’une des plus célèbres chansons de Charles Aznavour, j’ai écrit ces paroles se rapportant à mes illusions du moment  puis à ce qu’il en est advenu au gré du temps passant …


 

Je me voyais déjà ...

A mes vingt ans, j’ai quitté mon pays,
Me libérant du joug familial,
Plein de projets, j’suis allé à Paris,
Le carton plein de mes œuvres initiales…

A cet âge là, voyez-vous, on ne doute pas,
Je croyais bien décrocher le pompon…
A parcourir les sites, faisant des millions de pas,
J’ai bien failli, terminer sous les ponts …

Je me voyais déjà, super grand styliste,
Au nirvana des extras et sublimes réalisations,
Je me voyais déjà, couché sur la liste,
Des plus grands habilleurs de l’auto-fashion …

Je me voyais déjà, sur ma planche d’artiste,
En quatre traits parfaits, de mon plus fin crayon,
Tracer l’épure, pour les plus puristes,
Venus admirer mes récentes créations…

Depuis, j’ai vécu et pris bien des bides,
Je n’ai jamais provoqué la moindre attraction
Mes plans restés, dans un placard vide,
N’ont jamais reçu label de géniale invention…

Ainsi, j’ai vieilli et j’ai pris des rides,
J’ai aussi perdu toutes vocations …
Aujourd’hui, plus besoin, plus besoin, de brides
Pour freiner l’ardeur de mes illusions !...

Et mes croquis sont demeurés stériles,
Mes griffonnages, sans imagination,
Mes barbouillages, même les plus fébriles,
N’ont jamais fait bailler d’admiration…

Pourtant j’croyais décrocher la timbale,
Je me pensais génie, roi du crayon …
Ces chimères là, plus de dix ans j’les trimbale
Le temps qu’il faut, pour saisir la leçon …

Je me suis vu alors, quidam ordinaire,
Gagnant ma vie parmi les plus déficients ;
Je me suis vu alors, oubliant d’être fier,
De tous mes insuccès, devenir conscient…

Je me suis vu aussi, parmi des autistes,
Me confrontant aux murs de leur isolement…
Je me suis vu aussi, empruntant d’autres pistes,
Suivre les délires de nouveaux firmaments…

Le temps a passé à lire plein d’ouvrages,
Tentant de comprendre le mystère humain,
Le temps a passé, sous des pluies d’orages,
J’ai même appris à travailler de mes mains

Et je me suis retrouvé dans un atelier,
En vérité, je n’avais pas d’autres choix…
J’y ai appris les gestes d’un petit métier,
Façonnant à la râpe, des jouets en bois…

Et j’ai sorti de mes cartons jaunis,
Mes crayons, mes feutres, mes fusains,
M’inspirant de tous mes vieux croquis,
Illico, me suis remis au dessin…

Là, pas besoin de passer par les Mines,
Rien d’autre à suivre que mon inspiration,
Et c’est ainsi que l’histoire se termine,
J’ai ressourcé mes vieilles illusions !…

Je me vois encore "croquant" l’animal
Retraçant aussi l’arche du vieux Noé
Je me vois encore, et ce n’est pas banal,
En bon quarantenaire, réapprendre à jouer !...


Je me vois encore "croquant" l’animal
Retraçant aussi l’arche du vieux Noé
Je me vois encore, et ce n’est pas banal,
En bon quarantenaire, réapprendre à jouer !...


Farfadet

 

Jouets en bois

Commenter cet article

Marie-Rose 15/10/2018 18:34

C'est souvent ainsi, nous n'arrivons pas à atteindre notre vocation… la vie nous charge de prendre d'autres chemins pour, finalement, à mi-chemin, la retrouver mais transformée. Quel beau poème Patrice… tu vois tu as en plus la vocation de l'écriture et des mots.

robert dinot 15/10/2018 05:49

oh qu' elle belle " page " ! merci farfadet . bon lundi .

eliane roi 14/10/2018 19:18

Ca nous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître..................Bravo Farfadet, on te lis... on n'a plus besoin de regarder la télé !

domi 14/10/2018 17:31

quel talent !

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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