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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #La pensée du jour

A travers les communications et les échanges en nombre de tout ce temps présent et pressant, il est un terme qui revient souvent dans les bouches et sur les nombreux supports contemporains de l'écrit : le bonheur. Il est même des chanteurs populaires qui le clament, faisant se pâmer les foules... se demandant où il est ce bonheur et concluant que le plus souvent, il est très proche de nous mais que nous ne le reconnaissons pas et ne le saisissons jamais au bon moment. Beaucoup l'assimile a de l'extase, au bien être, à la joie de vivre hors tous soucis, à une sorte de béatitude inondée de lumière, de soleil, de nonchalance et... d'amour...

En fait, le bonheur est assez indéfinissable c'est une sorte de félicité auquel, comme dit ici, on associe l'amour... Et l'amour, qu'est-ce donc alors ?...

Vous conviendrez, que l'amour ne peut se limiter qu'à l'étreinte charnelle, sensuelle et extatique, nimbée d'érotisme qui nous agite et passionne par delà tant de fantasmes nés de notre libido. L'amour, ce sentiment à la fois fort et confus, nous saisit à l'âme et s'adresse à autrui. Il est d'abord maternel, paternel, filial, puis il nous porte vers des êtres humains hors du cercle familial, il est attirance, enchantement parfois jusqu'à l’envoûtement, pour un être dont on a envie de partager la vie ou un moment de sa vie... ainsi « tombe-t-on amoureux », ce dont, étant tombé ainsi, il faut aussi, à un moment ou l'autre, savoir s'en relever …

J'ai écrit déjà pas mal d'articles au sujet de l'amour* (liens en fin d'article), allant même jusqu'à rapporter quelques confidences dans les récits sur mon adolescence. Et, pour celles-ci, ne retenez rien d'extraordinaire qui se différencierait de ce que chacun peut vivre à cet âge quand, l'autre, qui n'est pas moi, m’attire, souvent à mon insu et, curieusement, me sort de ma nature égoïste tout en renforçant mon ego... « J'aime, mais je veux aussi être aimé et donc, pour plaire, je vais tout faire pour que l'être convoité me remarque, s'intéresse à moi et en vienne, lui ou elle aussi, à m'aimer... » Il y a plein d'égoïsme dans l'amour !...

"Je t'aime, vois-tu comme c'est généreux de ma part, je m'intéresse à toi parce que tu me plais", autrement dit : "si tu ne me plaisais pas je ne t'aimerais pas !..."

Tomber sous le charme de l'autre, se trouver sous emprise d'une attirance vive, et qui revêt vite un aspect sexuel, correspond à une forte charge émotionnelle qui ne se commande pas vraiment et qui dilue notre personnalité dans la confusion des sentiments ardents et prégnants.

Amour et dépendance... suis-je libre quand ces sentiments liés à cette attirance puissante m'aveuglent ? Nous avons tous vécus cela lorsque nous étions amoureux... Il ne s'agit pas ici de faire le procès de ce merveilleux moment qui, à la fois nous élève, nous transporte, puis nous « emprisonne » mais de remettre en place, dans sa conscience, le fait d'aimer et, par là, d'élargir notre compréhension du concept « amour ».

 

Il ne peut y avoir d'Amour véritable sans Liberté...

Aujourd'hui le « j'aime » se manifeste à outrance sur les réseaux sociaux où toutes annonces, informations ou commentaires sont paraphés de « like » et de « cœurs » à la volée. J'aime... j'aime...j'aime.... En fait, ça veut dire tout simplement : j'apprécie, ça me plaît, ça me convient et, à la rigueur, ça me passionne. Comme le temps de réponse est souvent précipité, on ne peut pas affirmer que ces appréciations mises en vrac, un peu à l'aveuglette, sont vraiment réfléchies et correspondent réellement à notre goût sincère intime ou à un choix délibéré.

En fait, j'aime ou je n'aime pas mais je ne sais pas toujours pourquoi j'aime et pourquoi je n'aime pas. Bon !...

A ce stade, il convient maintenant de parler de sympathie ou d'antipathie...

La sympathie n'est pas que ce courant qui nous fait apprécier positivement les êtres que nous croisons et qui nous entourent, au gré de nos affects, c'est surtout ce qui nous lie de manière indéfectible à ce que nous sommes et nous ressemble totalement, la sympathie se manifeste par une puissante attraction...

L'antipathie n'est pas, elle aussi, que ce courant qui nous fait apprécier négativement les êtres que nous croisons et qui nous entourent au gré de nos affects, c'est surtout ce que nous rejetons intrinsèque qui ne sied pas à ce que nous sommes, ne nous ressemblant aucunement, l'antipathie se manifeste par une puissante répulsion...

On pourrait traduire cela ainsi :

La sympathie c'est absolument moi...

L'antipathie ce n'est nullement moi...

 

Au delà des affects, cette ambivalence polaire a une mission bien définie qui me permet à la fois de me rapprocher ou de me distancer non seulement des êtres mais de ce que tout mon esprit vient à embrasser surgissant dans le champ de ma conscience. C'est justement parce que je suis doté de ces deux forces en polarité de l'âme, que je peux appréhender le monde, le découvrir et le comprendre. En étant toute sympathie, je resterais dans l'impossibilité de me démarquer de ce monde et donc de pouvoir me ressentir comme un être différent et opposé à ce monde et donc que ce monde me parle. En étant toute antipathie, je serais incapable de connaître quoi que ce soit de ce monde n'envisageant que ma personne comme seule conforme et digne d’intérêt et donc dans l'impossibilité de me mettre à l'écoute de ce monde.

Je ne peux apprendre et comprendre ce qu'il y a connaître du monde que parce que je suis doté de ces deux forces de l'âme qui, à la fois, attirent puis rejettent tantôt en alternance, tantôt de concert, ce que cette âme rencontre à chacune de ses avancées.

L'illustration parfaite de cette assertion tient à ce qu'il se passe dans toute conversation ou dialogue.

  • J'écoute celui ou celle qui me parle (je suis en totale « sympathie » – tout à fait attentif à ce qu'il ou elle dit ou explique)

  • Je réponds à mon tour à cet interlocuteur/trice/ (Je suis en parfaite « antipathie » étant engagé à exprimer ce que je pense vraiment et veux formuler puis faire entendre dans l'instant)

Ainsi se poursuit ce mouvement sympathie/antipathie s'alternant en moi entre écoute et prise de parole...

 

Nous avons largement dépassé là, la notion « aimer » ou « ne pas aimer »...

Et c'est là, justement, que se créée un nouvel espace laissant le champ libre à cette autre notion de plus en plus envisagée à notre époque à travers nos rapports humains  et que nous nommons : empathie.

 

N'allez pas maintenant vous imaginer que d'être amoureux, d'aimer des personnes comme on dit, à la folie ou avec passion, d'avoir des amis, des relations que l'on aime beaucoup, soient mauvais, ou vains parce que non empreint d'objectivité. Fort heureusement, la chaleur de nos sentiments vient féconder nos existences et celles de ceux que nous aimons ainsi avec force. Il ne peut s'agir, en la matière, d'effectuer le calcul de l'intensité de nos sentiments pour en déduire le bon ou le mauvais côté, pas plus qu'il ne saurait être question de spéculer avec ce qui émane directement du cœur. Sympathie et antipathie font en quelque sorte partie du « mécanisme » de l'âme humaine.

Beaucoup de nos rapports entre être humains sont enrichis par cette spontanéité des élans du cœur. Il ne s'agit pas de condamner cela.

 

En demeure que la mission de l'empathie qui, aujourd'hui, se manifeste de plus en plus, a libéré l'amour des chaînes de l’égoïsme et de la partialité, venant à point pour que se développe cette sublime aptitude : la compassion. Celle-ci n'a rien à voir avec la pitié ; la compassion (souffrir avec) est une disposition de l'âme s'ouvrant à d'autres âmes au point, non de les investir, mais d'en ressentir toutes les résonances pour leur venir en aide si besoin est.

L'empathie une attitude toute intérieure engage objectivement l'écoute.

La compassion engage notre âme auprès d'une autre âme dans une volonté d'apaisement et de guérison ; elle nous rend actif positivement.

 

Deux magnifiques exemples : Sœur Emmanuelle et Abbé Pierre

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claudeleloire 09/04/2018 20:28

il est vrai que notre quête du bonheur passe par les sentiments, l'amour, l'amitié, l'attirance, l'écoute, l'empathie tout concourt à éveiller en nous des parcelles du bonheur ... tellement vaste ... tellement personnel ... le seul ressenti que je ne peux partager avec toi est la "compassion" ... qui me rappelle trop l'hypocrisie catholique vécue dans mon enfance ...
amitié

claudeleloire 10/04/2018 18:25

il y a de cela dans mon aversion au mot, que j'associe à la pitié ... ton explication est lucide merci !

Farfadet 86 10/04/2018 08:44

Bonjour Marie-Claude,

Certes, on associe souvent la connotation religieuse au mot compassion... néanmoins cela demeure une réelle vertu ou disposition d'esprit au sens premier. Citation Wikipédia :
La compassion (du latin : cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια , sym patheia, sympathie) est une vertu par laquelle un individu est porté à percevoir ou ressentir la souffrance d'autrui, et poussé à y remédier. D'où le besoin de ce mot, ainsi que de celui d'empathie. La compassion revient à ressentir la souffrance de l'autre, animé d'une intention d'amour. Il existe souvent une confusion entre pitié (sentiment) et compassion (vertu). La « miséricorde » ou « commisération » peut s'apparenter à la compassion avec une sémantique plus religieuse.
La compassion en Europe est souvent associée à la Pitié, synonyme de la compassion du Christ, notamment lorsque crucifié il dit « Laisse-les, ils ne savent pas ce qu'ils font ». On comprend plus aisément cette confusion de langage entre Pitié et Compassion dans le choix de noms d'hôpitaux qui ont d'abord été créés et soutenus par l’Église (hôpital de la Pitié Salpêtrière, Notre-Dame de pitié...).

La compassion ne peut pas être totalement reliée à la religion qui ne peut pas posséder l'exclusivité du ressenti de la souffrance et de la douleur de l'autre animé par un sentiment d'amour. De sorte qu'on ne peut pas dire que la compassion soit plus religieuse que laïque. Elle fait partie intégrante de la nature humaine qui sans distinction de race, de sexe, de statut social ou d'âge fait naître au moins auprès d'enfants, de proches parents et même d'animaux ce sentiment profondément humain.

Le flou de la sémantique de la compassion dans la langue française amène une sorte de pudeur ignorante que la gauche laïque, qui ne demande pas l'aumône ou la pitié, évoque en faisant appel à l'égalité et à la dignité de chacun ainsi qu'à la solidarité de tous.

La loi sur la non-assistance à personne en danger, qui existe dans de nombreux pays, constitue une forme légale de compassion.

domi 09/04/2018 17:40

Tu nous proposes là une belle réflexion et même de jolies pistes !

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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