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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les clins d'oeil du Farfadet

Conversation un soir d'automne. Lucius, Farfadet de son état, vient de poser cette surprenante question au vénérable Écrivain :

  • Qu'est-ce donc la poésie ?

  • Drôle de question !... Comme si la poésie avait besoin d'être définie, Elle qui jamais ne finit...

  • Le terme est galvaudé aujourd'hui, transposant la poésie dans tous les domaines de la vie...

  • N'est-ce pas juste ainsi ? La poésie fait intégralement partie de la Vie...

  • Ah bon !... mais le genre se fourvoie...

  • Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

  • Bah ce qu'on entend à gauche, à droite, ça et là, partout, ce qu'on lit en haut, en bas au fond, en surface... beaucoup disent que c'est de la poésie parce que c'est écrit, parce que c'est clamé, parce que c'est chanté, parce que c'est claironné en rimes et en rythmes... chacun y va de ses mots et de sa petite musique... que sont les grands poètes devenus ?...

  • Les grands poètes appartiennent à la postérité...

  • Ceux-là, savaient construire, respectant les règles des genres et de la versifications, leurs œuvres sont d'immortels poèmes !... Ils n'en n'est plus un, aujourd'hui, pour raviver la flamme de la noble et éternelle poésie...

  • Tu te trompes Lucius, il y a encore plein de poètes inconnus qui rédigent et publient des chefs-d’œuvres poétiques d'une extraordinaire beauté, empreint d'un lyrisme grandiose et qui, s'en inspirant plus que jamais, ne désavouent pas, ni ne mettent au rébus, les fraîches et tendres compositions de la Pléiades, les puissants alexandrins et les sentencieuses strophes des Classiques, les formidables élans et brillantes métaphores des Romantiques, les époustouflantes simagrées et pantomimes burlesques des surréalistes. Les poètes d'aujourd'hui ne sont plus seulement dans les rues et les cours, ils ont leurs nids, leurs toits et leur incomparable éditeur inter-nautique... Les poètes surfent sur toutes les vagues en vogue et ne sont pas que caustiques...

  • Ah ! tu m'étonnes bien là... Ce serait donc la raison pour laquelle tout le monde parle de poésie, devant figurer nécessairement dans ses œuvres et dans sa vie …

  • Oui et plus encore, dans tous les actes de la vie...

  • Dans chaque acte ?

  • Oui, dans chaque acte, même le plus humble et insignifiant que nous accomplissions, et pour ça justement, il faut d'abord comprendre ce qu'est la poésie...

  • Et comment la comprends-tu toi, cher Écrivain ?

  • La poésie se justifie autant qu'elle se définit par ce qu'elle met en avant et introduit là où elle s'impose et se manifeste : l'esthétisme en prônant le Beau, le Bon, le Juste...

  • Rien que ça !

  • C'est déjà beaucoup ne penses-tu pas ?...

  • Mon exclamation va bien dans ce sens...

  • Mais la poésie, outre ce triptyque vertueux, a une autre mission tout aussi importante...

  • Ah ! et laquelle mon ami ? Laquelle ? Je suis impatient de le savoir...

  • Celle qui consiste à alléger...

  • Alléger ?

  • Oui, si tu préfère : dédramatiser, rendre souriant et plus lumineux ce qui, au premier abord, n'est pas du tout engageant, qui est pesant, parfois laid, parfois vil et même odieux. La poésie doit en repousser l'opacité, les aspects ténébreux, les imperfections, les monstruosités.

  • Elle transforme et métamorphose donc, mettant de la lumière dans les ténèbres, de la joie dans les jours tristes, de la drôlerie dans les tensions, de l'humour dans les travers de la nature y compris ceux de la nature humaine.

  • Oui, de l'humour aussi jusqu'à l'auto-dérision, l'auto-guérison...

  • L'auto-guérison !

  • Oui, la poésie a aussi des vertus thérapeutiques...

  • Elle peut dénouer les tensions alors et démystifier sans doute...

  • Démystifier... cela, elle n'a pas pour vocation de la faire, car la poésie respecte et surtout entretien le mystère.

  • Ah tiens ! Je n'aurai pas pensé cela... je plaisante bien sûr...

  • La poésie ne tient pas qu'un langage de tête, souvent froid, s'adressant à l'intellect, elle pratique surtout le langage du cœur, lui, bien plus imagé.

  • Tout le monde peut la comprendre alors…

  • Bien sûr, à condition d'ouvrir son cœur et d'être sensibilisé à son propos.

  • Mais il y a des poètes dont les écrits sont hermétiques, insaisissables par la raison et même par l'imagination...

  • Oui surtout chez les contemporains, il faut laisser rebondir leurs mots sur notre âme sans s'enquérir de leur sens. Laisser cela en suspension ; un jour arrive où, à la relecture, se dégage un charme, un envoûtement qui, lui aussi, allège... l'âme a entendu et saisi bien avant notre cerveau, le message, alors reçu à un autre niveau...

  • On est aux limites là !…

  • Je ne sais pas si il y a effectivement des limites, s'agissant de l'évolution d'un art... je parlerais alors de transcendance, la poésie a en elle cette disposition qui met le rêve dans la réalité et qui, de la réalité, fait un rêve à vivre éveillé.

  • En fin de compte, la poésie se retrouve aussi dans tous les arts

  • Certainement, elle n'est pas qu'écriture et récitation, elle est action aussi ; on la retrouve même dans les arts du cirque, dans le sport également… La poésie est gestes, fréquences rythmes, mouvements perpétuels, un déferlement de tout ce que le cœur contient, de tout ce que l'âme imagine et de tout ce que l'esprit transmet au corps comme résonances et harmonies... sublimes vibrations !...

  • Pour conclure, la Poésie, il n'y a rien de tel pour magnifier la Vie !...

 

Commenter cet article

Marie-Rose 08/10/2017 11:17

Avant de lire ta conversation sur ta question "Qu'est-ce donc la poésie" ? et ensuite lire tes échanges sur la question avec ton ami, ces jours-ci, du fond de moi montait un sentiment, à la limite, sur un petit fond de jalousie, "pourquoi suis-je incapable d'exprimer mes sentiments en belle poésie comme le font les poètes. J'ai bu avec délectation tes échanges, un peu contradictoires, en effet les poètes peuvent créer leurs poèmes de ce qu'ils ressentent du beau, du bon, par contre j'ai lu, il y a quelques années, un livre sur la nouvelle poésie (je ne me souviens plus de l'auteur) ; ces poèmes m'ont laissés un sentiment de malaise, tellement abruptes, proches de la réalité, sans beaucoup de rimes. Je n'ai pas pu le lire jusqu'au bout, car, je ne pouvais m'approcher de l'auteur d'une façon saine et je ne le comprenais pas. Je vais essayer de retrouver ce livre dans tout mon fouillis, peut-être me fera-t-il une autre impression ? Tu as raison aussi de dire que dans notre vie quotidienne il y a de la poésie, j'ai aussi vu un numéro de cirque extraordinaire, si léger, si aérien, si beau, que je n'ai retenu que la poésie, c'est le sentiment de poésie qui montait vraiment en moi. Il est vrai aussi, que de nos jours, nous voyons de la poésie partout, même là où il n'y en a pas, peut-être, parce que justement nous en avons tellement besoin que nous l'imaginons partout. Bise aux Farfadets

Farfadet 86 08/10/2017 11:25

Bien sûr Marie-Rose, le mot est galvaudé de même la poésie. Celle contemporaine est souvent hermétique. Je pense qu'il est bien de temps à autre de se replonger dans les grands auteurs de la Pléiade, des Classiques, des Romantiques, des lyriques et des "tourmentés" (Rimbaud... Verlaine...) quant à avoir leur talent, leur don d'écriture, laissons-nous le loisir de la lecture et à la rigueur, l'exercice de la rimaille (celle auquel je m'adonne benoitement )... Nôtre âme a besoin de poésie et c'est vrai qu'on peut aussi la rendre manifeste dans sa vie. Bises des farfadets du Poitou.

Marie-Rose 08/10/2017 11:23

oui, j'aime Rimbaud ... Verlaine etc .. Ils sont plus parlants pour moi, il nous reste un héritage des romantiques du XIXème et XXème, cela ne veut pas dire que nous ne nous intéressons pas aux contemporains, au contraire j'essaie de les comprendre même si ce n'est pas facile, le vielle adage "il faut être de son temps", nous y tendons pour comprendre l'être humain de notre époque, d'où une autre question "comment et pourquoi", cela est une autre histoire.

Alpero 08/10/2017 11:22

Marie-Rose, Je suis gêné, moi aussi par cet aspect de la poésie actuelle et cette logique qui voudrait que, si ce qu'on décrit ou qu'on raconte est laid, dur, le texte créé à son intention doit être laid et dur également...
Cela, pour moi, est valable pour la prose dont le rôle est de "dire".
Mais la poésie, elle, "chante" et pour qu'on l'écoute, il me semble qu'un chant doit être beau.
Villon, Baudelaire, Vigny, Hugo, Musset et bien d'autres, n'ont pas écrit que de ces choses légères qu'on dit "poétiques", loin de là.
Par exemple, les NUITS de Musset sont loin d'être joyeuses, la BALLADE DES PENDUS de Villon est fort triste. Mais toujours, ces poèmes sont agréables à lire. C'est pourquoi pratiquement tous les poètes (amateurs, comme moi) que je connais, passent une bonne part de leur temps à tenter (et parfois à réussir) que leurs textes soient beaux. Pas jolis, beaux !
Parce que nous n'écrivons pas pour nous, mais pour ceux qui nous lisent. Parce que nous n'écrivons pas pour la gloire, les prix ou l'argent, mais pour le plaisir de traduire, nous qui y parvenons parfois, tout ce que voudraient pouvoir dire nos lecteurs...
Et lorsque nous y parvenons (ça arrive de temps à autre) je peux vous jurer que notre joie est grande.
Voilà ce que votre interrogation m'a inspiré et j'espère avoir été clair dans mon propos... mais je n'en suis pas sûr, la passion souvent brouille l'expression.

Farfadet 86 08/10/2017 11:19

Bonjour Alain. Bien d'accord sur le fait qu'une poésie , plus exactement un poème, contant un événement imaginaire ou réel terrifiant mettant en exergue des faits, des principes, vils voire laids, repoussants, peut, dans sa tournure, être beau, joliment agréable à lire ou à réciter...j’appelle cela transcender... Parfois cette harmonie, , cette mélodie cet élan poétique a vocation d'interroger de faire prendre conscience. La forme poétique prend le rôle de conteur, d'enseignant de recteur de guide... Les mots s'adressent à la tête, la mélodie ,le chant de la forme poétique s'adressent au cœur. Encore merci de ta participation à ces échanges que je trouve, dans la spontanéité, intéressants et chaleureux animé par la passion du bel écrit . Amitiés.

Marie-Claude Leloire 05/10/2017 18:56

il est des poésies très dures à lire qui nous parlent des maux endurés, et qui font souffrir le lecteur autant qu'a souffert l'auteur ... ce qui est juste à dire c'est que la poésie est une émanation d'un coeur vers un autre coeur et qu'il faut du coeur pour pouvoir s'en saisir ...
amitié .

Farfadet 86 06/10/2017 17:35

Bonsoir Marie-Claude, La poésie englobe tout le genre et donc toutes sortes de poèmes répondant aux critère du "label' Poésie...
Bien sûr il y a des poèmes dont le contenu peut même être violent, le propos outrecuidant... mais il en est tant d'autres porteurs d'un message tellement positif contant tous les bonheurs dumonde et surtout encensant la Beauté dans toutes ses formes et bien sûr la grandeur d'âme des êtres humains.
Me référant à mes souvenirs de potache, j'ai toujours pensé que la poésie avait comme disposition naturelle de louer les belles choses et par là d'alléger les esprits mettre le beau , le bon le juste , l'harmonieux au centre de notre vie en les lisant et en les récitant... et il y avait cette magie du vers métrés qui scandaient ce moment de félicité... la musique à variations poétique dirait mon ami Alpero...
Oui, elle est aussi comme un chant, entrainante. La belle poésie nous laisse sous le charme de son rythme et de sa mélodie..

Alpero 05/10/2017 18:03

désolé de t'avoir appelé Patrick... Me pardonneras-tu jamais, mon cher Patrice ?

Farfadet 86 06/10/2017 17:42

Rien de grave mon ami, Patrick est le prénom irlandais, Patrice sa version française... Le Saint de référence est le même...
Il me semble qu'il y dans notre pays plus de Patrick que de Patrice... Les deux se fêtent le 17 Mars et ça me convient très bien j'aime la fête façon irlandaise , chope à la main et mousse au bord des lèvres et si, en plus ça chante set danse sur une musique celtique, alors là, je déborde de joie.
Amitiés à Toi et aux Tiens Ami Alain !...

Alpero 05/10/2017 18:01

Patrick, je pense (donc j'essuie, comme un ancien du service nettoyage que je fus) que le mélange vient du glissement du sens des mots.
A notre époque un artiste, c'est un chanteur, un acteur, un musicien, un peintre, à la rigueur un danseur... point (évidemment on peut écrire tout cela au féminin, j'ai simplement cherché la facilité).
Or, ce dont tu parles, c'est de l'art... Le Music Hall, le cirque sont des arts aussi, autant que les autres et c'est parce qu'on l'oublie qu'on glisse sous le parapluie de la poésie tout ce qui est beau tout en ne dépendant pas des cinq arts susmentionnés.
Évidemment que la poésie doit être belle, seulement on oublie que tout ce qui est beau n'est pas forcément poétique et,j'irais presque jusaqu'à dire que tout ce qui est "poétique" ou perçu comme tel n'a pas forcément à voir avec la poésie qui, elle, est un art précis avec des règles, des principes, des exigences et de pauvres types (j'en sais quelque chose) qui se battent des heures durant pour tenter de les aborder le plus respectueusement possible (avec tout de même un peu de licence, si l'enfant qui résulte du viol est beau), dont il est dommage qu'on les oublie à notre époque, y compris (nous l'avons vu dans les forums) par des gens qui osent se dire "poètes" !
Lorsque je les lis, je pense irrésistiblement au Général De Gaulle et à son appréciation des politiciens sautant sur leur chaises en criant "L'EUROPE, L'EUROPE". Nos pseudos poètes actuels crient "POÉSIE, POÉSIE" avec la même vigueur tout en appauvrissant l'art qu'ils prétendent défendre!
Désolé pour la vigueur, mais c'est un sujet qui me rend toujours agressif (pas envers toi, évidemment).
Ton amitié m'est indispensable et celle du petit poète du Valois est tienne toujours.

Farfadet 86 06/10/2017 13:08

Merci Alain pour ces explications qui laissent entrevoir d'autres pistes pour cerner ce qu'est la poésie dont tu défends la manifestation orale (récitatif) de la composition écrite à partir des codes inhérents à ce genre littéraire s’appuyant, du point de vue de la forme, essentiellement sur le rythme et la musicalité pour, au niveau du contenu verbal, transmettre le message plus ou moins accentué qu'elle comporte.
Dans cette présentation, il ne faut surtout pas oublier, s'agissant du contenu, l'image évoquée par les substantifs et les qualificatifs auquel le verbe apporte la mouvance émotionnel. La poésie doit nous surprendre, nous faire dépasser le cadre des mots, nous envoler en quelque sorte. Mers de sons et de vibrations, elle résonne en nous et fait surgir des paysages, des visages que nous survolons.
La poésie devient cette aile pour aller au-delà de l'au-delà...
Mais a-t-elle toujours besoin des mots ?
En fait, si dans mon article discussion imaginaire, je pars de cette question : « Qu'est ce donc la poésie ? » c'est bien parce que, justement à notre époque, elle figure dans notre vocable pour désigner d’autres formes d'expressions et manifestations le plus souvent à caractère artistique mais qui n'empruntent pas la voie littéraire se traduisant verbalement qu'à travers les seuls écrits.
Avons-nous dévoyé le genre ? La poésie ne peut-elle être envisagée qu'à partir de l'unique support de l'écriture  alors codifiée ? De quel droit la destinerions-nous à d'autres expressions artistiques lui attribuant des fonctions aliénantes, la dotant d'une mission qui ne lui correspond pas ?
Je reste perplexe car, d'autres exemples me revenant tels que le mime Marceau ou le clown Buffo ( Howard Buten) dans leurs « numéros » [dégagent beaucoup de poésie...]
Je crois bien que là nous nous trouvons dans la même situation que ce que la poésie initiale, traditionnelle, conventionnelle permet ; c'est à dire : détourner le sens premier des mots ou d'un ensemble de mots (métaphores) pour illustrer ou mieux, faire surgir une image nouvelle tout à fait différente, chez le spectateur (le lecteur, le récitant le sont également). De la sorte un spectacle en soi, nullement poétique, peut, par certains aspects de son déroulement, exprimer ce qui relève de la poésie, terme alors usité devenant métaphorique à son tour.
Bon, ceci est un peu tiré par les cheveux (autre métaphore triviale), il n'empêche que l'évolution du langage provoque ce genre d'incident où les puristes sont alarmés par ces dérapages qu'ils peuvent aussi trouver indécent ou parfaitement incongru.
Effectivement, ce n'est pas simple de s'y retrouver, entre poésie, poèmes, poètes, rimailleurs, écrivains, artistes, épicuriens esthètes etc.
Notre vocabulaire s'enrichit de jour en jour, et notre capacité d'assimiler, de comprendre et de bien interpréter, est de plus en plus émoussée par ce flux incessant, tenant au verbiage, aux expressions nouvelles, mais aussi aux multiples réalisations techniques et sociales qui induisent les listes de mots nouveaux à faire figurer dans les dictionnaires... bien sûr, cela entraîne pas mal de déformations et d'usage inappropriés de mots dont les concepts initiaux sont dévoyés.
La poésie qui a tant voyagé dans l'espace de la longue Histoire, y perdra-t-elle son âme ?... Les authentiques poètes, (pas forcément connus), eux savent préserver la-leur... la poésie, la vraie, devrait donc, elle aussi, perdurer.

Bien amicalement.

alpero 05/10/2017 15:07

Désolé Patrick, je ne maîtrise pas la mise en page sur ton blog, du coup j'ai posté un pave illisible et indigeste.
Je te prie de m'en excuser.

Farfadet 86 06/10/2017 17:51

En fait, je me suis aperçu que lorsque l'on réactualise la page internet en cliquant sur le titre, on retrouve tous les commentaires en bonne forme telle qu'ils avaient été écrit initialement par leurs auteurs .
Une petite faille dans le dispositif mis en place par O.B. Je déplore également qu'on ne puisse corriger nos propres commentaires comme cela est possible sur WORDPRESS. et aussi le fait qu'on ne peut les déplacer ce qui aurait été judicieux ici, pour suivre chronologiquement les évolutions de notre discussion.
Rien n'est jamais rigoureusement parfait et donc reste perfectible.

alpero 05/10/2017 15:05

Bonjour Patrick,
Ton article, tu t'en doutes, titille mon esprit et je me permets, sollicitant ta mansuétude, de copier ici ce que j'avais écrit sur un forum où, je crois me souvenir que nous nous croisions déjà :
J’ai souvent parlé de ce qu’est pour moi la poésie sans parvenir à bien me faire comprendre alors, je vais tenter ici de m’expliquer autrement.

Voici :
Un sujet peut être très poétique.
Le texte créé sur lui peut être très bien écrit, magnifiquement écrit même sans que l’œuvre ainsi générée soit un poème.
J’ai lu (on a tous lu) de la très la belle prose écrite sur des sujets comme la lune, l’amour, les fleurs, etc. … et qui n’était encore et toujours que de la prose.
La poésie, me semble-t-il, doit avoir quelque chose en plus dont je ne sais suis pas certain de savoir ce dont il s’agit, mais que pour moi, j’appelle « sa musique ».
D’ailleurs, les littérateurs classiques devaient sans doute partager mon avis sur les natures différentes de la poésie et de la prose, puisqu’ils demandaient à un écrivain de casser un alexandrin (et sa musique) lorsque par hasard, dans un texte en prose, l’un d’eux venait sous leur plume.

C’est pourquoi je suis persuadé que la vraie nature de « la poésie » n’est pas dans le sujet, mais dans son traitement.

J’ai lu des choses sans intérêt et sans lyrisme sur des sujets magnifiques alors que, par exemple, Baudelaire a écrit de très beaux poèmes sur des sujets dont on pensait avant qu’il ne se penche sur eux, qu’ils n’avaient rien de poétique.

Je sais qu’il est, parmi les « poètes », certains qui refusent le lyrisme parce qu’ils le confondent avec la grandiloquence, alors qu’on peut la trouver, et souvent, cette sale bête, dans des textes sans aucune musique intérieure. D’ailleurs la lyre n’était-elle pas l’un des principaux instruments qui accompagnaient le poète, dans l’antiquité ?

Voilà ce que je voulais dire et j’espère enfin avec ceci, avoir été peut-être enfin clair pour que, lorsqu’on me répondra (si on me répond), on cesse de me jeter à la figure « Le sujet, le sujet ! Si le sujet est poétique, c’est l’essentiel » ce qui est faux lorsqu’il est traité prosaïquement.

C’est pourquoi je parle bien (et seulement) de la forme, puisque les mots et les sujets étant les mêmes, il faut évidemment que ce soit ce qui reste, c’est-à-dire ça, « la forme » qui distingue les deux sœurs littéraires.

Ps, il est évident que, lorsque je parle de forme poétique, j’englobe dans cette catégorie les poèmes écrits en vers libres autant que ceux écrits en vers métriques.

Farfadet 86 05/10/2017 17:42

Bonsoir Alain,

J'apprécie ta visite, ta lecture attentive et surtout le propos de ton commentaire.

Oui, ce n'est pas une mince affaire que de "définir" la poésie... Qu'est-ce qui est poétique ? Quels poèmes correspondent parfaitement à cet art particulier de l'écriture désigné comme poésie.
Sans conteste, s'agissant de la forme écrite de la poésie, je me rallie à la description que tu en fais, soulignant l’importance de la forme devant primer sur le contenu (ou sujet ou thème). Tu approches ceci de ce qui est musique t'appuyant sur l'exemple des aèdes et autres bardes primitifs et précurseurs qui s'accompagnaient d'une lyre. Certainement qu'à l'origine, la poésie était incantation puis chant... je pense aux Védas (chants poétiques sacrés) de la civilisation antique de l'Inde.

Dans mon article m'appuyant sur un dialogue entre personnages imaginaires, je pose la question du genre poétique et de l'utilisation de terme "poésie" dans le langage courant de notre temps et en même temps que dans le registre correspondant de la poésie comme art de l'écriture.
Comme ce terme est galvaudé, je tente de lui trouver sa place...
J'en suis arrivé à admettre qu'au delà des critères du genre poésies et du classicisme et des codes de composition s'y référant, la poésie pouvait aussi avoir sa place dans des univers où, de prime abord, elle n'est nullement envisagée... et c'est en voyant un samedi soir dans une émission grand public (Le plus grand cabaret du monde ) une jeune femme ou jeune fille exécuter un numéro époustouflant (le mot est juste, on entendait que son souffle) d'équilibre de grandes baguettes plumées ou duveteuses posées les unes sur les autres selon un "croisillonnage" extraordinaire, perches qu'elle devait dégager du sol en cours d'édification sans rien faire tomber et où elles étaient étalées pêle-mêle telles les pièces d'un mikado... Il y avait de tout dans ce numéro mais aussi cette chose en plus qui tient à l'harmonie devenant émotion : de la poésie (celle-ci non écrite mais néanmoins manifeste).

Est-ce une extrapolation du sens contenu dans le mot "poésie" ? Une récupération triviale pour qualifier un moment chargé d'émotion, d’étonnement, voir d'admiration ? Il faut savoir, et je le dis de manière poétique, qu'il y a en chacun de nous, beaucoup de "musique intérieure"... alors, si elle fait écho à ce qui est musique de la poésie... se manifeste cette sublime vibration mentionnée à la fin de mon billet ...

Amitiés indéfectible des farfadets du Poitou.

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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