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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Auto Saga

 

Années 50… la terrible guerre est finie depuis 5 ans... en demeurent de nombreuses cicatrice et des ruines sinistres meurtrissant les paysages urbains...
Pourtant la vie a repris le dessus, on pense plus à demain qu'à hier... avoir une voiture pour se faciliter les voyages, gagner du temps dans ses déplacements, on y aspire fortement dans les chaumières !... Mais ça reste encore un rêve… Certains plus aisés, trouvent bien quelques guimbardes d'avant-guerre qu'ils achètent d'occasion parfois à coûts élevés...
Alors quand sortent des chaînes de Poissy les premières Vedette de Ford SAF, présentées en Octobre 1948 au Salon de Paris, devant prendre le relais de la Ford V8 - 472, c'est béa d'admiration que le grand public découvre cette belle voiture très inspirée par le style américain d'autant que ce modèle dérivé de la Mercury a été mis en étude dès 1941.
Il faut le dire, à cette époque après tant de privations et consécutivement à la venue des américains libérateurs et à leur installation dans des camps parcimonieux sur notre territoire, ils font référence en matière de joie de vivre, de confort et de décontraction. Alors, avec leurs voitures rutilantes de chromes, si imposantes par la taille, par leurs lignes élancées, par leurs courbes gracieuses et résolument modernes, face à nos berlines des années 30/40, encore très répandues sur nos routes, c'est le rêve américain qui prend toute sa place dans la société, elle aussi, en reconstruction.

 

Une ligne à l'américaine des années 40/50 type "fast-back"

C'est dans ce contexte que la Ford Vedette - une appellation flamboyante pour cette seule voiture à moteur V8 commercialisée à ce début des années 50 - prend sa place dans le paysage automobile français de cette époque . Heureux et rares sont les acquéreurs car elle coûte plutôt chère, surtout à ce moment où l'inflation se fait plutôt galopante.
Les premiers modèles sont affichés à 620 000 F en 1949 puis atteignent la somme conséquente de 845 000 F deux ans plus tard...
Il faut être riche, bourgeois ou haut fonctionnaire pour rouler en Vedette à cette époque là !

 

Contraste entre galbes métalliques et rusticité murale ...

Mais la comparaison avec ses homologues américaines s'arrêtent là car la Ford Française de la firme SAF dont les usines sises à Poissy sont dirigées par Maurice Dollfus, elle, toute « Vedette » qu'elle soit, à l'inverse, ne fait pas rêver les Américains... la cause : son petit moteur V8 de 2.2 L 13 CV fiscaux développant seulement 66 CV dérivé des Matford d'avant guerre (Voir article la Matford de mon père)
En fait, l'habit jeune et moderne cache une mécanique certes fiable mais obsolète par rapport à ce que les « ricaines » d'Outre-Atlantique propose en matière de puissance et de performances .

 

Un petit V8 à la française sur un châssis croisillonné

 

La mécanique de notre Vedette la place en comparaison parmi le lot des Tractions SIX, la 15CV, Salmsom S 4- E, l'Hotchkiss 13 CV, et en matière de performances, si les vitesses maximums sont à peu près identiques, les accélérations créent nettement la différence.
Le vedette accélère énergiquement jusqu'à 80/90 km/h mais au-delà, la courbe s'infléchit et la voiture manifeste une certaine mollesse ; elle atteint les 100 km/h en 28 secondes ce qui la déclasse en comparaison de ses concurrentes plus véloces .
La consommation, selon le mode de conduite et le profil routier emprunté, varie entre 12,5 l et 15 l au 100 km... Ce n'est pas non plus un modèle d'économie en matière de carburant.

 

Un tableau de Bord classique qui comportera de plus en plus de boutons et tirettes de commandes

A son actif, il faut reconnaître, qu'en son temps, face aux modèles de série les plus courants, la Vedette était une référence en matière de confort de roulement grâce à la douceur des suspensions, un silence de fonctionnement exemplaire, des détails d'équipements plus recherchés, pour résumer, une onctuosité, une efficacité, une fiabilité que, pour prendre la route, notre brave et perspicace commissaire Laviolette aussi épicurien que méthodique, savait lui aussi, en son temps, apprécier...

 

 

Et ce grondement sourd au démarrage ou en reprise du moteur V8 est un bruit qu'on ne peut oublier !...

La Ford commerciale "Abeille"...

Ford "Abeille" une limousine utilitaire...

 

A propos de cette auto, j'ai toujours en mémoire cette anecdote remontant à mon enfance du temps où nous demeurions à Lesparre (Gironde) où mon père tenait un garage de réparation automobile. Ce devait être au cours de l’Été 1952... Voilà qu'en fouillant dans les caisses d'accessoires j'avais trouvé un compteur vitesse pour vélo. Avec la complicité de Michel C*. jeune apprenti de 15 ans que mon père avait pris sous sa coupe nous en avons équipé mon petit vélo d'alors... Allant aussitôt faire l'essai je sors du garage en trombe et fonce sur le Cours Général De Gaulle, tête baissée, les yeux rivés sur le compteur fixé à la fourche de ma bicyclette et entraîné par un élastique courroie depuis le moyeu de la roue avant... J'ai dû à peine faire cinquante mètres car d'un seul coup je fus stoppé par la Ford « Abeille » du quincaillier-armurier en stationnement au bord du trottoir. Tu parles d'une piqûre ! Quel choc !... J'ai fait un demi soleil par dessus le guidon pour embrasser violemment le haillon de la voiture. . J'en héritais une jolie bosse au front et des égratignures aux coudes et aux genoux. La roue avant de mon vélo fut bien sûr bien pliée à presque former un « 8 ». J'eus droit aux réprimandes des parents et le vélo fut mis un temps au clou... Conclusion la Ford c'est fort et résistant, car l'arrière de l'auto ne comportait pratiquement aucune marque suite à ce choc...


NB : * Quelques années plus tard, nous apprenions la mort de ce jeune homme alors soldat en Algérie, capturé par le FLN, torturé puis exécuté. Nous fumes très affectés par cette horrible nouvelle...

 

Première image publicitaire du catalogue - Modernité et Dynamisme.

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Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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