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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #La pensée du jour
Contrairement aux Hommes, une Femme n’a pas besoin d’être célèbre pour être célébrée parce que, déjà comme Mère, elle ne peut être qu’honorée...
 
 Ma Mère aurait 109 ans cette année  ... 
 
 
Souvenirs de toi Maman …
Je me souviens d’un visage doux aux pommettes bien rondes,
Encadré de cheveux en boucles très bruns,
De grands yeux noisette mobiles et,
Soulignant ce regard expressif, des sourcils fins bien arqués,
D’un parfum délicat,
D’une voix chaude et tendre…
Tu es partie trop tôt, maman ! Encore jeune pour quitter la vie, j’avais 18 ans…
Ce 30 juin 1962, en prenant le car, place de la République, une pensée folle et tout à fait infondée m’était passé par la tête : j’avais embrassé ma mère pour la dernière fois… C’était insensé, ma mère était en parfaite santé et, avec mon père, ils projetaient d’aller prochainement, en vacances en Bretagne… Moi je partais faire mon service militaire, devançant l’appel. Le car dans lequel j’avais pris place me conduisait à Poitiers où j’allais prendre le train pour rejoindre ma garnison : Quartier Fayolle à Angoulême…
Tandis que je faisais mes classes, au cours des deux mois d’Eté qui suivirent, je reçus des lettres , des cartes de toi maman , tout allait bien pour vous à la Trinité/mer et puis il y a eu ce terrible télégramme du 3 septembre…
 
Ce matin du 30 juin 1962, j’avais bien embrassé ma mère pour la dernière fois… Un cancer à l’évolution foudroyante l’avait terrassée à l’âge de 54 ans. Mon père était effondré, j’étais perdu …
 
 
« Je chante doucement … pour oublier ma peine… » Cette rengaine d’un air à la mode à cette époque, résonnait en moi de façon obsessionnelle, les jours qui suivirent sa disparition …
Aujourd’hui ce douloureux et si triste événement est déjà bien éloigné dans le temps... pourtant, à son évocation, le souvenir de ma mère est encore brûlant…
C’est d’abord cette embrassade très forte, l’émotion palpitante dans ta poitrine et tes yeux embués de larmes juste contenues quand j’ai quitté la maison pour aller effectuer mon temps d’armée…
C’est ta déception de me voir délaisser les études au lycée, n’ayant pas le B.A.C. en poche pour rentrer dans la « vie active », passant d’abord par le service militaire dont je voulais m’acquitter au plus tôt …
 
 
C’est ton inquiétude, chaque jour, renouvelée, me sachant sur la route en vélomoteur pour aller au Lycée.
C’est la joie que je t’ai procurée quand j’ai obtenu mon B.E.P.C. en dépit d’une année scolaire sans résultats vraiment satisfaisants …
C’est ta tristesse de me savoir privé de sortie pour mauvaise conduite au collège où j’étais en pension, lors des visites hebdomadaires.
C’est ta douceur et ta mansuétude pour me pardonner ces frasques de mauvais potache.
C’est ton bonheur de me voir créatif dans mes jeux et activités graphiques…
C’est ta consternation de me voir délaisser les pratiques sportives pour les jeux d’intérieur …
C’est aussi ton courroux quand je rentrais après l’heure convenue, lors de mes escapades à bicyclette, les jeudi après-midi…
C’est ta fierté de me voir, petit homme, dans son premier costume avec pantalon parmi mes camarades, en procession le jour de ma communion.
C’est ta patience infinie pour me faire réciter mes leçons jusqu’à les restituer par cœur…
C’est ton attention, penchée sur mon épaule, pour me faire corriger mes fautes d’orthographe de tes dictées.
C’est ta rigueur pour m’obliger à rectifier une phrase mal construite, une idée mal formulée, refaire une rédaction bâclée ou tous devoirs scolaires mal présentés.
Tu aimais les belles lettres, les arts, l’esthétisme en conformité avec le soin que tu apportais à la présentation de ta personne, ta coquetterie de femme qui ne se négligeait aucunement, soignant sa mise et portant toujours avec distinction des toilettes sobres sans être strictes, se mariant avec le bon goût…
Tu aimais la propreté sur soi, autour de soi et, aux tâches ménagères te vouais avec application sachant aussi préparer de bon petits plats, prenant plaisir à régaler notre petite famille.
Tu savais aussi converser et, avec une dialectique remarquable, tenir des raisonnements difficilement réfutables. Ceux-ci, alliés à un bon sens et à une perspicacité affûtés, te permettaient de maîtriser le rédigé de tout le courrier des affaires du foyer et mêmes celles, commerciales, attenantes à la profession du père… Tu aurais fait une excellente avocate maman !...
Mère exemplaire qu’admirait son petit garçon, tu es partie trop tôt et nous n’avons pas pu nous rencontrer sur le mode adulte car j’étais encore enfant lorsque je suis allé faire mon service militaire.
 
Mais pour une mère, son fils, même avec plus de 70 ans, c’est toujours son enfant … et pour lui, éternellement, ce sera sa Maman…
 
 
 
Dans le couple humain la femme, uniquement, porte et met son enfant au monde, elle vibre avec cette vie en devenir et souffre pour la rendre présente ici-bas, Mais avec quel ravissement et quelle infinie tendresse elle suivra, tout au cours de l’existence, son « Petit », avec l’immense regard du cœur…
Hommes n’oublions jamais cela !

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Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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