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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Romans - Nouvelles - Brèves, #Les clins d'oeil du Farfadet

Une farce néo-médiévale en 4 actes du Farfadet

1 - Perc(H)eval le Gave Roi...

" Sire, y'a plein de bruit, là ! Si ça se trouve c'est bourré d'oiseaux venimeux. Y'en a des rouges, des jaunes, des re-rouges et des pourpres ! Y bouffent que des noisettes et des escalopes de veau. Et quand ils vous donnent un coup de bec vous voyez une grande lumière et ça vous donne la diarrhée ! "...

 

Le roi s’était endormi et cauchemardait sur son « trône » et c’est son ventre qui gargouillait… les coups de becs, c’étaient des coups d’estoc… les escalopes… humph … les chairs meurtries d’un chevalier qu’un vil valet venait d’écorcher jusqu’à ce que mort s’en suive… la diarrhée … oh Pouhassofion !... - Qu’on me torche le cul  vite ! - La valetaille accourt et lui essuie les fesses… Retour sur le trône, cérémonial, celui-là… des cris des rires au bas de la tour… Le roi se lève et va voir d’où vient ce tumulte…

 

Arthur

-    Qui est ce gourgandoy qui tient mon hanap ?

Key

-    C'est une fripouille qui a occis le chevalier Vermeil...

Arthur

-    Qu'on m'amène ce bouffon, je lui ferai la leçon...

Mouvements et bruissements ferrailleux à la cour... on ramène le sujet en question...

Perceval

-    Ah ! Arthur enfin vous !...

Arthur

-    Eh manant, tu ne salues pas ton roi !

Perceval

-    Pourquoi le ferai-je si le roi, en premier, ne me salue pas ?

-    Trudifaron et Poutrecasse tu es, morvioux, bien insolent !...

-    Un sot, je veux bien mais lent, j'en croirai rien...

-    Tu te moques de ton roi, foutriquet !

-    Je vous ramène votre hanap...

-    Cela me réjouit, j'en conviens...

-    C'est l'autre gougnafier qui vous l'avait piqué...

-    Honte m'a fait ce félon arrogant !...

-    Eh bien, le mal est réparé, le voici étendu raide dans le pré.

-    Dis-moi, « trompe-la-mort », quel est ton nom ?

-    Mon bon roi, au bon endroit, hélas, je ne m'en souviens plus...

-    Comment cela tu ne t'en souviens plus ?

-    Ma mère me disait Beaufils ou bien Beaucherfils et parfois Monmignonnnet et Monpetitgarçon... retenez, Messire, celui qui vous plaira.

-    Ce ne sont là des noms mais des appellations...

-    Alors à vous, revient de me donner un nom.

-    Tu es bien audacieux, vil valet ! Je ne suis pas ton parrain...

-    Vous êtes roi, ce n'est pas rien, et tant que vous y êtes, me ferez aussi chevalier...

-    Trudigon et Rossebouc là, tu exagères !

-    Mon roi, enfin, je ne suis pas Xagère, tel nom ne me convient point...

-    Mais Poutrenoeuil j'ai dit que tu abuses !

-    Non messire je n'ai pas de buse, pas de faucon, ni un vrai, je le jure par devant la croix, foi de moi !

-    Ne jure pas devant l’Éternel chenapan !

-    Alors vous m'armez chevalier oui ou non ?

-    On exige rien de son roi, surtout pas une armure...

-    Alors à quoi sers-tu ? Dis ! Arthur ! ...

-    Oh Palsanku et Grossermite le voilà qui m'apostrophe !

-    Roi Arthur ne te fâche pas, sois mon bon Papa, je serai ton bon petit gars…

-    Ah, tu reviens à de meilleurs sentiments petit gourgandin...

-    Oui, j'attends que tu me donnes un nom et une armure...

-    Bon ! Le nom ? … Hem... voyons comme je te vois ici, devant moi… lalilalère quel nom reste dans l'air...  -  il chante : " J'ai des haricots, mais pas de petits pois, fais moi bon fricot, dehors il fait froid, avec un perdreau, ou bien une grasse oie, moi j'habite Camelot et je suis le roi, quel nom a cet idiot, lui ne la sait pas, un enfant dans le dos, Guenièvre t'as pas l'droit ! J'aime pas ton lance-lot qui tient son pal droit…" - il s'arrête soudain puis réfléchit … Bon ! Je m'égare là … hum… SANCANASSON ! Tiens, ça c'est pas mal. Hein  !

-    Sancanasson !... Ah non ! ça ne me plaît pas, mon bon roi, mais vraiment pas !

-    Perd-cheval, alors...

-    Percheval !... Ah oui ! ça c'est bien mieux mon bel Arthur !

-    Va pour Percheval...

-    Bon, grand Arthur, à la noble ceinture, jolie figure et contre face de hure, pour que je le perde, il faut d'abord que tu m'en donnes un…

-    Un quoi ? Vaurien !...

-    Un cheval ! Mon roi !

-    Tu veux un destrier maintenant ?

-    Pourquoi trier, le premier venu ira bien...

-    Tarvagon et Chantrepois tu me brises la pensarde, tu m'escagasses les noix !

-    Ne t'énerve pas Arthur, je sais où trouver tout cela si tu m'en donnes le droit...

-    Hein ! Qu'est-ce qu'il dit, le va-tant-guère à qui si peu faut...

Key, agacé par cette discussion :

-    Il dit qu'il va se débrouiller tout seul pour quérir ce qu'il veut, à condition que vous lui donniez votre bénédiction...

-    Mais Key, je ne suis pas prélat pour le bénir ce foldingoy écervelé...

-    Dites oui, à tout ce qu'il vous demandera, à présent, il vous obéira, croyez en votre dévoué sénéchal.

-    Bon Percheval que veux-tu de moy ?

-    Le cheval et l'armure de qui j'ai occis...

-    Et bien prends l'un et l'autre, ils sont à toi !...

-    Merci Arthur, t 'es un vrai Roi… - il sort puis revient sur ses pas… - Ah oui  pour Percheval... Arthur, il faut enlever le « H » de ce nom...

-    Le « H » mais pourquoi ?

-    Parce qu'on peut aussi l'aspirer...

-    Hein ! …

-    T'occupe, mon bon Arthur ! La légende s'en souviendra, elle !

-    !!!!

-    Oui ! Un certain Crétin* de Troyes … lui, l'écrira… - il s'en va…

-    !!!!

-    Ah crotte au nez et vert missel !… * là aussi le « H » a été aspiré...

2 - Heaume et gars...

Grand vacarme dans les escaliers du donjon...

 

Arthur

-    Qu'est-ce encore tout cette bringuebalade assourdissante

Key

-    C'est lui qui revient

-    Qui ça lui ?

-    Le petit niais exalté que vous avez autorisé à s'équiper avec les armes de Vermeil, Sire.

-    Percheval !...

-    Lui-même, mon roi !

-    Mais que me veut-il encore ?

-    Je ne sais pas Sire, le voici qui monte avec armes et équipage …

-    Équipage ?

-    Oui équipage : le tirant par les pieds, il traîne Vermeil encore en armure, et le cheval suit, c'est ce qui provoque tout ce raffut.

 

Perceval arrive dans la grande salle … il est essoufflé, lâche la jambe du chevalier occis  qui en retombant au sol, fait autant de bruit qu'un lot de casseroles dégringolant d'une étagère. Un splendide destrier noir apparaît à sa suite.

Perceval

-    Salut Arthur me revoilou !…

Arthur

-    Une invasion  de niais, manquait plus que ça !

-    Allons mon roi, reprenez-vous, nous ne sommes que trois : le dada, le décédé et moi, le dadais... à  vous, on ne fait pas peur tout de même !...

-    Oh si !

-    Mais qu'est-ce qui vous fait peur, mon bon roi ?

-    Vous Percheval ! Vous !

-    Moi !

-    Oui Toi !

-    Mais pourquoi ?

-    Pour tout ça ….

-    Tout ça quoi ?

-    Tout ce que tu trimbales …

-    Ce que je trimbale ? Bon... eh bien ce que je trimbale, comme tu dis Arthur, c'est d'abord ce chevalier résistant …

-    Résistant ?

-    Oui il est coriace le bougre !...

-    Mais il est mort.

-    Pas tout à fait...

-    Pas tout à fait ?

-    Oui, il résiste encore.

-    Mais comment peut-il résister alors que tu l'as occis.

-    Je ne peux le déloger de son armure.

-    Comment cela ?

-    Impossible de récupérer sa cuirasse, ça lui colle à la peau.

-    Ah mais tu t'y prends mal, faut commencer par le haut...

-    Par le haut ? Ah non ! Par le bas d'abord...

-    Mais non, te dis-je, on se défait de son armure en commençant par le haut.

-    C'est faux, mon roi, il faut procéder à partir du bas...

-    Mais, Congreraci et Chanteclou, je te dis qu'il faut d'abord enlever le haut !

-    Et moi je dis le bas.

-    Le haut !

-    Le bas !

-    Haut !

-    Bas !

-    HAUT !

-    BAS !

-    HAUT ! HAUT ! HAUT !

-    BAS ! BAS ! BAS !

-    OH ! OH ! OH !… je vais l'étrangler le niais-niais !

-    Bon Arthur, calmos, hein ! On va enlever le haut.

-    Ah ! Enfin tu m'écoutes, sacripant ! Bien, d'abord on enlève le heaume...

-    Le heaume ?

-    C'est la partie métallique qui protège la tête...

-    Je tire dessus ?

-    Attends malheureux ! Il faut d'abord défaire les courroies en bas...

-    En bas ! Tu vois, j'avais raison...  en bas …

-    En bas du heaume, à la base, si tu préfères.

-    Ah oui ! Le bas du heaume, en haut !

-    Bien sûr, nigaud, le heaume n'est pas en bas...

-    Et s'il y a un bas du haut, il doit nécessairement y avoir un haut du bas...

-    !!!  Euh pour l'instant, tu délaces de bas en haut …

 

Après bien des péripéties Perceval parvient à retirer le heaume. Apparaît la tête du chevalier Vermeil que, jusqu'à cet instant, nul n'avait vue...

-    Il en fait une tronche celui-là ! Il n'a pas l'air content hein ?

-    Pourquoi voudrais-tu qu'il soit content, il est mort.

-    Au contraire il devrait être soulagé maintenant ; finis les soucis pour lui...

-    Mais il tenait certainement à la vie et c'est pour ça qu'il fait la tronche, c'est parce que tu lui as ôté la vie.

-    Ah il n'est pas content de son sort alors... c'est bien regrettable tout ça… bon ! On continue à le désosser le tronche-montagne  ?...

-    Écoute Percheval

-    PERCEVAL sans « H » Arthur ! Souviens-toi,  tête de linotte !... Euh... pardon mon roi …

-    Écoute PERCEVAL tu me gaves avec tes histoires et tes glandouilleries à répétitions, j'en ai ras le bassinet de toutes tes cornichonneries... Alors ton chevalier en Armure  pas encore en pièces, son destrier et toi, vous allez me foutre le camp de cette salle, je vous ai assez vus... Entendu ! 

-    Oh mon petit Arthur, mon gentil couronné, soudain courroucé, repousse-moi cette ire illico ! Un bon roi doit se montrer magnanime, prévenant et serviable pour ses sujets... Et moi je suis ton sujet préféré je le sais, c'est mon petit doigt qui me l'a dit, voui voui voui ... 

-    Troudemythe et botte-en-paille, Key virez moi ces opportuns !

Key

-    ça va pas être facile...

Arthur

-    Et pourquoi Monsieur mon Sénéchal ?

-    Parce que le cheval n'aime pas descendre...

Perceval

-    Il dit vrai votre maréchal,  mon bon roi, les chevaux montent volontiers mais descendent très difficilement, parce qu'ils ont peur du vide.

-    Troudiou de Foutrenbiais, toi le valet de service, ferme-là, et ce cheval, monte le sur le champ !

-    Mais sir, il est déjà monté en cette tour...

-    Poutrenzinc et Pâlesoupierre, Percheval tu m'exaspères, je dis : monte en selle !...

-    Ah là, mon bon roi, vous faites une grave erreur. Enfin, rendez-vous compte un peu de la situation, si je monte en sel, je vais être hypertendu, le cheval va le sentir et ne voudra jamais redescendre …

-    Key, voulez-vous bien mettre notre ami Percheval en selle sur ce destrier, fouettez la croupe de ce dernier et hop qu'il galope loin d'ici !...

Le Sénéchal  exécute les ordres donnés par Arthur et en un éclair, Perceval se retrouve à califourchon sur le noir destrier. Toutefois, en dépit des recommandations de son roi, Key ne fouette pas la croupe de l'animal mais va lui parler à l'oreille... aussitôt le cheval s'engage dans l'escalier avec son cavalier et le dévale, quatre à quatre, dans un galop d'enfer. On entend hurler Perceval jusqu'au fin fond du Comté...

Arthur

-    Mais dites-moi mon cher bienveillant et fidèle ami, qu'avez-vous donc dit à l'oreille de ce rétif cheval pour qu'il détale dans l'instant...

Key

-    Sire, je lui ai dit ceci : « Dis, prétentieux destrier, tu serais donc qu'un con de cheval pour être monté jusqu'ici et être incapable de redescendre... »

-    Et ça a suffit  pour le convaincre ?

-    Mais sir, les chevaux, que croyez-vous, ils ont su conserver honneur et dignité, eux !...

3 - Adoube-moi...

Arthur

-    Il est parti comme il est venu... dans un grand tumulte....

Key

-    Oui sir, ce valet provoque beaucoup d'agitations. Toutefois, il a laissé le cadavre et son armure.

-    Ah oui on l'avait oublié celui-là … Trudiou qu'est-ce qu'il fouette le Vermeil !

-    Effectivement Sir... il faut l'évacuer

-    C'est à Percheval de le faire, qu'on aille chercher cet étourdi !...

-    Sir, ça ne va pas être facile...

-    Et pourquoi Monsieur mon Sénéchal ?

-    Mais parce qu'il se trouve maintenant loin d'ici, le destrier vexé dans son amour propre est parti pour une course d'au moins 6 lieues sans aucun arrêt.

-    Ah ! Eh bien au moins, nous ne sommes pas prêts d'être importuné par ce gourgandoy …

-    Donc il faut évacuer la dépouille de Vermeil nous même Sir. Doit-on lui faire une sépulture ? On ne peut décemment le laisser pourrir comme ça au grand air...

-    Key ! Vous n'y pensez pas… après l’affront fait à ma personne et à la reine, il ne mérite pas d'être enseveli sur mes terres...

 

Bruits de pas et d'essoufflements dans l'escalier... Perceval apparaît ruisselant, le visage enduit de vase, une feuille de nénuphar sur la tête.

 

Arthur

-    Flutesantrou et Cordechiasse, revoilà notre grand benêt... Oh mais il a reçu une bonne trempe on dirait !...

Perceval à bout de souffle

-    Arthur adoube-moi !

-    Eh Foutriquet ! On commence  d'abord par saluer son roi et quand on a une demande à faire on ajoute s'il vous plaît...

-    Salut Arthur... adoube-moi s'il te plaît...

Arthur s'agrippe à son trône pour ne pas s'emporter. Il fronce les sourcils au point qu'on ne voit plus ses paupières et que sa moustache lui rentre en partie dans les narines dilatées.  S'étant un peu levé, il lâche un pet monstrueux... silence … on entendrait une mouche voler... enfin, c'est une expression... parce que les mouches dans l'environnement, elles étaient nombreuses, vous imaginez sans difficulté pourquoi, et bien, elles sont maintenant toutes à terre, asphyxiées par le terrible vent émis par le roi.

-    Cornebouillasse qu'est-ce que ça fait du bien ! ...

-    Je vous crois mon bon roi... ça ce n'est pas un pet de nonne, mais un pet royal... ah l'odeur est sublime, inoubliable, majes...tueuse, c'est ça : tueuse.... jeheeeh !

-    Bon Percheval cesse tes compliments à la …

-    Perceval sans « H » sire ! Vous avez encore oublié...

-    Raaaahhh… - exaspéré, Arthur se ravise aussitôt et, tout doux  : Bon,  Perceval tu veux que je t'adoube chevalier, c'est bien beau cela, mais moi je vois que tu n'es pas prêt...

-    Comment ça pas prêt !... mais je n'attends que ça...

-    Dans cette tenue ?

-    Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ma tenue ?...

-     Mais Perceh... Perceval, t'es tout cradingue et tu pues horriblement, on dirait que t'as pris un bain dans les douves du château et puis tu n'as plus de cheval...

-    Ah le cheval sir, parlons-en, il m'a joué un vilain tour… on fonçait droit devant, lui et moi quand, soudain, j'ai vu cette mare... alors je lui crie : "contourne la mare idiot !" … eh bien, ce putain de destrier, lui, il a poursuivi tout droit, au grand galop et, au bord de l'étang, a freiné des quatre fers brusquement, si bien que me voilà parti dans les airs avant de plonger dans cette fange marécageuse et lui, ce connard de destrier, il est reparti par la gauche, il a bien contourné la mare mais sans moi…

Arthur part dans un grand éclat de rire, se tape sur les cuisses à plusieurs reprises et libère un nouveau vent...

Key

-    Perceval tu as agi comme un gros sot, on ne crie pas après son cheval ; pour qu'il obéisse, il faut lui parler doucement à l'oreille..

-    Ah oui comme vous avez fait, maréchal… j'avais oublié voyez-vous... 

Arthur - qui a du mal à réprimer son fou-rire -

-    Eh bien voilà, t'as perdu ton cheval  Perch... Perceval...

-    Bah oui … mais ... alors tu ne peux pas m'adouber

-    Eh bien non, mon brave, un chevalier sans cheval ce n'est plus un chevalier...

-    Ah que c'est navrant !...

-   (ravi) N'est-ce pas...  

 

Bruit de sabots dans l'escalier du donjon … apparaît le destrier noir… profond hennissement...

Perceval ému

-    Ah le revoilà mon gros bidet intrépide… - regard acerbe du destrier à l'attention de Perceval -  C'est parfait, alors comme ça, maintenant que le cheval est revenu, Arthur, tu vas pouvoir m'adouber...

-    Ah non ! Tu ne vas pas recommencer avec tes caprices de jouvencelle, dis, mon petit Perceval !... Un peu de patience... on ne devient pas chevalier comme ça, à la sauvette...

-    A la sauvette ! T'en a de bonnes, Arthur... à la sauvette !… Qui c'est qui se sauve, hein ?... Le cheval en premier et puis toi, le roi qui se débine au moment où l'on a le plus besoin de ses services...

-    Troncsanstorse et Corcetdebois, Perceval ça suffit je ne t'adouberai pas maintenant et tu n'insistes plus …

-    Quand alors ?

-    Quand ça sera le moment

-    Et quand ce sera le moment ?

-    Quand je l'aurai décidé.

-    Ça va demander du temps ?

-    Le temps qu'il faut...

-    T'es long à te décider... c'est ça ! T'es un roi hésitant... un roi mou... un roi fainéant... un roi...

-    OHOHOH !... Drakarapied et Wikingsec ! Key vire le, le Percheval... y me gave avec ses jérémiades !...

-    Sire ça ne va pas être possible !

-    Et pourquoi, mon bon Sénéchal ?

-    Parce que voyez-le, il vient de tomber brusquement à terre, pris de convulsions, et il bave pire qu'un crapaud …

-    Qu'est qui lui arrive tout à coup à notre freluquet ?...

-    Il fait une crise d'épilepsie

-    Hein ! Une crise d'ineptie plutôt...

-    Non sire, c'est bien plus grave, voyez ses yeux révulsés...

-    Qu'est-ce qu'il faut faire ?... Au secours !... Au secours !...

-    Sire, ne gueulez pas si fort, il n'entend rien... attendez je vais essayer quelque chose.

Key s'approche de Perceval en transes et se penche à son oreille. L'effet est miraculeux. Le jouvenceau se redresse aussitôt ; il est comme sidéré et sourit béatement à son entourage...

 

Arthur

-    Mais Key, qu'est-ce que vous lui avez dit, à lui, pour qu'il sorte aussi subitement de sa crise ?...

-    Rien sire, rien...

-    Rien ! Mais alors pourquoi s'est-il réveillé comme ça brusquement ?...

-    Ah sire, c'est de la psychosomatique délirante...

-    De la psycho... quoi !

-    Cherchez pas Sire, c'est très complexe, voyez-vous... en fait, Perceval s'attendait vivement à ce que je lui dise quelque chose... et comme je ne lui ai absolument rien dit, ce fut un choc énorme pour lui… alors, ça a suffit pour le sortir de sa crise…

-    Ah bon ! Qu'est-ce qu'il est bête ce garçon !...

-    Oui Sire… c'est rien de le dire...

4 - La Trépignante

Perceval s'incline devant toute l’assistance puis se met à chanter et danser en même temps… sur l'air de l'honorable Troubadour Jean-Jacques Goldman : Envole-moi

 

Enfin j'm'élève, en haut des tours,

Pour faire le beau, tirant l'idiot jusqu'en la cour,

Où Arthur siège, Guenièvre en pleurs,

Le Sénéchal me toise et me fait peur.

 

J'ai bien choisi, de venir ici,

Mon ignorance et ma vaillance m'y ont conduit.

J'en sortirai, j'me le promets

Preux chevalier et, entre tous, seul vrai héros !

 

Adoube-moi ! {3x}

Sors-moi de cette capacité à faire l'idiot

Adoube-moi ! {2x}

Mets dans ma tête d'autres chansons, des airs nouveaux.

Adoube-moi !

 

Pose pas de questions, mon roi mignon,

J'sais pas répondre, faute aux neurones qui sont pipés.

Regarde ma face, j'suis bienheureux,

C'qu'y a dans ma tête, hors toute raison, c'est pas sérieux ...

 

L'a pas choisi, de m'suivre ici

Le félonneux auquel je viens d'crever l'bidon,

J'le sortirai, de son armure,

Son destrier aime les murmures...

 

Adoube-moi ! {3x}

Sors-moi de cette capacité à faire l'idiot

Adoube-moi ! {2x}

Mets dans ma tête d'autres chansons, des airs nouveaux

Adoube-moi !

 

M'laisse pas comme ça, use de ton droit,

T'as vu que je ne suis pas le dernier au combat...

Adoube moi, j'suis ton soldat,

J'vais te montrer que j'ne crains pas d'aller au trépas.

 

Adoube-moi ! {3x}

Tes compagnons, moi je ne leur ressemble pas...

Plus crétin qu'eux, ça j'le crois pas...

Adoube-moi !  J'ne veux surtout pas finir comme ça

Adoube-moi ! Adoube-moi ! Adoube-moi !

 

Arthur

-    Il est bien meilleur troubadour que chevalier, ne pensez-vous pas Key ?

Key

-    Si fait, il gambille bien – s'adressant à Perceval – Dites-moi, gentil damoiseau, quel est cette danse ?

Perceval pris au dépourvu...

-    Heu.. c'est à dire qu'en danse, je ne m'y connais pas mon maréchal...

Key insiste

-    Pourtant vous avez le rythme dans la peau ; expliquez-nous donc votre pas.

Perceval embarrassé réfléchit...

-    Hemm .. vous partez du pied gauche et faites : tap tap tap gauche  puis tap tap  tap droit  puis après : gauche droite gauche - droite gauche droite  ensuite pas du lapin : gauche gauche droite on lève la patte … euh... la jambe droite, et droite droite gauche, on lève la pat.. la jambe gauche... essayez avec moi...

Imitant Arthur et Key, toute la cour s'y met avec entrain tandis que Perceval reprend sa chanson « adoube-moi »...

Key s'arrête soudain, soliloque puis s'exclame :

-    On a la filante, la Courante, le Branle simple, le Branle double, la Chapelloise, la Courteline, la Maraîchine, la Nigaude… voyons voyons... ah ça y est ! J'ai trouvé c'est la Trépignante... Perche... Perceval, cher ami ! Vous venez d'inventer la TREPIGNANTE …

-    Hein quoi ! La Trépignante mais ça c'est quand on a envie de faire pipi, enfin mon maréchal...

-    Ou quand on fait ses caprices d'enfant gâté…

-    Oui bon.. moi je trépigne quand j'ai une forte envie de pisser …

Arthur

-    Mon bon Cheval... euh pardon mon bon Perche... Perceval, vous venez de nous faire une démonstration magistrale de vos dons de danseur, de conteur-chanteur alors...

-    Vous allez enfin me faire chevalier...

-    C'est à dire que vous avez bien plus l'étoffe d'un troubadour que d'un chevalier, voyez-vous

-    Mais Sir, je n'ai que faire de l'étoffe d'un trou-d'amour (?) moi, je veux le cuir et la cote de maille du chevalier...

-    Perceval sois raisonnable enfin...

-    « Adoube-moi... adoube-moi... adoube moi...aaaaa... ». toute l'assemblée enchaîne et reprend en chœur et en pas de danse la chansonnette de Perceval.

-    Vois ça ! vois çà ! … Tu te rends compte du succès que tu as ! Tu as toute ma cour à tes pieds Perceval ! Et la Reine te gratifie de son plus joli sourire. Tu fais un vrai tabac mon ami ! A partir de cet instant, je t'engage comme troubadour...

-    Mais je ne veux pas être trou-damour moi ! Je veux être CHEVALIER !...

-    Tu seras troubadour !

-    Non !

-    Si ! 

-    J'veux pas !

-    Rien à faire ...

-    Adoube-moi !

-    Sûrement pas....

-    Adoube-moi, te dis-je ! 

-    Je ne t'adouberais pas

-    Si  ! Tu m'adouberas…

-    Et pourquoi je t'adouberais ?

-    Parce que je le veux !

-    Eh bien moi, je ne le veux pas !

-    Ah c'est comme ça !... Et bien je refais une crise…

-    Noooon !

Key

-    Sir adoubez-le qu'on en finisse !

Arthur

-    Bon… hésitations... puis … « clignotants droit*: tactac tactac tactac - rétroviseur : rien - ligne droite - pas de bande blanche - c'est bon j'y vais !... »

Key sidéré de voir le roi effectuer cette curieuse gesticulation sur son trône...

-    Sir que vous arrive-t-il  ? je ne saisis pas…

-    Mais Key, ne m'avez vous pas dit à l'instant : « Ah doublez-le qu'on en finisse ! »...

 

Ah là, mes bons amis, je crois bien, qu'à ce tournant de l'histoire, nous débouchons vraisemblablement sur une toute autre route...* de Grande Bretagne assurément... la légende n'a pas d'âge, voyez-vous...

 
 

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alpero 11/05/2017 12:33

Patrice, tu me feras toujours rire... tu es digne, vraiment, de faire partie de la cour de cet Arthur là !

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FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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