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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Romans - Nouvelles - Brèves, #Les clins d'oeil du Farfadet
Pour un sacré brassage dans le temps !

Pour un sacré brassage dans le temps !

  • Qu'est-ce que tu nous chantes là encore Vincent ? L'hyperloop c'est quoi ce monstre ? Un engin à grossir le laps de temps pour réduire les distances ou le contraire ?...

  • Mais tu n'y est pas mon pauvre Hector, ce n'est pas une loupe c'est un compartiment de train supersonique qui se déplace dans un tube géant...

  • Ah je vois et on jaillit de ce tube comme du dentifrice dès le Signal du départ… hi ! Hi ! Hi !

  • Tu le fais exprès de ne pas comprendre...arrête de dire des conneries... écoute plutôt mes explications puisque je l'ai pris la semaine dernière le lendemain du voyage inaugural.

  • Et d'où es-tu parti ? Vers quelle destination ?

  • Mais bon sang de bonsoir, tu ne lis pas les journaux ni ne regardes la télé ! C’était mardi dernier entre Belouville-le-Vieux et Saint-Miroir-Auzalhouët distant de 108 kilomètres dans la région Crêpe & Cidre*… on a assez parlé tous ces jours-ci.

  • Oh mais je ne suis pas comme toi mon cher Vincent, suspendu aux nouvelles du jour, à me scotcher pendant des heures devant un écran quelconque ou à dévorer les bafouilles des quotidiens à chaque petit-déjeuner.

  • Cesse de faire le grincheux blasé et regarde donc cet article dans le « Sac à DOS » de ce matin. Jean de la Source, chroniqueur en chef, nous conte son voyage . Lui sera mieux que moi te convaincre puisque tu ne me crois pas :

  • Attends, je vais chercher mes lunettes, pour lire, moi aussi, j'ai mes hyper-loupes...

 

« Il est 8 H45… Avec 18 autres membres de la presse, invités pour le voyage inaugural du « Pousse-au-train N° 0001 » nous pénétrons dans le sas d'embarquement. Bruit très atténué de portes coulissantes... 20 longues secondes d'auto-rotation et nous sommes projetés tout en douceur dans le compartiment qui nous est réservé. Incroyable, sans nous en être rendu compte, chacun se retrouve bien assis et parfaitement sanglé à la place correspondant à son billet.

8 : 59. 55. Vrombissement strident... léger tremblement sous nos pieds... retour au silence feutré. L'éclairage du compartiment vire du bleu au violet puis pâli...

9 : 00. 00. Une phénoménale poussée nous fait entrer dans la mousse ADP (Auto-Déformante Progressive) de nos sièges intégraux... j'ai soudain la nausée, dans mon estomac, mon petit déjeuner prend le parcours inverse...

9 : 00. 04. L'accélération a cessé aussi subitement qu'elle s'était manifestée au moment du départ. Nous émergeons de la mousse. On est parfaitement bien assis et calé dans nos fauteuils.

9 : 00. 08. la ravissante hôtesse rousse de notre compartiment s'est dégagée de son harnais de sécurité. Eulalie de Montenlère, c'est ainsi qu'elle se présente, sert là chaque passager le soucho-calva traditionnel.

9 : 01.00. Une voix suave annonce. Chers heureux passagers du Pousse-au-train N° 0001, nous venons de franchir avec succès la vitesse du son. L'Hyperloop va atteindre sa vitesse maximum dans 15 secondes nous nous déplacerons alors, à 1444 km/h pendant 2 minutes et demi, avant d'amorcer la décélération.

9 : 03. 34. Notre charmante hôtesse réintègre sa place et son harnais de sécurité. Elle nous a recommandé de ranger nos verres dans le fourre-tout de l'accoudoir gauche de nos sièges.

9 : 04. 00. L'éclairage d'ambiance se fait plus intense.. du violet, il vire au bleu azur. Un rapide effet de souffle vient nous rafraîchir.

9 : 04. 09. Je sens les sangles de mon harnais presser de plus en plus fort contre mon thorax. De part et d'autre de l'appui-tête sortent deux mordaches courbes garni de mousse qui se rejoignent pour enserrer ma tête au niveau du front... la décélération a commencé... Je suis comme pétrifié, les membres dur comme du bois, la langue desséchée, le gosier en zinc, les yeux exorbités...

9 : 04. 47. fin de la compression... je découvre que mon voisin de siège à ma droite est une passagère...elle me sourit ...

9 : 05. 00. Nous voici de nouveau dans le sas d'embarquement parvenu là on ne sait comment. Je cherche du regard ma voisine... elle a disparu... panique... je me retrouve tout seul … la lumière s 'éteint et voilà que tout se met à tourner autour de moi… un bruit sourd… »

 

Ding-ding-dong !

  • Madame Pillet ?

  • Oui, c'est moi … c'est à quel sujet ?...

  • On vient de transporter votre mari à l'hôpital Bonsoin...

  • Hector ! Mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé  encore ?...

  • Rassurez-vous, rien de bien grave... on l'a retrouvé ce matin sur le chantier de la Courneuve entrain de délirer, lové dans une bétonnière. Quand on l'a sorti de là, non sans mal, il n'arrêtait pas de nous demander s'il était bien arrivé à Saint-Miroir-Auzalhouët. Vous savez où ça se trouve ?

  • Non !... Connais pas ce bled... mais alors, il devait encore tenir une sacrée cuite mon Hector...

  • C'est bien possible car à peine rendu à l'hôpital il a sauté sur la première infirmière qui passait à ses côtés en criant : « Ah ma jolie voisine d'Yperloop, vite il faut vous débarrasser de votre harnais... allez ! Allez ! On est arrivé ! » et le bougre, il voulait absolument dégrafer son soutien-gorge. Il a fallu quatre infirmiers pour le maîtriser...

 

NB : la région Crêpe & Cidre*... vous devinerez aisément où ça se trouve...

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Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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