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Le Mirebalais Indépendant

Bienvenue à Mirebeau en Poitou.

"Le Passé m’est tellement Présent à l’esprit, qu’ici, il s’offre un Avenir… "
Parole de Farfadet.


Publié le par FARFADET 86
Publié dans : #Les clins d'oeil du Farfadet

« La fureur des hommes n'a d'égale que leur incommensurable bêtise... »

 

Une plongée au début du XIXe siècle dans ce « Nouveau Monde » investi par les exploiteurs, les négriers, ces colons de tous poils venus de l'Europe, à cette époque, sous le joug des redondantes conquêtes napoléonienne...

L'histoire débute sur l'ile Saint Domingue en 1804 quand les noirs en esclavage se révoltent contre leurs maîtres qui, en représailles, vont se faire bourreaux et perpétrer des massacres qui mettent l’île cernée par la flotte anglaise, à feu et à sang...

De ce déluge de fer de sang et d’os, ne survit qu'une petite fille noire. Recueillie par deux Français Augustin et Solange Fornier.  Obligés de quitter l’île en rébellion, ils l'emmènent avec eux, sur le continent et s'installent dans la tumultueuse ville de Savannah au Sud des États-Unis...

 

Là commence le périple de Ruth qui, d'enfant rieuse, véritable bougillon, délurée et attendrissante va devenir la Mama de plusieurs familles avant d'être celle de la fille de Solange, Ellen, laquelle donnera le jour à Miss Katie Scarlett O Hara, l'héroïne de « Autant en emporte le vent » ... 

 

Donald McCaig, l'auteur de ce roman «  Le voyage de Ruth » nous entraîne dans cette « Amérique » cosmopolite encore toute jeune et en construction. Terre de promesses prolifiques, terres conquises et aussitôt exploitées, terres d'abondances, de liesses, d’excès en tous genres mais aussi de heurts et de malheurs où la vie d'un nègre pas plus que celle d'un indien autochtone, ne vaut rien, comparée à celle d'un blanc dominateur esclavagiste ayant souvent conduite indigne, justifiant ses exactions par son attachement à la religion des chrétiens, évangéliste ou papiste...

Des Noirs affranchis, il y en a quelques-uns tel que Jehu disposant d'un talent réel, d'un tour de main peu commun pour réaliser des escaliers en bois. Sa renommée parfaitement établie, associée à son esprit d'entreprise, sa disponibilité et son courage au labeur, lui permettent de se considérer comme l'égal d'un blanc devant lequel il n'a pas à s'incliner de gré ou de force...

La Religion, les noirs, libres ou esclaves, l'ont aussi acquise par l'enseignement ou la lecture et par, cette dernière, une interprétation différente des écritures saintes se révèle à eux, leur permettant de comprendre que, eux aussi, on droit à la juste considération, à l'équité et à la dignité humaine... cela conduira, ceux d’entre eux jugés frondeurs et arrogants, au gibet...

 

Ruth traverse tous ces tourments avec une force d'âme qui suscite l'admiration...

 

« Les mamas, s'pavannent pas. Elles voient ce qu'elles doivent voir et savent ce qu'elles doivent savoir.

La plupart du temps, elles s'taisent.

Elles laissent les autres leur dire ce qu'elles savent déjà.

Les mamas hochent la tête et sourient. »

 

Au fil des pages on découvre une galerie de portraits souvent hauts en couleurs, des paysages grandioses, des places animées, des assemblées entre coteries joyeuses, débauchées pouvant se faire houleuses et capables de commettre l'irréparable, l’impardonnable. Pourtant Ruth franchit tous ces revers du destin, les siens et ceux des autres autour d'elle, avec une ferveur et une volonté de vivre qui déposent en son âme la bienfaisante mansuétude, de profondes forces d'apaisement et font croître sans cesse son amour de Mama, véritable don de soi pour ceux et celle qu'elle élève et chérit...

 

Dans un style pétillant, au cours des chapitres tantôt emprunts de sérénité et de délicatesse, tantôt débordants de tensions vives, l'auteur nous conduit à la scène finale qui, fermant ce livre, nous  ouvre le rideau sur celle correspondante, du célèbre roman de Margaret Mitchell où l’indomptable Scarlett O Hara s’est confronté dans la bibliothèque des Wilkes, à son alter ego homme : Rhett Butler … Une autre histoire est en marche et le vent, Ô Mama ! Au gré du temps qui passe, en sèmera les nombreuses et bouleversantes anecdotes dans le cœur des lecteurs eux-mêmes transportés dans cette extraordinaire aventure humaine sur fond de guerre de sécession… 

Une lecture enthousiasmante. Merci à ces deux auteurs talentueux véritables introspecteurs de l'âme HumaineUne lecture enthousiasmante. Merci à ces deux auteurs talentueux véritables introspecteurs de l'âme Humaine

Une lecture enthousiasmante. Merci à ces deux auteurs talentueux véritables introspecteurs de l'âme Humaine

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Alaligne 04/03/2015 10:17

Une belle présentation du roman qui donne envie de le lire. Merci Patrice!

Marie-Rose 04/03/2015 10:14

J'ai vu 2 fois 'autant en emporte le vent'. Toujours la même émotion, c'est un livre et un film qui ont marqué toute une génération.

Farfadet 86 04/03/2015 10:11

Dans la même période pendant laquelle j'ai lu ce livre, Canal + a diffusé plusieurs film sur ce thème de l'esclavage et de la révolte des noirs au cours du XIX siècle dont cet excellent film : "12 years a slave réalisé" par Steve McQueen. D'après les mémoires de Solomon Northup...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Twelve_Years_a_Slave

Profil


FARFADET 86
Sexe : Homme
À propos : Retraités depuis janvier 2005, avec mon épouse, nous étions accompagnateurs de personnes handicapées mentales, ceci pendant 40 ans, dans un Foyer de Vie, en Haute Normandie.

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